UNI Strasbourg : nouveaux dirigeants, mêmes liens radicaux

Après les scandales de 2025, le syndicat étudiant reprend avec de nouvelles têtes mais des profils questionnables, selon une enquête StreetPress.

UNI Strasbourg : nouveaux dirigeants, mêmes liens radicaux
Illustration Lucie Meyer / info.fr

La section UNI de Strasbourg, suspendue début 2025 après des affaires d'antisémitisme, a repris ses activités en septembre sous de nouveaux dirigeants. Une enquête publiée le 12 mai 2026 par StreetPress révèle que ces profils entretiennent eux aussi des liens avec des milieux ultra-radicaux.

La section UNI de Strasbourg, suspendue début 2025 après des affaires d’antisémitisme, a repris ses activités en septembre sous de nouveaux dirigeants. Une enquête publiée le 12 mai 2026 par StreetPress révèle que ces profils entretiennent eux aussi des liens avec des milieux ultra-radicaux.

L’essentiel

  • Mise en sommeil : La section UNI Strasbourg a été suspendue début 2025 après un jeu de cartes antisémite et un salut nazi filmé du militant Josselin H.
  • Enquête judiciaire : L’université de Strasbourg a ouvert deux enquêtes administratives et saisi le procureur, qui a ordonné une enquête policière en février 2025.
  • Reprise : Lisy Spengler (présidente) et Robin Gerolt (vice-président) relancent la section en septembre 2025.
  • Nouveaux signalements : Gerolt a liké un schéma antisémite sur Instagram ; Spengler suit des comptes liés au Comité du 9 mai (C9M) et à l’Alvarium dissous, selon StreetPress et StrasInfo.
  • Inauguration : Le délégué national Mathis Gachon, lui-même impliqué dans des affaires de saluts fascistes, participait à la reprise de septembre 2025, selon StrasInfo.

Ce qui a conduit à la suspension de 2025

En début d’année 2025, la section strasbourgeoise du syndicat étudiant UNI implose. Deux affaires se cumulent. Un jeu de cartes à contenu antisémite, attribué à l’ancien président Samy Amokrane, circule. Peu après, un militant identifié comme Josselin H. est filmé en train d’effectuer un salut nazi.

L’université de Strasbourg réagit. Deux enquêtes administratives sont ouvertes. L’établissement signale également les faits au procureur de la République de Strasbourg. En février 2025, le parquet ordonne une enquête policière portant sur les deux incidents, selon BFMTV et Libération. La section est mise en sommeil par la direction nationale de l’UNI.

Un redémarrage en septembre 2025

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La section ne reste pas suspendue longtemps. En septembre 2025, elle reprend ses activités. Deux nouveaux responsables sont désignés : Lisy Spengler à la présidence, Robin Gerolt à la vice-présidence. Le délégué national de l’UNI, Mathis Gachon, participe à cette inauguration, selon StrasInfo. Gachon est lui-même mis en cause dans des affaires de saluts fascistes et nazis au niveau national.

L’UNI collabore également, selon StreetPress, avec l’association Frontières et participe à des formations de l’Institut de formation politique (IFP), deux structures proches de la droite radicale. Ce redémarrage s’inscrit dans la continuité du virage impulsé sous Amokrane, toujours selon la même source.

Les profils des nouveaux dirigeants en question

L’enquête de StreetPress, publiée le 12 mai 2026, documente les activités numériques des deux nouveaux responsables.

Robin Gerolt, vice-président, aurait liké et commenté en 2025 un schéma antisémite sur Instagram - un personnage au long nez arborant une étoile de David. Il s’affiche par ailleurs avec des membres du parti allemand AfD, selon StrasInfo et StreetPress.

Lisy Spengler, présidente, aurait liké des publications du Comité du 9 mai (C9M), un groupe identifié comme néofasciste, et suivrait des comptes liés à l’Alvarium, groupuscule dissous par les autorités françaises. Spengler a nié ces liens, sans que des précisions supplémentaires n’aient été publiées à ce stade.

StrasInfo résume la situation en une formule directe :

Contexte dans le Bas-Rhin

L’université de Strasbourg est la troisième plus grande université de France, avec environ 55 000 étudiants. Le campus concentre plusieurs organisations politiques et syndicales étudiantes de tous bords. La présence d’une section UNI active y est ancienne, mais sa radicalisation récente est documentée depuis au moins 2024, selon Mediapart.

La proximité géographique avec l’Allemagne donne une résonance particulière aux liens signalés avec l’AfD. La ville de Strasbourg reste un territoire politiquement disputé, et les tensions sur les campus universitaires alsaciens s’inscrivent dans un contexte national de surveillance accrue des organisations étudiantes radicales. La contestation dans les universités françaises prend des formes très diverses selon les établissements.

L’UNI, syndicat fondé en réaction aux événements de mai 1968 avec des racines gaullistes, a progressivement évolué vers des positions plus radicales au fil des décennies, selon des travaux universitaires et des sources médias croisées. Au niveau national, l’organisation a été touchée en 2025 par une série de signalements pour saluts nazis dans plusieurs sections, selon une enquête antérieure de StreetPress.

Précédents nationaux et ancrage local

L’affaire strasbourgeoise n’est pas isolée. StreetPress avait déjà documenté en 2025 ce qu’il qualifie d’« épidémie de saluts nazis » au sein de l’UNI à l’échelle nationale, éclaboussant une organisation qui fournit traditionnellement des militants aux partis de droite et d’extrême droite institutionnels, dont Les Républicains et le Rassemblement national.

La direction nationale de l’UNI avait réagi à l’affaire de février 2025 en suspendant la section strasbourgeoise. Sa décision de la relancer six mois plus tard, sous des dirigeants désormais eux-mêmes mis en cause, n’a pas donné lieu à de communiqué public accessible à ce jour.

Aucune réponse officielle de l’université à ce stade

L’université de Strasbourg n’a pas communiqué publiquement sur la reprise de la section ni sur les nouveaux signalements concernant ses dirigeants. Les enquêtes administratives ouvertes en 2025 sur l’affaire du jeu de cartes et du salut nazi suivent leur cours ; aucune issue n’a été rendue publique. Le parquet de Strasbourg n’a pas non plus annoncé de suites judiciaires à ce stade.

Ni Lisy Spengler ni Robin Gerolt n’ont, selon StreetPress et StrasInfo, répondu aux demandes d’entretien des deux médias, à l’exception des dénégations de Spengler sur ses abonnements sur les réseaux sociaux.

Les deux enquêtes - celle de StreetPress du 12 mai 2026 et celle de StrasInfo du 14 mai 2026 - restent pour l’heure les seuls éléments documentés sur la situation actuelle de la section. La balle est dans le camp de l’université et du parquet de Strasbourg.

Sources

Lucie Meyer

Lucie Meyer

Lucie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bas-Rhin (67), avec Strasbourg pour chef-lieu. Spécialité du département : Parlement européen et capitale européenne (Strasbourg). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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