Vesoul : Dominique Bouvet, ex-directeur de l’UNSS, écroué pour récidive pédocriminale
Piégé sur TikTok par un chasseur de pédocriminels utilisant une IA, le sexagénaire est placé en détention provisoire à Besançon après une mise en examen le 14 mai.
Dominique Bouvet, 66 ans, ancien directeur départemental de l'UNSS de Haute-Saône, a été mis en examen le 14 mai 2026 et écroué à Besançon. Il avait été piégé trois jours plus tôt sur TikTok par un influenceur utilisant une adolescente générée par intelligence artificielle. C'est sa deuxième affaire pédocriminelle.
Dominique Bouvet, 66 ans, ancien directeur départemental de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) de Haute-Saône et ex-professeur de sport au lycée Luxembourg de Vesoul, est incarcéré à la maison d’arrêt de Besançon depuis le 14 mai 2026. Le juge d’instruction du tribunal de Vesoul a confirmé ce jour-là sa mise en examen et sa détention provisoire. L’affaire révèle une condamnation antérieure prononcée en janvier 2025 pour des faits similaires.
L’essentiel
- 14 mai 2026 : Dominique Bouvet mis en examen et placé en détention provisoire à Besançon sur décision du juge d’instruction de Vesoul.
- 11 mai 2026 : piégé sur TikTok lors d’un live de l’influenceur Finnyzyy, qui simulait une adolescente de 14 ans via intelligence artificielle - la vidéo a dépassé un million de vues en une demi-journée.
- Janvier 2025 : condamnation à 18 mois de prison avec sursis probatoire pour détention, captation et transmission d’images pédopornographiques (plus de 350 images saisies, faits de 2020).
- Charges actuelles : fabrication et diffusion de messages pornographiques à un mineur, propositions sexuelles à un mineur de 15 ans via moyen électronique, détention de fichiers à caractère pornographique.
- 12 mai 2026 à 14h30 : Bouvet s’est présenté de lui-même au commissariat de Vesoul avant d’être placé en garde à vue, prolongée le 13 mai par le parquet.
Un live TikTok comme piège
Le 11 mai 2026, l’influenceur connu sous le pseudonyme Finnyzyy organise un live sur TikTok. Il utilise une intelligence artificielle pour générer l’image et la voix d’une adolescente de 14 ans. Dominique Bouvet entre dans la conversation et tient des propos à caractère sexuel, dont, selon l’Est Républicain : «Si on se voit et que je t’emmène au Parc des Princes, est-ce que je pourrais t’embrasser ?»
La vidéo est diffusée en direct. Elle dépasse le million de vues en moins d’une demi-journée, selon les sources concordantes de l’Est Républicain et de La Dépêche. Le lendemain, 12 mai à 14h30, Bouvet se présente de lui-même au commissariat de Vesoul. Il est immédiatement placé en garde à vue. Le parquet prolonge la mesure le 13 mai.
Le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt, a confirmé dans un communiqué du 14 mai : «Dominique Bouvet a conversé avec une personne habituée des réseaux sociaux, ayant généré l’image et la voix d’une adolescente par le recours à l’intelligence artificielle.» Le domicile du mis en cause a également fait l’objet d’une perquisition, selon La Dépêche.
Mise en examen et détention provisoire confirmées le 14 mai
Le 14 mai 2026, le juge d’instruction du tribunal de Vesoul prononce la mise en examen de Dominique Bouvet pour trois chefs :
- fabrication et diffusion de messages pornographiques à un mineur ;
- propositions sexuelles à un mineur de 15 ans via moyen électronique ;
- détention de fichiers à caractère pornographique.
Dans la foulée, une décision de détention provisoire est rendue. Bouvet est transféré à la maison d’arrêt de Besançon. L’instruction judiciaire est en cours, aucune date d’audience n’a été fixée à ce stade.
Une récidive après condamnation en 2025
L’affaire prend une dimension particulière au regard du passé judiciaire de Bouvet. En janvier 2025, le tribunal correctionnel de Vesoul l’avait condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans, assortis d’une obligation de soins. Les faits remontaient à 2020 : détention, captation et transmission d’images pédopornographiques de mineurs. Plus de 350 images avaient été saisies, selon BFMTV et l’Est Républicain.
Cette condamnation comportait une interdiction explicite d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs. La mise en examen de mai 2026 intervient donc dans ce contexte de récidive sous contrôle judiciaire.
Un profil ancré dans le sport scolaire et olympique
Dominique Bouvet a exercé comme directeur départemental de l’UNSS de Haute-Saône et comme professeur d’éducation physique au lycée Luxembourg de Vesoul. Il était également, jusqu’en janvier 2020, vice-président du Comité départemental olympique et sportif (CDOS) de Haute-Saône, selon BFMTV.
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a réagi dans un communiqué en exprimant son «effroi», tout en précisant que Bouvet n’exerçait plus aucune fonction en son sein depuis 2020. Les premières informations sur sa garde à vue avaient déjà suscité une forte réaction nationale.
Contexte en Haute-Saône
La Haute-Saône (70) compte environ 240 000 habitants. Vesoul, préfecture du département, est une ville de quelque 14 000 résidents. Le tribunal judiciaire de Vesoul traite les affaires pénales du département, avec renvoi possible vers Besançon pour les détentions.
L’affaire Bouvet s’inscrit dans un phénomène plus large documenté en France : l’utilisation de l’intelligence artificielle par des influenceurs pour piéger des individus suspectés de pédocriminalité lors de lives sur les réseaux sociaux. Le Parisien a consacré un article à la question juridique posée par ces «chasses» en ligne, rappelant que la valeur probatoire de ces enregistrements reste soumise à appréciation judiciaire. La pratique du deepfake IA comme outil de dénonciation fait débat dans les milieux juridiques.
Des cas similaires ont été signalés dans d’autres départements français, dont les Deux-Sèvres, selon les informations compilées lors des premiers jours de l’affaire. La procédure vésulienne est la première en Haute-Saône à déboucher sur une détention provisoire dans ce type de contexte, à la connaissance des sources consultées.
L’instruction se poursuit
Le dossier est désormais entre les mains du juge d’instruction du tribunal de Vesoul. Dominique Bouvet reste incarcéré à Besançon dans l’attente des suites de la procédure. Aucune date d’audience n’a été communiquée par le parquet à ce stade.
Sources
- L'Est Républicain : Pédocriminalité : le sexagénaire piégé sur TikTok placé en détention provisoire
- BFMTV : L'ancien responsable du CNOSF piégé en ligne par un chasseur de pédocriminels mis en examen et placé en détention provisoire
- La Dépêche : Un ancien dirigeant sportif tentait d'abuser d'une adolescente de 14 ans générée par IA : sa garde à vue est prolongée
- Le Parisien : Ce que risquent les pédocriminels visés par des « chasses » sur les réseaux sociaux