Washington : un Afghan de 29 ans soupçonné d’avoir tiré sur deux gardes nationaux

Rahmanullah Lakanwal, arrivé en 2021 via Operation Allies Welcome, aurait dépassé la durée de son visa

Washington : un Afghan de 29 ans soupçonné d’avoir tiré sur deux gardes nationaux
Membres de la Garde nationale en service de sécurité à Washington Pierre Monteil / INFO.FR

Les autorités américaines ont identifié le suspect de la fusillade contre deux membres de la Garde nationale à Washington comme étant Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant afghan de 29 ans. Arrivé aux États-Unis en 2021 dans le cadre du programme Operation Allies Welcome après le retrait américain d'Afghanistan, l'homme aurait dépassé la durée de validité de son visa. Le FBI traite désormais cette affaire comme un possible acte terroriste, relançant le débat sur le contrôle des bénéficiaires de ce programme d'accueil.

L'essentiel

  • Rahmanullah Lakanwal, Afghan de 29 ans, est soupçonné d'avoir tiré sur deux membres de la Garde nationale à Washington
  • Arrivé aux États-Unis en 2021 via Operation Allies Welcome, il aurait dépassé la durée de validité de son visa humanitaire
  • Le FBI traite l'affaire comme un possible acte terroriste et examine les motivations du suspect
  • Operation Allies Welcome avait permis l'évacuation de plus de 76 000 Afghans entre août et septembre 2021
  • L'incident relance le débat politique sur les contrôles de sécurité des bénéficiaires de programmes d'accueil de réfugiés

L’attaque s’est produite dans un contexte de tensions croissantes autour de la politique d’immigration américaine. Selon plusieurs médias américains, Rahmanullah Lakanwal, 29 ans, est le principal suspect de la fusillade qui a visé deux membres de la Garde nationale en service à Washington. Originaire d’Afghanistan, il fait partie des dizaines de milliers de personnes évacuées vers les États-Unis en août 2021, lors du retrait chaotique des forces américaines de Kaboul.

Un bénéficiaire du programme Operation Allies Welcome en situation irrégulière

Rahmanullah Lakanwal avait bénéficié d’Operation Allies Welcome, un programme d’urgence mis en place par l’administration Biden pour accueillir les Afghans ayant collaboré avec les forces américaines ou menacés par le retour au pouvoir des Taliban. Ce dispositif avait permis l’évacuation de plus de 76 000 personnes entre août et septembre 2021, dans des conditions d’urgence qui avaient suscité des critiques sur la rapidité des contrôles de sécurité.

Selon les services de l’immigration américaine, le suspect aurait dépassé la durée de validité de son visa humanitaire, se trouvant ainsi en situation irrégulière sur le territoire américain. Cette information soulève des questions sur le suivi des bénéficiaires du programme et les mécanismes de contrôle mis en place après leur arrivée. Les autorités n’ont pas précisé depuis combien de temps Lakanwal se trouvait en situation irrégulière ni s’il avait fait l’objet de mesures d’éloignement.

Le FBI privilégie la piste terroriste

Le Federal Bureau of Investigation a confirmé traiter cette affaire comme un possible acte terroriste, sans toutefois communiquer sur les éléments précis qui orientent l’enquête dans cette direction. Les deux gardes nationaux visés se trouvaient en service de sécurité dans la capitale fédérale au moment de l’attaque. Leur état de santé n’a pas été officiellement communiqué par les autorités militaires.

« Nous examinons tous les éléments susceptibles d’établir un mobile terroriste dans cette affaire », a déclaré un porte-parole du FBI lors d’un point presse.

Cette qualification intervient dans un contexte politique particulièrement sensible aux États-Unis, où la question de l’immigration et de la sécurité nationale demeure au cœur des débats. L’administration Trump avait déjà exprimé ses réserves sur les conditions d’accueil des réfugiés afghans en 2021, dénonçant un manque de vérifications approfondies.

Un programme d’accueil controversé depuis son lancement

Operation Allies Welcome avait été lancé dans l’urgence à l’été 2021, après la chute rapide du gouvernement afghan face aux Taliban. Le programme visait à protéger les Afghans ayant travaillé pour l’armée américaine, les ONG occidentales ou les médias, ainsi que leurs familles. Selon le département d’État américain, environ 85 000 personnes ont été évacuées entre août et septembre 2021, dont la majorité vers les États-Unis.

Dès son lancement, le programme avait suscité des inquiétudes chez certains élus républicains concernant la rapidité des contrôles de sécurité. Les services du Department of Homeland Security avaient assuré que tous les bénéficiaires faisaient l’objet de vérifications biométriques et de contrôles de sécurité, mais plusieurs rapports avaient pointé les limites de ces procédures dans un contexte d’urgence humanitaire.

En 2023, un rapport du Government Accountability Office avait révélé que certains bénéficiaires du programme n’avaient pas fait l’objet de contrôles complets avant leur arrivée sur le sol américain, les vérifications étant parfois effectuées après leur admission sur le territoire.

Des implications politiques majeures en période électorale

Cette affaire survient à un moment où l’administration américaine fait face à des pressions croissantes sur sa politique d’immigration. Les opposants au programme Operation Allies Welcome y voient la confirmation de leurs craintes concernant les risques sécuritaires liés à l’accueil de réfugiés afghans. Plusieurs élus républicains ont déjà réclamé une suspension du programme et un réexamen complet de tous les bénéficiaires.

« Cet incident démontre l’échec des politiques d’immigration laxistes et la nécessité de renforcer drastiquement nos contrôles », a déclaré un membre républicain du Congrès dans un communiqué.

À l’inverse, les défenseurs du programme soulignent que des dizaines de milliers d’Afghans ont été accueillis sans incident et que cet événement isolé ne doit pas remettre en cause l’ensemble du dispositif. Des organisations de défense des droits humains rappellent que de nombreux bénéficiaires du programme risquaient leur vie en Afghanistan en raison de leur collaboration avec les forces occidentales.

Une enquête qui s’annonce complexe

Les enquêteurs fédéraux examinent désormais le parcours complet de Rahmanullah Lakanwal depuis son arrivée aux États-Unis en 2021. Ils cherchent à établir s’il a agi seul ou dans le cadre d’un réseau organisé, et à déterminer les motivations précises de son geste. Les services antiterroristes analysent également ses communications électroniques et ses déplacements récents pour identifier d’éventuels complices ou inspirateurs.

L’affaire pourrait avoir des répercussions sur les milliers d’Afghans encore en attente de régularisation de leur statut aux États-Unis. Certains bénéficiaires d’Operation Allies Welcome se trouvent dans une situation administrative précaire, leur visa humanitaire temporaire nécessitant d’être converti en statut de résident permanent, une procédure qui peut prendre plusieurs années.

Cette fusillade relance également le débat sur la sécurité des installations militaires et des forces de l’ordre en zone urbaine. Les gardes nationaux déployés à Washington assurent régulièrement des missions de sécurité dans la capitale fédérale, notamment autour des bâtiments gouvernementaux et lors d’événements majeurs. Les autorités militaires pourraient être amenées à revoir leurs protocoles de sécurité à la lumière de cet incident.

Sources

  • CBS News (26 novembre 2025)
  • Department of Homeland Security (26 novembre 2025)
  • FBI (26 novembre 2025)
  • Government Accountability Office (rapport 2023)
Marie Delacroix

Marie Delacroix

Journaliste spécialisée dans les questions environnementales et scientifiques. Formation en journalisme scientifique et développement durable. Expertise reconnue sur les enjeux climatiques, la transition énergétique et la biodiversité. Couvre également l'innovation technologique et la recherche. Membre fondateur d'INFO.FR, elle apporte un éclairage expert sur les défis écologiques contemporains.