Rhône : la préfecture rend les permis de construire à six communes après deux ans de tutelle

931 logements sociaux agréés en deux ans la préfecture lève sa mise sous tutelle pour six communes déficitaires du Rhône

Rhône : la préfecture rend les permis de construire à six communes après deux ans de tutelle
Illustration Margaux Bernard / info.fr

La préfecture du Rhône a annoncé le 30 avril 2026 la restitution de la compétence d'urbanisme à six communes déficitaires en logements sociaux, deux ans après une reprise en main inédite. Seule Chaponnay reste sous tutelle préfectorale.

Le 30 avril 2026, la préfète du Rhône Fabienne Buccio a officialisé la restitution de la compétence de délivrance des autorisations d’urbanisme à six communes du département, selon Rue89Lyon et Le Figaro. Ces communes avaient été placées sous gestion directe de l’État en janvier 2024 pour manquements à la loi SRU.

L’essentiel

  • 6 communes restituées : Caluire-et-Cuire, Chazay-d’Azergues, Mions, Saint-Symphorien-d’Ozon, Saint-Genis-Laval et Tassin-la-Demi-Lune retrouvent leur compétence urbanistique au 30 avril 2026.
  • 931 logements agréés : Depuis 2024, 931 logements sociaux ont été agréés dans les sept communes sous gestion préfectorale, soit 6,7 fois plus qu’en 2023.
  • Tutelle maintenue pour une commune : Chaponnay reste sous compétence préfectorale pour finaliser des opérations en cours représentant plusieurs dizaines de logements.
  • Loi SRU : Elle impose 25 % de logements locatifs sociaux aux communes de plus de 3 500 habitants en agglomérations. Au niveau national, 64 % des communes concernées n’ont pas atteint leurs objectifs pour le bilan 2020-2022.

Une reprise en main inédite depuis janvier 2024

En janvier 2024, la préfecture du Rhône avait pris le contrôle de l’instruction des permis de construire dans sept communes déficitaires. La mesure, qualifiée de « forte » et « inédite » par la préfète Fabienne Buccio, visait à forcer l’accélération de la production de logements sociaux dans des territoires qui n’atteignaient pas le seuil de 25 % imposé par la loi SRU, adoptée en 2000.

Selon Le Figaro, une action similaire avait déjà été menée dans d’autres départements, dont la Gironde, où Fabienne Buccio avait auparavant exercé ses fonctions.

931 logements en deux ans : le bilan chiffré

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Résultat affiché : 931 logements sociaux agréés entre 2024 et 2025 dans les sept communes, soit 6,7 fois plus qu’en 2023, selon Le Figaro et Lyon Capitale. Ce chiffre constitue la principale justification avancée pour lever la tutelle sur six d’entre elles.

La préfète a évoqué des « bons résultats » pour expliquer cette restitution. Pour les six communes concernées - Caluire-et-Cuire, Chazay-d’Azergues, Mions, Saint-Symphorien-d’Ozon, Saint-Genis-Laval et Tassin-la-Demi-Lune - , la compétence d’urbanisme leur revient donc pleinement.

Ce type de dynamique locale rejoint d’autres initiatives de construction dans le pays : à Biarritz, 28 logements sociaux ont récemment été inaugurés dans le quartier Aguilera, ou encore à Champagnole, un programme de 70 logements est prévu d’ici 2028.

Chaponnay reste sous tutelle

Seule exception : Chaponnay. La commune conserve la compétence préfectorale. Selon Lyon Capitale et mesinfos.fr, la préfecture maintient cette tutelle pour finaliser des opérations en étude représentant plusieurs dizaines de logements sociaux. Aucune date de restitution n’a été annoncée à ce stade.

Contexte dans le Rhône

Le Rhône concentre des dynamiques contrastées. Autour de Lyon, plusieurs communes résidentielles de l’ouest lyonnais - réputées pour leur attractivité et leurs prix immobiliers élevés - affichent des taux de logements sociaux bien inférieurs aux 25 % exigés par la loi SRU. Selon Le Figaro, ces sept communes n’atteignaient qu’un tiers de leurs obligations avant l’intervention préfectorale de 2024.

À l’échelle nationale, le tableau est sombre. Sur 1 031 communes soumises à la loi SRU pour le bilan 2020-2022, 659 - soit 64 % - n’ont pas atteint leurs objectifs triennaux, contre 47 % lors de la période précédente, selon la Fondation pour le logement et la Banque des territoires. En 2022, 34 % des ménages dans le parc social français vivaient sous le seuil de pauvreté, en hausse de 5 points en six ans, d’après l’INSEE.

En janvier 2026, deux décrets nationaux ont assoupli la loi SRU en relevant le seuil de tension pour l’objectif des 25 % - de 4 à 5,5 demandes par attribution - , exemptant ainsi 87 agglomérations, selon la Banque des territoires. L’action du Rhône s’inscrit donc dans un contexte législatif en mouvement, où la contrainte est à la fois renforcée localement et allégée nationalement selon les territoires.

Sur le plan local, les tensions autour du logement ne se limitent pas au parc social. À Rillieux-la-Pape, commune du nord de l’agglomération lyonnaise, des tensions urbaines récentes ont ravivé le débat sur les conditions de vie dans certains quartiers.

Ce qui se joue pour les communes restituées

Reprendre la compétence d’urbanisme ne signifie pas en finir avec les obligations SRU. Les six communes restituées restent soumises aux objectifs triennaux et à leur contrôle par la préfecture. Un retour sous tutelle resterait possible en cas de manquement. Les modalités de suivi post-restitution n’ont pas encore été détaillées par la préfecture à la date du 30 avril 2026.

La préfecture du Rhône indique que le monitoring se poursuit pour Chaponnay. Le prochain bilan triennal SRU sera déterminant pour évaluer si les six communes maintiennent leur trajectoire sans tutelle d’État.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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