À Blois, une formatrice se reconvertit aide-soignante en gardant son salaire

Alison Desclaux, 44 ans, bénéficie du Projet de Transition Professionnelle pour quitter McDonald's et entrer dans le secteur du soin dès août 2026.

À Blois, une formatrice se reconvertit aide-soignante en gardant son salaire
Illustration Isabelle Gaillard / info.fr

Habitante de Blois, Alison Desclaux entame une reconversion professionnelle vers le métier d'aide-soignante sans perdre un euro de salaire. Le dispositif national Projet de Transition Professionnelle (PTP), peu connu, rend ce parcours possible. Sa formation démarre le 31 août 2026.

Alison Desclaux, 44 ans, travaille comme formatrice chez McDonald’s à Blois. À la rentrée prochaine, elle enfilera une blouse et effectuera ses premiers stages en EHPAD. Entre les deux, aucune rupture financière : son salaire est maintenu pendant toute la durée de sa formation, soit onze mois. Un mécanisme rendu possible par le Projet de Transition Professionnelle (PTP), dispositif d’État géré par Transitions Pro, que France 3 Centre-Val de Loire a mis en lumière à travers son témoignage.

L’essentiel

  • Formation : 11 mois, du 31 août 2026 au 23 juillet 2027, avec cours théoriques et stages en EHPAD
  • Salaire : intégralement maintenu pendant toute la durée du parcours via le PTP
  • Dispositif : CEP lancé en 2020 - 8 437 bénéficiaires en Centre-Val de Loire en 2025, soit +12% par rapport à 2024
  • Région : en 2025, 92% des bénéficiaires PTP en Centre-Val de Loire ont concrétisé leur transition, selon Transitions Pro CVL
  • National : 3,37 millions d’actifs ont débuté un CEP en 2024, selon France Compétences

Un départ de McDonald’s, une arrivée dans le soin

Formatrice dans la restauration rapide depuis plusieurs années, Alison Desclaux a décidé de changer de secteur. Son choix : le métier d’aide-soignante. Pour y parvenir sans sacrifier ses revenus, elle a eu recours au Conseil en Évolution Professionnelle (CEP), service public gratuit créé en 2020, qui l’a orientée vers le PTP.

Le PTP finance la formation et maintient le salaire des salariés en CDI ou CDD qui souhaitent changer de métier, selon le site officiel de Transitions Pro. La gestion administrative est assurée par Transitions Pro Centre-Val de Loire.

Ce que couvre concrètement le dispositif

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La formation d’Alison Desclaux, d’une durée de onze mois, débutera le 31 août 2026 et s’achèvera le 23 juillet 2027. Elle comprend des cours théoriques et des stages pratiques en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), selon France 3.

Le CEP est accessible à tous les actifs - salariés, indépendants, demandeurs d’emploi - et ne coûte rien au bénéficiaire. Le PTP, lui, s’adresse spécifiquement aux salariés souhaitant changer de métier : il prend en charge les frais pédagogiques et compense la perte de salaire auprès de l’employeur.

Pour en bénéficier, le salarié doit déposer un dossier auprès de Transitions Pro, qui statue sur la recevabilité et le financement. Les conditions d’ancienneté et la nature du contrat (CDI ou CDD) entrent en compte dans l’éligibilité, selon le site service-public.fr.

Contexte dans le Loir-et-Cher

Le Loir-et-Cher affiche un taux de chômage de 6,2% en 2024, le plus faible de toute la région Centre-Val de Loire, selon l’INSEE. Ce contexte de marché du travail relativement tendu favorise les démarches de reconversion : les entreprises peinent à recruter dans certains secteurs, dont celui du soin à la personne.

À l’échelle régionale, les chiffres sont parlants. En 2025, 8 437 personnes ont bénéficié du CEP en Centre-Val de Loire, soit une hausse de 12% par rapport à 2024. Parmi les utilisateurs du CEP via Mon CEP par Avenir Actifs dans la région, les femmes représentent 61% des bénéficiaires en 2025, selon une publication de la structure sur les réseaux sociaux. Le cas d’Alison Desclaux illustre cette tendance.

Des reconversions vers le secteur du soin ont déjà été documentées dans le département. La Nouvelle République a ainsi publié des témoignages de Loir-et-Chériens ayant changé de voie pour travailler auprès de personnes vulnérables, souvent en s’appuyant sur des dispositifs d’accompagnement régionaux.

Les tensions persistantes dans les métiers du soin poussent de plus en plus d’actifs à s’orienter vers ces filières, y compris en reconversion tardive.

Des chiffres nationaux qui confirment la montée en charge

À l’échelle nationale, 3,37 millions d’actifs ont débuté un CEP en 2024, selon le rapport annuel de France Compétences publié en février 2026. Cela représente plus d’un actif sur dix. Le dispositif, lancé il y a six ans, monte progressivement en charge.

En Centre-Val de Loire, Transitions Pro a examiné 951 dossiers PTP en 2024, dont 294 rien qu’en Indre-et-Loire, selon La Nouvelle République. Le Loir-et-Cher représente une part de ce volume, sans chiffre départemental isolé disponible à ce stade.

Le taux de réussite aux diplômes dans la région atteignait 94% l’année précédente, selon Transitions Pro CVL, et 92% des bénéficiaires ont concrétisé leur transition en 2025. Ces données placent la région parmi les territoires où le dispositif fonctionne bien.

Pour les actifs qui s’interrogent sur leur situation professionnelle, le CEP constitue un premier point d’entrée gratuit, sans engagement.

Comment accéder au dispositif

Le CEP est accessible via le portail Mon CEP (moncep.fr) ou directement auprès d’opérateurs agréés. En Centre-Val de Loire, Avenir Actifs assure une partie de cet accompagnement. Le PTP nécessite ensuite un dossier de financement déposé auprès de Transitions Pro CVL, basée à Orléans.

Transitions Pro Centre-Val de Loire organisait des réunions d’information PTP et VAE dès décembre 2025 pour préparer les candidatures 2026, selon son site officiel.

La formation d’Alison Desclaux débutera dans moins de quatre mois. Son dossier, lui, est bouclé.

Sources

Isabelle Gaillard

Isabelle Gaillard

Isabelle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loir-et-Cher (41), avec Blois pour chef-lieu. Spécialité du département : châteaux royaux et ZooParc Beauval (1er parc zoo français). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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