Duralex : le four de La Chapelle-Saint-Mesmin mis en veille 15 jours pour préserver la trésorerie
En plein redressement judiciaire, la direction stoppe la production à partir du 15 juin et place les salariés en congés forcés.
La direction de Duralex a annoncé aux salariés, par courrier du 11 juin 2026, la mise en veille du four de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin pour au moins 15 jours à compter du 15 juin. Objectif réduire les coûts et protéger la trésorerie dans le cadre du 5e redressement judiciaire de la verrerie loirétaine.
L’essentiel
- Arrêt de production : le four de l’usine est mis en veille à partir du 15 juin 2026, pour au moins 15 jours, selon un courrier de la direction aux salariés daté du 11 juin.
- 5e redressement judiciaire : ouvert le 1er juin 2026 par le tribunal de commerce d’Orléans, avec une période d’observation de 6 mois ; audience de revoyure fixée au 2 juillet.
- 243 salariés employés sur le site unique de La Chapelle-Saint-Mesmin, dont environ 60 % actionnaires de la SCOP depuis la reprise de juillet-août 2024.
- Précédent 2022 : le four avait déjà été mis en veille 4 à 5 mois (novembre 2022 - avril 2023) en raison de la flambée des prix de l’énergie.
Un courrier qui tombe comme un couperet
Le 11 juin 2026, les 243 salariés de Duralex ont reçu un courrier de la direction les informant de l’arrêt imminent de la production. À partir du 15 juin, le four de l’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) sera mis en veille pour une durée minimale de 15 jours. Les salariés concernés sont placés en congés pendant cette période, selon La République du Centre.
La décision est présentée par la direction comme une mesure de protection de la trésorerie et de réduction des coûts dans le contexte du redressement judiciaire en cours. Aucun chiffre précis sur les économies attendues n’a été communiqué à ce stade.
Selon L’Écho républicain, au moins un salarié témoigne d’un sentiment de choc : « Je suis abasourdi, dégoûté ». La réaction illustre la tension qui règne dans l’entreprise, dont une grande partie des employés est aussi actionnaire.
Un 5e redressement judiciaire en vingt ans
Le tribunal de commerce d’Orléans a ouvert la procédure de 5e redressement judiciaire de Duralex le 1er juin 2026. La période d’observation court sur 6 mois, avec une première audience de revoyure le 2 juillet prochain.
Les raisons invoquées : des tensions de trésorerie liées à une accumulation de stocks, des coûts élevés en matières premières et en énergie, et des ruptures de ventes. C’est un audit financier externe, lancé le 3 avril 2026 après l’arrivée de la nouvelle directrice générale Peggy Sadier, qui a mis en lumière la situation de cessation de paiements, selon Ouest-France.
Le chiffre d’affaires de l’entreprise était de 24,6 M€ en 2023. Après la reprise en SCOP, la direction visait 31 à 33 M€ en 2025 et un équilibre autour de 35 M€ vers 2027, selon la région Centre-Val de Loire. Ces objectifs semblent aujourd’hui compromis.
La SCOP, deux ans après la reprise
En juillet-août 2024, les salariés avaient repris l’entreprise sous forme de société coopérative (SCOP) après un précédent redressement judiciaire ouvert en avril 2024. Environ 144 à 148 d’entre eux - soit près de 60 % des effectifs - étaient alors entrés au capital en tant que salarié-associés.
Cette double casquette salarié-actionnaire rend la situation particulièrement délicate : les décisions de gestion affectent directement à la fois l’emploi et le patrimoine de ceux qui ont misé sur la coopérative. La liquidation judiciaire de Maurer Tempé à Kingersheim, qui a supprimé 112 emplois en 2026, illustre les risques qui pèsent sur ce type de structure en difficulté.
Contexte dans le Loiret
Duralex est l’une des entreprises industrielles les plus emblématiques du département du Loiret. Son usine de La Chapelle-Saint-Mesmin, commune de l’agglomération orléanaise, produit du verre trempé depuis 1945 - année où la marque a été déposée, le 6 juin précisément, selon Wikipédia et le site officiel Duralex.
Le site est le seul site de production de l’entreprise. Toute interruption de l’outil industriel a donc un impact direct et immédiat sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Dans un département qui mise sur l’industrie comme levier d’emploi, la situation de Duralex est suivie de près par les acteurs économiques locaux. Le RC Orléans venait de fêter sa montée en Nationale 1 la même semaine, contrastant avec cette actualité industrielle préoccupante pour l’agglomération.
En 2022, une mise en veille similaire avait duré de novembre 2022 à avril 2023 - soit quatre à cinq mois - en raison de la flambée des prix de l’énergie. Les quelque 250 salariés de l’époque avaient alors été placés en chômage partiel, indemnisés à 95 % de leur salaire net, selon Le Parisien et BFMTV. La durée réelle de l’arrêt actuel reste inconnue : la direction évoque un minimum de 15 jours sans donner de date de reprise.
Prochaine étape
L’audience de revoyure du 2 juillet 2026 au tribunal de commerce d’Orléans constituera un premier point d’étape officiel sur la viabilité du plan de redressement. La direction n’a pas précisé à ce stade les conditions de redémarrage du four ni les modalités exactes de prise en charge des salariés pendant l’arrêt.
Sources
- La République du Centre : Duralex va mettre son four en veille et stopper la production pendant au moins quinze jours
- ICI Orléans : Duralex : le four de l'usine de la Chapelle-Saint-Mesmin va être mis en veille pour faire des économies
- Ouest-France : Dans le rouge, Duralex appuie sur pause : les salariés mis en congés et la production stoppée
- L'Écho républicain : Un salarié de Duralex qui met son four en veille témoigne : « Je suis abasourdi, dégoûté »
