Versonnex : dix ans de jardins partagés pour cultiver l’autonomie alimentaire

Depuis 2016, la commune de l'Ain développe des espaces collectifs de culture pour lutter contre la précarité alimentaire.

Versonnex : dix ans de jardins partagés pour cultiver l'autonomie alimentaire
Illustration Céline Vasseur / info.fr

À Versonnex, dans le Pays de Gex, les jardins partagés ont progressivement changé de nature. D'abord pensés pour les habitants, ils sont devenus un outil de solidarité alimentaire à part entière. Une trajectoire engagée sur dix ans, encore active en 2026.

Tout commence en 2016. La commune de Versonnex installe ses premiers jardins partagés, accessibles aux habitants, avec une citerne de récupération d’eau de pluie raccordée au toit de la salle Pierre Jaques. Une infrastructure modeste, mais qui pose les bases d’une démarche qui ne cessera de s’étoffer, selon la mairie.

Dès 2017, des jachères fleuries sont semées à proximité du verger et du jardin pour attirer les pollinisateurs. Un geste en faveur de la biodiversité locale qui s’inscrit dans la même logique de gestion douce du territoire.

Un jardin d’entraide sur terrain communal

Le tournant social arrive en 2020. Le Jardin d’entraide du Pays de Gex est installé sur un terrain mis à disposition par la commune, avec un objectif explicite : cultiver fruits et légumes pour les personnes dans le besoin, selon le site de la mairie de Versonnex. En 2021, un collectif solidaire prend le relais et développe les cultures. Le Pays Gessien, qui couvre l’initiative cette année-là, note que les bénéficiaires apprécient le dispositif.

En 2022, un jardin participatif distinct voit le jour, inspiré des principes du militant agroécologiste Pierre Rabhi, comme le rapporte Le Dauphiné Libéré. La même saison, une serre est installée pour démarrer les cultures plus tôt dans l’année et un appel aux dons de plants est lancé pour élargir la production.

Un contexte national qui pousse à l’action

Publicité

Ces initiatives locales s’inscrivent dans un mouvement plus large. En 2021, la préfecture de l’Ain lance un appel à projets « Agriculture urbaine et jardins partagés » dans le cadre du plan de relance. Au niveau national, le ministère de l’Agriculture prévoit 30 millions d’euros pour multiplier par cinq le nombre de jardins partagés d’ici 2026. Le Réseau Cocagne, de son côté, vise 300 000 paniers bio solidaires par an d’ici 2025, soit l’équivalent de 22 000 personnes nourries, dans un contexte où la précarité alimentaire a été multipliée par trois en dix ans, selon l’organisation.

Dans l’Ain, Le Progrès signale une hausse des initiatives similaires depuis 2023, portée par une demande croissante d’accès à des lopins cultivables en zone périurbaine.

À Versonnex, les activités continuent. En mai 2025, le journal communal mentionne un événement de troc de plantes, signe que la dynamique collective reste vivante. Les jardins, dix ans après leur création, semblent avoir trouvé leur rythme.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Correspondant à Bourg-en-Bresse depuis sept ans, suit l'actualité politique locale et les dossiers économiques de l'Ain. Couvre la zone industrielle du Plastics Vallée, les tensions autour du contournement routier, l'agriculture bressane et les restructurations dans la métallurgie. Refuse les analyses toutes faites : vérifie chaque chiffre sur le terrain, interroge élus et salariés avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie