Aveyron : le Roquefort, locomotive des exportations agricoles du département
Avec 9% des actifs et 7637 exploitations, l'agriculture aveyronnaise s'appuie sur ses labels pour rayonner à l'export.
L'agriculture pèse lourd en Aveyron : 9% des emplois, 7637 exploitations actives en 2023, 1,08 milliard d'euros de production. Au cœur de ce tissu économique, le Roquefort AOP reste le produit phare qui tire les exportations vers le haut, malgré quelques turbulences récentes.
L’Aveyron occupe une place à part dans le paysage agricole français. Premier département d’Occitanie en surface dédiée à l’agriculture - 58,3% du territoire - il génère 15% du chiffre d’affaires agricole régional, selon les données de la DRAAF Occitanie. En 2023, on y dénombrait 7637 exploitations actives, pour une production valorisée à 1,08 milliard d’euros.
Autour de Saint-Affrique, la tendance structurelle est cependant à la contraction. Le nombre d’exploitations locales est passé de 91 en 1988 à 37 en 2020, soit une baisse de 59% en 32 ans, d’après les données de l’INSEE compilées par Wikipédia. Ce mouvement de concentration touche l’ensemble du département, même si les surfaces exploitées restent importantes.
Le Roquefort, moteur historique de la filière
C’est autour de Roquefort-sur-Soulzon, à quelques kilomètres de Saint-Affrique, que se joue l’essentiel de la valeur ajoutée agricole du sud-Aveyron. La filière Roquefort AOP emploie directement 2000 personnes et mobilise 1334 élevages laitiers, selon le rapport annuel 2024 du Comité Interprofessionnel du Roquefort. En 2024, 13 990 tonnes ont été commercialisées, dont 29% à l’export.
Ces chiffres s’inscrivent dans une longue histoire. Le Roquefort est le premier fromage français à avoir obtenu une Appellation d’Origine, en 1925 - une protection arrachée après les crises de prix du lait des années 1910-1920, selon une étude publiée dans Mediterra. Dès le XVIIIe siècle, l’élevage ovin s’était spécialisé pour alimenter cette industrie fromagère ; les premières coopératives locales ont vu le jour à Saint-Affrique en 1937.
En 2025, l’AOP Roquefort fêtait ses 100 ans. La production atteignait 18 830 tonnes en 2023, soutenue par 163 millions de litres de lait de brebis collectés chaque année, d’après les données de Wikipédia.
Les labels, levier des exportations - mais un début 2025 en retrait
Au-delà du Roquefort, c’est l’ensemble de la politique de labellisation qui différencie l’Aveyron. Selon la DRAAF Occitanie, 16% des exploitations du département sont en AOC-AOP et 11,5% en IGP. Au total, 40% des exploitations aveyronnaises sont sous label de qualité SIQO, selon le Comité Interprofessionnel du Roquefort.
Ces labels dopent les exportations, mais la filière n’est pas à l’abri des tensions. Les exportations de Roquefort ont reculé de 3% sur les cinq premiers mois de 2025 par rapport à 2024, selon le magazine spécialisé Réussir Pâtre. Les raisons précises de ce recul n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.
Le département avait mis en avant ses filières - Roquefort en tête - lors du Salon International de l’Agriculture, du 21 février au 1er mars 2026 à Paris, selon le site du Conseil Départemental de l’Aveyron.
Sources
- DRAAF Occitanie : Mémento de la statistique agricole d'Occitanie 2026
- Comité Interprofessionnel du Roquefort : Rapport annuel 2024 Roquefort AOP
- Réussir Pâtre : Baisse des exportations de roquefort début 2025
- Conseil Départemental de l'Aveyron : L'Aveyron au Salon International de l'Agriculture 2026