Besançon : plus de 100 antifascistes devant le tribunal pour le procès Némésis

Yona Faedda, porte-parole locale du groupe identitaire, jugée pour diffamation contre l'ex-maire Anne Vignot. Délibéré le 3 juillet.

Besançon : plus de 100 antifascistes devant le tribunal pour le procès Némésis
Illustration Maxime Joly / info.fr

Plus d'une centaine de militants antifascistes se sont rassemblés le 27 mai 2026 devant le tribunal judiciaire de Besançon. Le procès visait Yona Faedda, porte-parole locale de Némésis, pour des tracts diffamatoires ciblant l'ex-maire Anne Vignot en janvier 2025.

L’essentiel

  • Rassemblement : Plus d’une centaine de manifestants antifascistes réunis le 27 mai 2026 devant le tribunal judiciaire de Besançon.
  • Prévenue : Yona Faedda, 21 ans, porte-parole bisontine de Némésis, jugée pour diffamation publique contre Anne Vignot (tracts de janvier 2025).
  • Réquisitions : 175 heures de travail d’intérêt général ou 1 500 € d’amende requis par le parquet.
  • Délibéré : Jugement mis en délibéré au 3 juillet 2026 à 8h30.
  • Précédent : Un premier procès, le 6 juin 2025, avait été annulé pour vices de procédure.

Cent militants face au tribunal

Mercredi 27 mai, peu avant l’ouverture de l’audience, une centaine de personnes au moins s’étaient massées devant le tribunal judiciaire de Besançon. Drapeaux, banderoles, slogans : le rassemblement était dense et organisé. « Besac antifa », « Les féministes ne sont pas fascistes ! » ont résonné sur le parvis, selon L’Est Républicain. Des appels à la dissolution de Némésis ont également été scandés.

À l’arrivée de Yona Faedda, porte-parole locale du groupe identitaire (21 ans, Bisontine), et d’Alice Cordier, présidente nationale de Némésis, les huées ont dominé. Anne Vignot, ex-maire écologiste de Besançon et partie civile, a été accueillie par des applaudissements.

Un collectif large derrière la mobilisation

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Le rassemblement avait été appelé par un front d’organisations locales. L’intersyndicale féministe du Doubs, Les Écologistes, le PS Doubs, LFI, le PCF, Génération.s, SOS Racisme Doubs, Solidarités Femmes Besançon et l’Union syndicale Solidaires 25 figuraient parmi les organisateurs, toujours selon L’Est Républicain.

Séverine Véziès, conseillère municipale LFI à Besançon, était présente. Elle a réagi sur X :

L’intersyndicale féministe du Doubs qualifie Némésis de collectif diffusant une « propagande xénophobe » et non un véritable combat féministe, selon L’Est Républicain.

Les faits : des tracts lors des vœux municipaux de janvier 2025

L’affaire remonte au 8 janvier 2025. Lors de la cérémonie des vœux de la Ville de Besançon, des militantes de Némésis avaient distribué des tracts accusant Anne Vignot d’être un « soutien aux violeurs étrangers ». Anne Vignot, alors encore maire, avait déposé plainte en avril 2025 pour diffamation publique.

Le groupe Némésis se revendique féministe identitaire et cible les violences sexuelles en associant migrants et personnes sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), selon France 3 et Libération. Les organisateurs du rassemblement et plusieurs médias régionaux qualifient cette rhétorique de xénophobe.

L’avocat d’Anne Vignot, Me Tewfik Bouzenoune, a plaidé que les propos portaient atteinte à l’honneur et à la considération d’une élue femme, selon France 3.

Réquisitions et délibéré au 3 juillet

Le parquet a requis 175 heures de travail d’intérêt général ou 1 500 € d’amende à l’encontre de Yona Faedda. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 3 juillet 2026 à 8h30, selon France 3 et L’Est Républicain.

Alice Cordier, présidente nationale de Némésis (identité civile non rendue publique, présente sous pseudonyme), était aux côtés de la prévenue lors de l’audience.

Contexte dans le Doubs

Besançon, préfecture du Doubs et capitale de la Bourgogne-Franche-Comté, a été gouvernée par Anne Vignot (Les Écologistes) de 2020 jusqu’au scrutin municipal de 2026. La ville a connu ces derniers mois plusieurs épisodes de tensions politiques : un arrêté anti-mendicité agressive signé par le nouveau maire LR avait suscité une vive opposition locale.

Ce procès Némésis s’inscrit dans un contexte national de visibilité accrue du groupe identitaire, qui multiplie les actions ciblant des élus locaux. Le site Le Ch’ni rappelle que ce second procès intervient presque un an après les faits initiaux, le premier ayant été annulé en juin 2025 pour vices de procédure.

Dans le département, la justice a également traité récemment d’autres affaires de violences urbaines : à Belfort, un homme a été mis en examen pour tentative de meurtre après des tirs en pleine rue, et à Montbéliard, deux adolescents ont été renvoyés devant le tribunal pour enfants après des jets de projectiles sur des policiers.

Le jugement dans l’affaire Némésis est attendu le 3 juillet 2026 à 8h30 au tribunal judiciaire de Besançon.

Sources

Maxime Joly

Maxime Joly

Maxime est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Doubs (25), avec Besançon pour chef-lieu. Spécialité du département : horlogerie/microtechniques et frontière suisse (40 000 frontaliers). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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