Villeurbanne : un coach de MMA suspendu 6 mois par la préfecture pour violences sur mineurs

L'entraîneur Yom Yidikes, 34 ans, interdit d'exercer après une vidéo montrant des coups de pied violents portés à des enfants d'une dizaine d'années lors d'un entraînement au Lyon MMA Center.

Villeurbanne : un coach de MMA suspendu 6 mois par la préfecture pour violences sur mineurs
Illustration Margaux Bernard / info.fr

La préfecture du Rhône a pris un arrêté le 6 mai 2026 interdisant à Yom Yidikes d'exercer pendant six mois. L'entraîneur de 34 ans, actif au Lyon MMA Center à Villeurbanne, avait été filmé en train de porter des coups de pied violents à des mineurs lors d'une séance. La vidéo, diffusée le 27 avril sur les réseaux sociaux, a provoqué une réaction en chaîne pétition, mobilisation associative et saisine du ministère des Sports.

La préfecture du Rhône a pris un arrêté le 6 mai 2026 interdisant à Yom Yidikes d’exercer pendant six mois. L’entraîneur de 34 ans, actif au Lyon MMA Center à Villeurbanne, avait été filmé en train de porter des coups de pied violents à des mineurs lors d’une séance. La vidéo, diffusée le 27 avril sur les réseaux sociaux, a provoqué une réaction en chaîne : pétition, mobilisation associative et saisine du ministère des Sports.

L’essentiel

  • Suspension : Arrêté préfectoral du 6 mai 2026 interdisant à Yom Yidikes d’exercer pendant 6 mois.
  • La vidéo : Diffusée le 27 avril 2026, elle montre des coups de pied portés au torse et à l’abdomen d’enfants d’environ 10 ans, projetés à plusieurs mètres, certains en pleurs.
  • Non-affilié : La Fédération française de MMA confirme que Yom Yidikes n’est ni licencié ni affilié à la fédération.
  • Pétition : Près de 6 000 signatures recueillies en deux jours par l’association Mouv’Enfants, lancée le 5 mai 2026.
  • Antécédents : Deux polémiques antérieures documentées, en janvier 2023 et novembre 2025.

Une vidéo virale, une suspension immédiate

Le 27 avril 2026, une vidéo tourne sur les réseaux sociaux. On y voit Yom Yidikes, entraîneur au Lyon MMA Center, rue du 4-août-1789 à Villeurbanne, assener des coups de pied au torse, à l’abdomen et aux côtes de mineurs immobiles. Les enfants, âgés d’environ dix ans, sont projetés à plusieurs mètres. Certains pleurent.

Dix jours plus tard, la préfecture du Rhône signe un arrêté d’interdiction d’exercer pour une durée de six mois. Le texte justifie la mesure par des « agissements non conformes aux attentes d’un éducateur sportif », selon RMC Sport/BFMTV qui a consulté le document. La force des coups portés sur des mineurs est explicitement citée.

La défense de l’entraîneur : méthode « à la dure », parents prévenus

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Face aux critiques, Yom Yidikes a maintenu sa position. Selon Le Progrès et RMC Sport, il assume une méthode d’apprentissage « à la dure », affirme que les coups sont contrôlés, qu’aucune blessure grave n’a été constatée, et que les parents assistent aux séances en étant informés des pratiques.

À l’annonce de la pétition lancée par l’association Mouv’Enfants, il a menacé d’une action en justice pour diffamation, affirmant qu’il n’y a « aucune violence dans ma salle », selon RMC Sport. L’association réclamait une enquête administrative et disciplinaire, la suspension conservatoire de l’entraîneur et un contrôle du club.

La pétition, mise en ligne le 5 mai 2026, avait recueilli près de 6 000 signatures en quarante-huit heures. Yom Yidikes compte par ailleurs plus de 300 000 abonnés sur Instagram, où il diffuse régulièrement des vidéos de séances pour promouvoir son club, selon RMC Sport et France Info.

La fédération prend ses distances : « pas notre pédagogie »

La Fédération française de MMA a été claire : Yom Yidikes n’est ni licencié ni affilié à la fédération, fondée en 2020 et rattachée à la boxe. Elle condamne ses méthodes comme « non adaptées aux enfants » et contraires aux standards éducatifs qu’elle promeut, selon Le Figaro. Ce point est important : l’entraîneur exerce donc hors de tout cadre fédéral, sans contrôle disciplinaire sportif préalable possible.

Le ministère des Sports s’est saisi du dossier après la diffusion de la vidéo, selon France Info. Au 6 mai 2026, aucune réponse officielle du ministère n’avait été publiée.

Pour comprendre le cadre plus large des interventions de sécurité dans le Rhône, ou des fermetures administratives prononcées par les préfectures, ces dossiers illustrent l’étendue des pouvoirs de police administrative à disposition des autorités locales.

Un histoirique de polémiques documenté

L’affaire de 2026 n’est pas isolée dans le parcours de l’entraîneur. En janvier 2023, Yom Yidikes avait déjà suscité des réactions après une vidéo montrant des coups portés avec une roue de caoutchouc de 7 kg sur les abdominaux de 50 adolescents âgés de 12 à 16 ans, lors d’un exercice de gainage. Des internautes avaient alors évoqué des « pratiques barbares », selon Le Progrès et Le Figaro.

En novembre 2025, lors de l’événement caritatif « Stream for Humanity », l’entraîneur avait asséné un coup de pied violent au plexus du streamer Inoxtag, le projetant au sol pendant plusieurs secondes. L’incident avait alimenté un débat sur la sécurité des animations impliquant des sports de contact, selon Le Parisien.

Ces antécédents ont pesé dans la mobilisation rapide autour de la vidéo du 27 avril. L’association Mouv’Enfants a explicitement fait référence à ce cumul de polémiques pour appuyer sa demande d’enquête.

Contexte dans le Rhône

Villeurbanne est la deuxième commune la plus peuplée du Rhône, avec environ 150 000 habitants. Elle est contiguë à Lyon et abrite une forte densité d’équipements sportifs associatifs et privés. Le secteur des arts martiaux mixtes y est en développement depuis plusieurs années, en parallèle de la structuration nationale du MMA, discipline reconnue en France seulement en 2020.

L’arrêté préfectoral mobilise ici le pouvoir de police administrative du préfet sur les éducateurs sportifs, prévu par le Code du sport. Ce levier permet une suspension sans attendre l’issue d’une procédure pénale. Une autre affaire récente dans le Rhône avait également mis en lumière la rapidité avec laquelle les autorités administratives peuvent réagir lorsqu’un dossier prend de l’ampleur médiatique.

Le fait que l’entraîneur ne soit pas affilié à la Fédération française de MMA soulève une question structurelle : des salles de MMA non fédérales peuvent accueillir des mineurs sans contrôle préalable des méthodes pédagogiques. La fédération ne dispose d’aucun pouvoir disciplinaire sur les structures hors affiliation.

Suites judiciaires et administratives

À ce stade, aucune procédure pénale n’a été annoncée publiquement. L’arrêté préfectoral est une mesure administrative conservatoire : il interdit à Yom Yidikes d’exercer les fonctions d’éducateur sportif, mais ne préjuge pas d’éventuelles poursuites. L’association Mouv’Enfants réclamait explicitement l’ouverture d’une enquête judiciaire, sans qu’une confirmation en ce sens n’ait été communiquée au 6 mai.

Le club Lyon MMA Center n’a pas fait de déclaration publique recensée dans les sources disponibles. Le devenir des cours et des élèves mineurs inscrits au club reste à préciser. La durée de la suspension - six mois - court à partir de la date de l’arrêté.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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