Vic-en-Bigorre : la grève des profs du primaire met la pression sur la DASEN

Dix classes menacées de fermeture dans les Hautes-Pyrénées, les parents aux côtés des enseignants mobilisés.

Vic-en-Bigorre : la grève des profs du primaire met la pression sur la DASEN
Illustration Claire Castagné / info.fr

Depuis le 5 avril 2026, les écoles primaires de Vic-en-Bigorre et des communes alentour tournent au ralenti. Enseignants et parents font front commun contre la suppression annoncée de dix classes pour la rentrée de septembre. La DASEN a confirmé les fermetures le 10 avril.

Les classes sont fermées, les cours suspendus. Le 5 avril 2026, une grève des enseignants du premier degré a paralysé les écoles primaires de Vic-en-Bigorre et du secteur, selon NR Pyrénées. La revendication est claire : pas de fermetures de classes en milieu rural, pas de suppressions de postes.

Dix classes supprimées, la direction académique confirme

Le 10 avril 2026, la DASEN des Hautes-Pyrénées a officialisé la suppression de dix classes en primaire et d’une dizaine de postes en collège et lycée pour la rentrée prochaine, selon France Bleu / Ici. Parmi les établissements concernés, des écoles autour de Vic-en-Bigorre, notamment à Odos et Bourg-de-Bigorre. « La DASEN réunit les syndicats pour annoncer les classes qui seront supprimées à la rentrée de septembre 2026 », a indiqué la direction académique ce jour-là.

Ces suppressions s’inscrivent dans un plan national. À l’échelle du pays, 4 000 postes d’enseignants disparaissent pour 2026, dont 1 891 dans le premier degré public, selon La Dépêche. L’argument avancé : la baisse démographique. Les syndicats contestent son application mécanique en zone rurale, où les distances et l’isolement rendent chaque fermeture particulièrement lourde.

Les parents mobilisés, les classes surchargées

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À Vic-en-Bigorre, les parents d’élèves ne sont pas restés en retrait. Ils soutiennent massivement la grève, craignant une dégradation concrète des conditions d’enseignement si les classes restantes absorbent les effectifs supprimés, selon France Bleu / Ici. Des classes surchargées dans des villages déjà éloignés des services publics : l’argument pèse.

La mobilisation du 5 avril fait suite à une première journée de grève nationale, le 31 mars 2026. Ce jour-là, le taux de grévistes dans le primaire a atteint 13,2 % au niveau national, mais près de 30 % dans les régions rurales comme les Hautes-Pyrénées, selon Weka. Un écart significatif, qui traduit une tension particulièrement forte en dehors des grandes agglomérations.

Un précédent en 2025

La situation n’est pas nouvelle dans le département. En 2025, des fermetures de classes en vallée des Hautes-Pyrénées avaient déjà déclenché des mobilisations locales, selon NR Pyrénées. À l’époque, la pression avait conduit à une annulation partielle des suppressions nationales. Les syndicats espèrent un scénario similaire. Rien n’est acté à ce stade.

Prochaine étape : après le CDEN du 10 avril qui a entériné les suppressions, des audiences syndicales doivent se tenir. Une manifestation devant la préfecture des Hautes-Pyrénées est évoquée si aucune mesure de maintien n’est obtenue localement, selon le SE-UNSA.

Sources

Claire Castagné

Claire Castagné

Installée à Tarbes, elle couvre l'aéronautique militaire, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et le tourisme pyrénéen. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les ouvriers, les syndicats, les élus, croiser les carnets de commandes d'Airbus Helicopters avant de conclure.

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