L’UE soutient le tour du monde en avion hydrogène de Bertrand Piccard
La Commission européenne a accordé son parrainage symbolique au projet Climate Impulse, qui vise un vol sans escale à l'hydrogène vert d'ici 2030
Le 16 juillet 2026, Bruxelles a officialisé son soutien au projet de tour du monde sans escale en avion à hydrogène porté par l'explorateur suisse Bertrand Piccard et l'ingénieur français Raphaël Dinelli. Sans financement direct, ce parrainage valide l'importance stratégique de l'hydrogène pour décarboner l'aviation.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La Commission européenne a accordé le 16 juillet 2026 un parrainage symbolique au projet Climate Impulse, sans financement direct.
- Bertrand Piccard et Raphaël Dinelli visent un tour du monde sans escale en avion à hydrogène vert d'ici 2030.
- L'avion utilisera une structure à double fuselage pour transporter de l'hydrogène liquide maintenu à -253°C.
- Le vice-président de la Commission, Stéphane Séjourné, a souligné l'importance de l'hydrogène pour la souveraineté industrielle européenne.
Le 16 juillet 2026, la Commission européenne a accordé son parrainage symbolique au projet Climate Impulse, porté par l’explorateur suisse Bertrand Piccard et l’ingénieur français Raphaël Dinelli. L’objectif : réaliser d’ici 2030 le premier tour du monde sans escale à bord d’un avion propulsé exclusivement par de l’hydrogène vert, selon swissinfo.ch.
Ce soutien institutionnel, bien que dépourvu de financement direct comme le précise Bluewin, marque une reconnaissance politique du rôle de l’hydrogène dans la décarbonation du secteur aérien. Le vice-président de la Commission, Stéphane Séjourné, a souligné l’importance de cette technologie pour la souveraineté industrielle européenne, rapporte RTS.
Un défi technologique inédit
L’avion Climate Impulse repose sur une architecture à double fuselage capable de transporter de l’hydrogène liquide maintenu à -253°C, selon les informations publiées par le projet lui-même. Cette contrainte cryogénique impose des systèmes d’isolation thermique et de stockage avancés, ainsi que des matériaux composites légers pour compenser le poids des réservoirs.
Le vol prévu devra durer plusieurs jours en autonomie complète, sans ravitaillement ni émission de CO₂. Bertrand Piccard, déjà connu pour avoir bouclé un tour du monde en avion solaire avec Solar Impulse entre 2015 et 2016, entend cette fois démontrer la viabilité de l’hydrogène comme carburant aéronautique de demain.
Un parrainage sans enveloppe financière
Le soutien de l’UE reste avant tout symbolique. Aucune subvention directe n’accompagne ce parrainage, contrairement à d’autres programmes européens de recherche et développement dans l’hydrogène. Le projet Climate Impulse devra donc trouver ses financements auprès d’industriels, de fondations ou d’États membres.
Stéphane Séjourné a toutefois insisté sur la dimension stratégique de l’hydrogène pour la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine, deux puissances qui investissent massivement dans cette filière. Le parrainage de Bruxelles vise à donner une visibilité politique à ces technologies propres, sans pour autant engager de fonds communautaires.
Contexte suisse et européen
La Suisse, bien que non membre de l’Union européenne, entretient des collaborations scientifiques et industrielles étroites avec Bruxelles, notamment dans le domaine de l’innovation climatique. Bertrand Piccard, figure emblématique de l’exploration écologique suisse, incarne cette passerelle entre Genève et les institutions européennes.
L’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable, est considéré comme une solution clé pour décarboner les secteurs difficiles à électrifier, dont l’aviation long-courrier. Plusieurs constructeurs aéronautiques européens, dont Airbus, travaillent sur des prototypes d’avions à hydrogène, mais aucun vol commercial n’est envisagé avant les années 2030.
Un message politique face aux climato-sceptiques
Dans ses déclarations relayées par Trends Belgique, Bertrand Piccard a présenté ce projet comme « une façon de répondre aux vendeurs de peur », en référence aux discours climato-sceptiques ou technophobes. L’explorateur mise sur la démonstration concrète pour convaincre que la transition énergétique est techniquement réalisable.
Le projet Climate Impulse s’inscrit dans une stratégie de communication audacieuse, héritée de Solar Impulse, où le spectacle de l’exploit technique sert de levier pour accélérer l’adoption de solutions propres par l’industrie. Piccard et Dinelli entendent ainsi lever des fonds privés et mobiliser les acteurs de la filière hydrogène autour d’un objectif fédérateur.
Prochaine étape
Le calendrier prévoit une phase de conception et de tests jusqu’en 2030, avant une tentative de vol sans escale autour du globe en 2030. Les partenaires industriels et les sources de financement devront être finalisés dans les mois à venir pour tenir cet échéancier ambitieux.
