Cognac : l’UGVC ouvre le sondage sur l’arrachage temporaire primé des vignes
Les viticulteurs de l'AOC Cognac ont jusqu'au 31 juillet 2026 pour répondre au sondage sur un dispositif à 4 500 €/ha inédit en France
L'UGVC a lancé le 1er juin 2026 un sondage auprès des viticulteurs de l'AOC Cognac sur le dispositif d'arrachage temporaire primé. Objectif du BNIC identifier les surfaces volontaires pour soustraire environ 10 000 hectares d'un vignoble de 90 000 ha en crise.
L’essentiel
- Sondage ouvert : du 1er juin au 31 juillet 2026, intégré à la déclaration d’affectation 2026/2027 sur pro.cognac.fr
- Prime proposée : 4 500 €/ha pour un arrachage temporaire (non-replantation 5 ans), convertible en définitif avec une surprime de 1 500 €/ha, soit 6 000 €/ha au total
- Objectif : soustraire ~10 000 ha sur les ~90 000 ha du vignoble AOC Cognac, soit environ 11 % des surfaces
- Déjà réalisé : 2 600 ha via le VCCI et 530 ha via le plan d’arrachage définitif, selon Charente Libre
- Nouveau président : Julien Massé (viticulteur à Rouillac) élu à la tête de l’UGVC le 27 mai 2026
Un sondage pour calibrer l’enveloppe
Depuis le 1er juin 2026, les viticulteurs de l’AOC Cognac peuvent répondre au sondage lancé par l’UGVC (Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC Cognac) sur le dispositif d’arrachage temporaire primé. La participation se fait via ugvc.fr, avec un lien vers pro.cognac.fr, dans le cadre de la déclaration d’affectation 2026/2027 ouverte jusqu’au 31 juillet.
Le BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac), qui pilote le dispositif, cherche à calibrer l’enveloppe financière avant de lancer un AMI (appel à manifestation d’intérêt). Selon l’UGVC, seuls les viticulteurs ayant répondu positivement au sondage seront prioritaires pour candidater à cet AMI si les résultats sont jugés probants.
4 500 €/ha temporaire, 6 000 €/ha définitif
Le dispositif présenté par l’UGVC repose sur deux niveaux. L’arrachage temporaire primé est rémunéré à 4 500 €/ha. Il implique la non-replantation pendant cinq ans et le renoncement à la VCCI (Vigne à Contrat de Complémentarité Interprofessionnelle). Si le viticulteur opte ensuite pour la conversion en arrachage définitif, une surprime de 1 500 €/ha s’ajoute, portant le total à 6 000 €/ha.
Le financement est assuré intégralement par la filière, via des prêts bancaires contractés par le BNIC et remboursés par la CVO (cotisation volontaire obligatoire). C’est un mécanisme inédit en France, selon Vitisphere et La Revue du vin de France.
« Le train ne passera pas deux fois »
Raphaël Delpech, directeur général du BNIC, a formulé un avertissement clair dans les colonnes de Charente Libre : « Le train ne passera pas deux fois ». Il a précisé que ce n’était « pas un coup de pression, mais une alerte ». Le message vise à mobiliser des viticulteurs encore hésitants, après des résultats jugés insuffisants des dispositifs précédents.
À ce stade, 2 600 hectares ont été soustraits dans le cadre du VCCI et 530 hectares via les candidatures au plan d’arrachage définitif, selon Charente Libre et Sud Ouest. L’interprofession vise 10 000 hectares supplémentaires pour rééquilibrer l’offre face à la contraction des ventes.
Contexte dans la Charente
Le vignoble AOC Cognac s’étend sur environ 87 000 à 90 000 hectares, répartis principalement sur la Charente et la Charente-Maritime. Il constitue l’un des piliers économiques du département depuis plusieurs siècles. Depuis 2021, la filière traverse une crise des ventes liée à plusieurs facteurs : baisse de la demande aux États-Unis, tensions géopolitiques affectant le marché asiatique, et stocks excédentaires chez les négociants.
Les dispositifs précédents - arrachage définitif national avec surprime locale, VCCI - n’ont pas suffi à atteindre les volumes visés. Le plan d’arrachage temporaire primé est présenté par le BNIC et l’UGVC comme un outil complémentaire, réversible à cinq ans, pour convaincre des viticulteurs réticents à s’engager de façon permanente. Un dispositif similaire existant dans d’autres vignobles français pour faire face à la crise viticole bordelaise illustre la tendance nationale à la restructuration des surfaces.
Julien Massé, élu président de l’UGVC le 27 mai 2026 pour un mandat de trois ans, prend la tête du syndicat dans ce contexte de crise. Viticulteur à Rouillac (Charente), il succède à un bureau renouvelé.
Prochaines étapes
Le sondage se clôture le 31 juillet 2026. Si les résultats sont jugés suffisants, le BNIC ouvrira un AMI dans les semaines suivantes pour formaliser les engagements. Les viticulteurs n’ayant pas répondu ou ayant répondu négativement ne seront pas prioritaires pour ce dispositif, selon l’UGVC.