Val-de-Marne : géothermie en essor, incinérateur contesté et bus en flammes
La semaine du 1er au 6 mai 2026 concentre trois dossiers environnementaux et de transport qui agitent le département.
En Val-de-Marne, la semaine du 1er au 6 mai 2026 s'est signalée par un record de renouvelables sur le réseau géothermique de trois communes du sud du département, une réunion tendue sur le projet d'incinérateur de Vitry-sur-Seine et deux nouveaux incendies de bus en Île-de-France.
En Val-de-Marne, la semaine du 1er au 6 mai 2026 s’est signalée par un record de renouvelables sur le réseau géothermique de trois communes du sud du département, une réunion tendue sur le projet d’incinérateur de Vitry-sur-Seine et deux nouveaux incendies de bus en Île-de-France.
L’essentiel
- Géothermie : le réseau Chevilly-Larue/L’Haÿ-les-Roses/Villejuif atteint 77,2 % d’énergies renouvelables grâce à huit nouvelles pompes à chaleur haute température.
- Incinérateur : réunion sous haute tension le 5 mai 2026 en mairie de Vitry-sur-Seine ; le collectif ACID-Vitry parle de « déni de démocratie » et une pétition dépasse 6 000 signatures.
- Bus en feu : deux incendies de bus IDFM les 1er et 3 mai 2026, sans blessés ; au moins 18 cas recensés depuis mai 2023 en Île-de-France.
- Enquête demandée : le groupe gauche communiste, écologiste et citoyenne au conseil régional a saisi Valérie Pécresse le 4 mai 2026.
77,2 % de renouvelables : le réseau géothermique franchit un cap
Le réseau de chaleur qui dessert Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif vient de franchir un nouveau seuil. Selon citoyens.com, il atteint désormais 77,2 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique, après l’installation de huit pompes à chaleur haute température.
Les chiffres sont concrets : 200 TWh de chaleur produits par an, environ 30 000 tonnes de CO₂ économisées annuellement, et 42 000 équivalents logements alimentés. Le réseau s’appuie sur la géothermie profonde, ressource exploitée dans ce secteur du Val-de-Marne depuis plusieurs décennies.
Contexte dans le Val-de-Marne
Le département est pionnier en géothermie profonde à l’échelle nationale. Selon le conseil départemental du Val-de-Marne, il compte 22 réseaux de chaleur géothermiques couvrant 143 943 logements en 2026, ce qui représente 82 % de la production géothermique francilienne. Les premiers forages remontent aux années 1970. Le record de 77,2 % atteint cette semaine sur le réseau sud illustre une trajectoire de décarbonation engagée depuis des décennies.
À titre de comparaison, d’autres territoires français misent eux aussi sur la densification des énergies locales pour réduire leur empreinte carbone, mais rares sont ceux qui atteignent ce niveau d’intégration géothermique à l’échelle d’un département.
Incinérateur à Vitry : réunion en catimini, colère des opposants
Le dossier Thermo-sur-Seine cristallise les tensions. Le 5 mai 2026, une réunion s’est tenue en mairie de Vitry-sur-Seine entre des élus locaux, Dalkia (filiale d’EDF, porteur du projet) et la sous-préfecture. Des manifestants se sont rassemblés à l’extérieur.
Le projet, validé par le Conseil de Paris le 17 décembre 2025, prévoit un incinérateur capable de brûler entre 450 000 et 800 000 tonnes de déchets (bois B et combustibles solides de récupération) par an pour produire 333 MW de chaleur destinés au réseau parisien, avec une mise en service envisagée pour 2031.
Le collectif ACID-Vitry, créé en avril 2026, dénonce une réunion tenue « en catimini » selon Le Parisien, et parle de « déni de démocratie ». Une pétition portée par le Département du Val-de-Marne a recueilli plus de 6 000 signatures. Le vice-président du conseil régional Luc Carvounas a également pris position publiquement.
Selon Libération, le projet place les écologistes « en porte-à-faux », certains élus Verts étant tiraillés entre soutien à la transition énergétique parisienne et opposition aux nuisances industrielles pour Vitry. La prochaine étape reste à préciser : le collectif ACID-Vitry annonce la poursuite des mobilisations, sans date de réunion publique confirmée à ce stade.
Bus en flammes : deux incidents en trois jours, une enquête réclamée
Le 1er mai 2026, un bus IDFM a pris feu devant la gare de Villeneuve-Saint-Georges. Cause : un problème technique. Les pompiers sont intervenus rapidement, sans blessé à déplorer, selon actu.fr. Deux jours plus tard, le 3 mai, un autre bus s’enflammait à Neuilly-Plaisance, toujours sans blessé.
Ces deux incidents s’inscrivent dans une série préoccupante : au moins 18 bus ont connu des départs de feu depuis mai 2023 en Île-de-France, selon Le Parisien. Le 4 mai, le groupe gauche communiste, écologiste et citoyenne au conseil régional a adressé une demande de mission d’enquête à Île-de-France Mobilités, en direction de la présidente Valérie Pécresse.
La question de la sécurité des usagers des transports en Île-de-France revient régulièrement dans l’actualité locale. Les causes précises des incendies de bus et les éventuelles défaillances de maintenance n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade par Île-de-France Mobilités.
La réponse d’IDFM à la demande d’enquête n’a pas encore été rendue publique. Le sujet sera vraisemblablement à l’ordre du jour du prochain conseil régional.
Sources
- Citoyens.com : Géothermie : le réseau de chaleur Chevilly-Larue, L'Haÿ-les-Roses, Villejuif passe à plus de 77% d'énergies renouvelables
- Le Parisien : « Un déni de démocratie » : les opposants à l'incinérateur de Vitry furieux d'une réunion en catimini
- Actu.fr : Val-de-Marne : un bus IDFM prend feu en pleine rue, les pompiers sur place
- Le Parisien : Après deux nouveaux incendies de bus en Île-de-France, une enquête demandée