Chaponnay seule commune du Rhône encore sous tutelle préfectorale pour ses logements sociaux

La préfecture du Rhône a rendu leur autonomie à six communes le 30 avril, mais maintient Chaponnay sous contrôle le maire Nicolas Varigny dénonce une erreur de classement et conteste en justice.

Chaponnay seule commune du Rhône encore sous tutelle préfectorale pour ses logements sociaux
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Le 30 avril 2026, la préfecture du Rhône a restitué la compétence d'instruction des permis de construire à six communes sanctionnées en janvier 2024 pour non-respect des quotas de logements sociaux. Chaponnay, seule exception, reste sous tutelle. Son maire, Nicolas Varigny, parle d'une erreur administrative et a saisi le tribunal administratif.

Le 30 avril 2026, la préfecture du Rhône a restitué la compétence d’instruction des permis de construire à six communes sanctionnées en janvier 2024 pour non-respect des quotas de logements sociaux. Chaponnay, seule exception, reste sous tutelle. Son maire, Nicolas Varigny, parle d’une erreur administrative et a saisi le tribunal administratif.

L’essentiel

  • Six sur sept : le 30 avril 2026, la préfecture du Rhône a rendu leur autonomie à Caluire-et-Cuire, Chazay-d’Azergues, Mions, Saint-Symphorien-d’Ozon, Saint-Genis-Laval et Tassin-la-Demi-Lune, qui atteignent 79 % de leurs objectifs SRU.
  • 22 % seulement : Chaponnay (4 548 habitants) ne remplit que 22 % de ses objectifs, contre un taux de logements sociaux de 5,8 % en 2020 sur 1 737 résidences principales, selon l’INSEE.
  • 931 logements agréés : entre 2024 et 2025, l’intervention préfectorale a permis d’agréer 931 logements sociaux sur les sept territoires concernés, soit 6,7 fois plus qu’en 2023.
  • Recours judiciaire : après un rejet du tribunal administratif, Chaponnay a déposé un appel en janvier 2026 pour contester l’application de la loi SRU à son territoire.
  • Refus municipal : en février 2026, le conseil municipal a refusé une garantie d’emprunt et une subvention de 10 000 euros pour une opération de 21 logements sociaux portée par Alliade Habitat et Kaufman & Broad.

Une sanction maintenue pour « dynamique négative »

En janvier 2024, la préfecture du Rhône avait retiré à sept communes la compétence d’instruction de leurs permis de construire. Motif : le non-respect des quotas de 25 % de logements sociaux imposés par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU). Parmi elles, des communes de la couronne lyonnaise - Caluire-et-Cuire, Tassin-la-Demi-Lune, Saint-Genis-Laval - et de plus petites collectivités comme Chazay-d’Azergues ou Mions.

Le 30 avril 2026, la préfecture a levé la sanction pour six d’entre elles, saluant un taux d’atteinte des objectifs de 79 %, selon Lyon Capitale et Le Figaro. Chaponnay ne figure pas dans cette liste. La préfecture évoque une « dynamique négative » : la commune n’a atteint que 22 % de ses objectifs sur la période de référence. Son taux de logements locatifs sociaux atteignait 5,8 % en 2020, selon les données INSEE sur les 1 737 résidences principales recensées.

La compétence d’urbanisme reste donc exercée par les services de l’État pour tout projet immobilier sur le territoire communal. Plusieurs opérations restent en étude sous pilotage préfectoral, selon Rue89 Lyon.

Le maire conteste le classement de la commune

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Nicolas Varigny, maire LR de Chaponnay depuis 2025 - il a succédé à Raymond Durand, décédé - , rejette la logique de la sanction. « Nous sommes un village, nous n’entrons pas dans le cadre de la loi SRU », a-t-il déclaré au Progrès le 3 mai 2026.

Son argument central : Chaponnay serait classée dans l’unité urbaine de Lyon depuis le début des années 2010, ce qui déclenche mécaniquement l’obligation des 25 %. Or, avec 4 548 habitants et un caractère rural affirmé, la commune estime ne pas relever de ce périmètre. Pour Nicolas Varigny, ce classement résulte d’une erreur administrative de la préfecture, selon Le Progrès et Actu.fr.

Cette position se traduit sur le terrain. En février 2026, le conseil municipal a refusé d’accorder une garantie d’emprunt et une subvention de 10 000 euros à une opération de 21 logements sociaux rue Jacky-Poulet, portée par Alliade Habitat et Kaufman & Broad. Une décision qui illustre la tension entre la commune et l’État sur ce dossier, selon Le Progrès.

Un recours judiciaire en cours depuis janvier 2026

La bataille ne se limite pas aux déclarations. Chaponnay a d’abord saisi le tribunal administratif pour contester l’application de la loi SRU à son territoire. Le tribunal a rendu une décision défavorable. La commune a alors déposé un appel en janvier 2026, selon Actu.fr et Le Progrès.

L’issue de ce recours conditionne en partie la suite. Si la cour administrative d’appel donnait raison à Chaponnay sur le classement, la base légale de la sanction préfectorale serait remise en cause. Dans l’intervalle, la tutelle de l’État sur les permis de construire reste en vigueur. La mairie indique par ailleurs espérer un dialogue avec le nouveau préfet du Rhône, sans que des modalités précises aient été communiquées à ce stade.

Pour un éclairage plus large sur la politique préfectorale dans le Rhône, voir la restitution des permis aux six autres communes, publiée le 30 avril 2026 sur info.fr.

Contexte dans le Rhône

L’opération engagée depuis janvier 2024 a produit des résultats mesurables à l’échelle départementale. Entre 2024 et 2025, 931 logements sociaux ont été agréés sur les sept territoires concernés, soit 6,7 fois plus qu’en 2023, selon Lyon Capitale. À l’échelle du Rhône, 7 704 logements sociaux ont été validés entre 2023 et 2025, dépassant les objectifs initiaux du département.

La loi SRU impose à certaines communes un seuil de 20 ou 25 % de logements sociaux. Son application dans les unités urbaines fait régulièrement l’objet de contentieux, notamment pour des communes à la frontière entre espace rural et périurbanisation. Le cas de Chaponnay - village de la plaine lyonnaise absorbé dans l’orbite économique de la métropole - illustre cette tension entre critères statistiques et réalités locales.

Historiquement, la commune a été déclarée en carence SRU lors des périodes 2014-2016 et 2017-2019, selon la préfecture du Rhône. Ce n’est donc pas la première fois que l’État constate un écart persistant entre les obligations légales et la production effective de logements sociaux sur ce territoire. La politique de gestion du parc HLM et les tensions autour des quotas SRU touchent plusieurs départements français, le Rhône n’étant pas isolé dans ce tableau.

Deux fronts ouverts pour Chaponnay

La commune gère désormais deux fronts simultanément : un bras de fer administratif avec la préfecture sur la gestion quotidienne des permis, et un contentieux judiciaire dont l’issue reste incertaine. Pendant ce temps, la production de logements sociaux sur son territoire reste très en deçà des exigences légales.

Dans le contexte de tension immobilière autour de Lyon - où la demande de logements accessibles reste forte - , la position de Chaponnay est scrutée. D’autres communes périurbaines soumises à la loi SRU pourraient s’appuyer sur un éventuel succès judiciaire de la commune pour contester leur propre classement. À l’inverse, une confirmation de la décision de première instance renforcerait le levier préfectoral dans l’ensemble du département.

La prochaine étape est judiciaire : la décision de la cour administrative d’appel, saisie en janvier 2026, déterminera si la commune peut légalement contester son classement dans l’unité urbaine de Lyon et, avec lui, l’applicabilité de la loi SRU à Chaponnay.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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