Grève à Lentilly : les salariés de Boehringer Ingelheim en colère contre 127 suppressions d’emplois

Les 127 salariés du site pharmaceutique de Lentilly ont cessé le travail le 28 avril, après l'annonce de la fermeture progressive du site d'ici 2030-2033.

Grève à Lentilly : les salariés de Boehringer Ingelheim en colère contre 127 suppressions d'emplois
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Le site Boehringer Ingelheim de Lentilly, dans le Rhône, sera fermé entre 2030 et 2033. Les 127 salariés, en grève le 28 avril 2026, expriment colère et incompréhension. Les syndicats CGT et FO réclament des négociations immédiates.

Le site Boehringer Ingelheim de Lentilly, spécialisé dans le conditionnement et le stockage de vaccins vétérinaires, sera fermé de manière progressive entre 2030 et 2033. L’annonce, faite fin avril 2026, menace l’ensemble des 127 postes du site. Le 28 avril, les salariés ont observé une journée de grève, selon Le Progrès et France 3.

L’essentiel

  • 127 emplois menacés : l’intégralité de l’effectif du site de Lentilly est concernée par la fermeture annoncée.
  • Fermeture entre 2030 et 2033 : Boehringer Ingelheim a communiqué une échéance progressive sur trois ans.
  • Grève le 28 avril 2026 : les salariés ont cessé le travail en réponse à l’annonce, selon Le Progrès et Actu.fr.
  • Transfert vers Saint-Priest et Europe de l’Est : les activités seront relocalisées sur le site de Saint-Priest et chez un partenaire industriel en Europe de l’Est.
  • 50 ans d’histoire industrielle : le site est en activité depuis environ un demi-siècle, passant par l’Institut Mérieux, Mérial et Sanofi avant Boehringer Ingelheim.

Une annonce qualifiée de « brutale »

L’annonce de la fermeture est tombée fin avril 2026. Pour les salariés, la manière a autant choqué que le fond. France 3 rapporte des témoignages d’incompréhension : « Ils nous ont annoncé ça sans sentiment, c’est dur », selon des propos recueillis sur place. Actu.fr décrit un site « à l’arrêt total » le 28 avril, avec une mobilisation unanime.

Ce sentiment est relayé sur les réseaux sociaux par les médias locaux :

Le groupe Boehringer Ingelheim emploie plus de 1 500 personnes dans la région lyonnaise, réparties sur six sites. Lentilly était l’un des plus spécialisés, dédié exclusivement au conditionnement et au stockage de vaccins vétérinaires, selon le groupe.

Les activités transférées vers Saint-Priest et l’Est de l’Europe

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Selon Actu.fr et L’Usine Nouvelle, les activités du site de Lentilly seront redistribuées en deux flux : une partie rejoindra le site Boehringer Ingelheim de Saint-Priest, dans la métropole lyonnaise ; l’autre sera confiée à un partenaire industriel en Europe de l’Est, dont l’identité n’a pas été précisée publiquement à ce stade.

Cette fermeture s’inscrit, selon Le Progrès, dans un plan social lancé fin 2025 touchant les sites lyonnais du groupe. Ce plan intervient alors que Boehringer Ingelheim affichait une croissance de 7,3 % en 2025, selon la même source. Les raisons industrielles précises justifiant le choix de fermer Lentilly plutôt que d’autres sites n’ont pas été détaillées publiquement par la direction.

Ce dossier fait écho à d’autres fermetures industrielles récentes dans la région. 120 emplois ont également été supprimés chez Flauraud en Auvergne après le rachat par FairCap, illustrant une pression accrue sur l’emploi industriel en Auvergne-Rhône-Alpes.

CGT et FO exigent des garanties

Les syndicats CGT et FO du site ont formulé des demandes précises lors de la grève du 28 avril, selon Actu.fr et Le Progrès. Ils réclament l’ouverture immédiate de négociations portant sur :

  • des primes de fidélisation pour les salariés qui resteraient jusqu’à la fermeture effective ;
  • un accompagnement financier renforcé au-delà des obligations légales.

Aucun calendrier de négociation n’avait été annoncé par la direction du groupe au moment de la publication de cet article. La réponse officielle de Boehringer Ingelheim aux revendications syndicales n’a pas été communiquée.

Un site cinquantenaire, une histoire de rachats

Le site de Lentilly est en activité depuis environ cinquante ans, selon Le Progrès et L’Usine Nouvelle. Il a successivement appartenu à l’Institut Mérieux, puis à Mérial - coentreprise entre Sanofi et Merck - avant d’intégrer le groupe allemand Boehringer Ingelheim lors du rachat de la division santé animale de Sanofi en 2017.

Ce n’est pas la première mobilisation sur ce site. En février 2021, plus de 70 salariés avaient déjà fait grève contre un projet de transfert d’activités vers Saint-Priest, qui menaçait alors une vingtaine de postes, selon Actu.fr. En avril 2022, les salariés de plusieurs sites Boehringer Ingelheim, dont Lentilly, s’étaient mobilisés contre un plan de 243 licenciements dans le groupe, selon Lyon Capitale et un compte rendu syndical de l’époque. La fermeture annoncée en 2026 représente une tout autre échelle.

Pour aller plus loin sur le dossier initial, notre article sur l’annonce de fermeture du site de Lentilly détaille les premières réactions à chaud.

Contexte dans le Rhône

Le Rhône concentre 57 % des 17 280 emplois de l’industrie pharmaceutique de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon les données INSEE 2021. L’emploi pharmaceutique dans la région a progressé de 31 % entre 1989 et 2021, faisant de ce secteur un pilier de l’économie locale.

Lentilly est une commune de l’ouest lyonnais, dans le Pays de l’Arbresle. Avec 127 postes supprimés sur un seul site, l’impact sur le bassin d’emploi local est significatif, même si la fermeture est étalée sur plusieurs années. Le territoire de l’Arbresle s’appuie historiquement sur un tissu industriel diversifié, où les sites pharmaceutiques tiennent une place importante.

La situation illustre une tension plus large dans l’industrie pharmaceutique française : des groupes internationaux qui rationalisent leur empreinte industrielle en Europe tout en affichant des résultats financiers en croissance. Les tensions économiques mondiales pèsent également sur les décisions d’implantation industrielle à l’échelle européenne.

La prochaine étape sera l’ouverture - ou non - de négociations formelles entre la direction et les représentants syndicaux. Les salariés attendent une réponse de Boehringer Ingelheim sur leurs revendications dans les prochaines semaines.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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