La Belgique voit sa perspective de crédit abaissée par DBRS
L'agence Morningstar DBRS place la note souveraine belge sous surveillance négative, citant un déficit budgétaire en hausse et une dette publique croissante.
Le 24 juillet 2026, l'agence de notation Morningstar DBRS a dégradé la perspective de la note de crédit de la Belgique, passant de « stable » à « négative », tout en maintenant la note AA. Cette décision reflète les inquiétudes croissantes concernant la trajectoire budgétaire du royaume.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 24 juillet 2026, Morningstar DBRS abaisse la perspective de la note de crédit de la Belgique de « stable » à « négative », tout en confirmant la note AA.
- Le déficit budgétaire belge devrait passer de 5,2 % du PIB en 2025 à 5,7 % en 2028, selon la Banque nationale de Belgique.
- La dette publique belge devrait atteindre près de 115 % du PIB d'ici 2028, contre 108 % en 2025.
- L'agence pointe la fragmentation politique comme un obstacle aux réformes budgétaires structurelles.
- Le gouvernement vise 10 milliards d'euros d'économies d'ici 2029.
Le 24 juillet 2026, Morningstar DBRS a abaissé la perspective de la note de crédit souveraine de la Belgique de « stable » à « négative », tout en confirmant la note AA. Cette décision intervient dans un contexte d’affaiblissement des perspectives fiscales du pays, selon l’agence de notation.
Un déficit budgétaire en hausse continue
La Banque nationale de Belgique prévoit une détérioration du solde budgétaire, avec un déficit passant de 5,2 % du PIB en 2025 à 5,7 % en 2028, selon Morningstar DBRS. Parallèlement, la dette publique belge devrait grimper à près de 115 % du PIB d’ici 2028, contre 108 % en 2025.
Cette trajectoire inquiète l’agence, qui souligne que les dépenses accrues pour la défense et les coûts des intérêts de la dette pèsent lourdement sur les finances publiques. Le gouvernement fédéral s’est fixé pour objectif de réaliser 9,2 milliards d’euros d’économies budgétaires d’ici 2029, selon Actuallités.be, mais la mise en œuvre de ces mesures reste incertaine.
La fragmentation politique comme obstacle
Morningstar DBRS pointe particulièrement le paysage politique fragmenté de la Belgique comme un facteur entravant le consensus sur des réformes budgétaires structurelles. Le royaume, divisé entre régions flamande, wallonne et bruxelloise, peine à dégager des majorités stables pour engager des transformations en profondeur.
Cette complexité institutionnelle rend difficile l’adoption de mesures d’assainissement durables, alors que la pression sur les finances publiques s’accentue. L’agence estime que sans consolidation budgétaire significative, la perspective de crédit pourrait se dégrader davantage.
Contexte européen et comparaisons
La situation belge s’inscrit dans un contexte européen où plusieurs États membres font face à des défis budgétaires similaires. La France, par exemple, a également été scrutée pour son niveau d’endettement élevé et ses difficultés à réduire son déficit. L’Italie, de son côté, a récemment mis en place un plan d’urgence économique pour stabiliser ses finances publiques.
La Belgique, avec une économie ouverte et fortement intégrée dans l’Union européenne, reste exposée aux chocs externes et aux évolutions de la conjoncture internationale. La persistance d’un déficit structurel important limite sa marge de manœuvre en cas de crise économique.
Quelles conséquences pour la Belgique ?
La dégradation de la perspective ne modifie pas immédiatement la note AA de la Belgique, mais elle constitue un signal d’alerte. Si la trajectoire budgétaire ne s’améliore pas dans les prochains trimestres, une baisse effective de la note pourrait intervenir, ce qui augmenterait les coûts d’emprunt de l’État belge sur les marchés financiers.
Pour les citoyens belges, cela pourrait se traduire par des mesures d’austérité supplémentaires, une hausse de la fiscalité ou une réduction des dépenses publiques dans les services essentiels. Le gouvernement fédéral est désormais sous pression pour démontrer sa capacité à redresser les comptes publics tout en maintenant la cohésion sociale.
Prochaines étapes
Morningstar DBRS réévaluera la situation budgétaire de la Belgique dans les prochains mois, en surveillant notamment l’évolution du déficit et la mise en œuvre effective des mesures d’économies annoncées. La capacité du gouvernement à dégager un consensus politique sur les réformes structurelles sera déterminante pour l’avenir de la notation souveraine du royaume.