Arrentès-de-Corcieux : l’eau du robinet à nouveau potable, les PFAS non détectés

Le préfet des Vosges a abrogé le 30 avril 2026 les restrictions imposées six mois plus tôt, après deux séries d'analyses concluant à l'absence de PFAS dans le réseau filtré.

Arrentès-de-Corcieux : l'eau du robinet à nouveau potable, les PFAS non détectés
Illustration Marc Humbert / info.fr

À Arrentès-de-Corcieux, 169 habitants peuvent à nouveau consommer l'eau du robinet. Le préfet Blaise Gourtay a levé l'arrêté de restriction le 30 avril 2026, après des analyses confirmant l'absence de PFAS détectables grâce à un système de filtration par charbon actif.

À Arrentès-de-Corcieux, 169 habitants peuvent à nouveau consommer l’eau du robinet. Le préfet Blaise Gourtay a levé l’arrêté de restriction le 30 avril 2026, après des analyses confirmant l’absence de PFAS détectables grâce à un système de filtration par charbon actif.

L’essentiel

  • Levée des restrictions : le préfet Blaise Gourtay a abrogé l’arrêté le 30 avril 2026, selon la préfecture des Vosges.
  • Analyses rassurantes : les contrôles du 8 et du 15 avril 2026 ne détectent aucun PFAS dans l’eau distribuée après filtration au charbon actif.
  • Restrictions initiales : imposées le 14 octobre 2025, suite à des concentrations de PFAS atteignant 0,73 µg/L, soit sept fois le seuil réglementaire de 0,1 µg/L.
  • Première détection : les analyses du 12 juin 2025 avaient mesuré une somme de 20 PFAS à 0,77 µg/L, confirmée jusqu’à 0,86 µg/L en septembre 2025.
  • Surveillance maintenue : l’ARS Grand Est assure un suivi renforcé après la levée des restrictions.

Six mois de restrictions derrière eux

Pendant plus de six mois, les habitants d’Arrentès-de-Corcieux ont dû se passer de l’eau du robinet pour la boisson et la cuisine. L’arrêté préfectoral du 14 octobre 2025 avait interdit tout usage alimentaire de l’eau du réseau, après des mesures révélant des concentrations de PFAS atteignant 0,73 µg/L - sept fois au-dessus du seuil réglementaire de 0,1 µg/L fixé par la réglementation européenne.

En attendant la solution technique collective, l’État avait organisé la distribution de packs d’eau aux habitants, maintenue jusqu’en avril 2026 selon Vosges Matin. Huit filtres à charbon actif avaient également été installés chez des particuliers, subventionnés à 50 % par l’État, d’après France 3 Régions.

Des analyses en avril concluent à l’absence de PFAS

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C’est la filtration collective par charbon actif qui a permis le retournement de situation. Les analyses réalisées les 8 et 15 avril 2026 n’ont détecté aucun PFAS dans l’eau distribuée sur le réseau, selon la préfecture et France 3 Régions. Ces deux séries de résultats favorables consécutifs ont fourni la base technique à la décision préfectorale.

Le 30 avril, Blaise Gourtay a formellement abrogé l’arrêté de restriction. La préfecture des Vosges a communiqué sur la mesure via son compte officiel sur X :

Une contamination probablement liée à des boues industrielles

Les premières analyses révélant la contamination datent du 12 juin 2025. Elles avaient mesuré une somme de 20 PFAS à 0,77 µg/L dans l’eau potable de la commune, confirmée par des mesures ultérieures atteignant 0,86 µg/L en septembre 2025, selon Générations Futures et la préfecture des Vosges.

L’origine probable de la contamination, selon France 3 Régions et Générations Futures, serait l’épandage de boues industrielles issues d’une usine de blanchiment textile à Gérardmer, avec des rejets non traités remontant aux années 2000. Cette piste n’a pas été officiellement confirmée à ce stade par les autorités.

La commune voisine de Tendon a également été touchée. Des restrictions ciblées sur les personnes sensibles y ont été imposées dans le secteur dit « levés Hauts » depuis octobre 2025, selon la préfecture. La situation à Tendon suit son propre calendrier. Dans un contexte plus large, des PFAS ont aussi été détectés dans des sources d’eau minérale en Ardèche et en Loire, illustrant l’étendue nationale du problème.

Contexte dans les Vosges

Arrentès-de-Corcieux est une petite commune rurale de 169 habitants (INSEE 2023), rattachée à la communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges. Sa dépendance à un réseau d’eau potable limité l’a rendue particulièrement vulnérable à ce type de contamination.

La contamination aux PFAS dans la Déodatie - nom donné à la région de Saint-Dié - n’est pas isolée. L’association Vosges Nature Environnement alerte sur une pollution plus étendue dans ce secteur, dénonçant selon France 3 Régions une « opération de communication » de la préfecture plutôt qu’une résolution complète du problème. L’État, de son côté, met en avant sa mobilisation dès juillet 2025 pour accompagner les collectivités concernées.

Dans ce contexte départemental, la situation d’Arrentès-de-Corcieux est suivie avec attention : c’est l’une des premières communes vosgiennes à voir ses restrictions totalement levées. Sur le même registre de la qualité de l’eau, la commune alsacienne de Jungholtz avait elle aussi retrouvé une eau potable conforme après six jours de restrictions. D’autres territoires sont en revanche dans la situation inverse : la Vendée a mis en place ses premières restrictions d’eau dès le 27 avril face à une sécheresse précoce.

Un suivi sanitaire maintenu

La levée des restrictions ne signifie pas la fin de la vigilance. L’ARS Grand Est maintient un suivi sanitaire renforcé, comme indiqué par la préfecture. Les modalités précises de ce suivi - fréquence des analyses, seuils déclencheurs d’une nouvelle alerte - n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.

La distribution de packs d’eau, assurée pendant plusieurs mois, a pris fin en avril 2026. Les filtres individuels installés chez les particuliers restent en place.

La prochaine étape sera de confirmer dans la durée l’efficacité du système de filtration collectif, dans une commune où la mémoire de six mois de restriction restera longtemps présente.

Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Marc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vosges (88), avec Épinal pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des eaux minerales et thermalisme. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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