G7 à Paris : la France pousse pour -30% d’émissions de méthane d’ici 2030
Une conférence internationale réunie ce 4 mai à Paris cible les secteurs énergie, déchets et agriculture, avec la ministre Monique Barbut en première ligne.
La France a accueilli ce lundi 4 mai 2026 à Paris une conférence internationale de haut niveau sur la réduction des émissions de méthane, dans le cadre de sa présidence du G7. Paris pousse pour une baisse mondiale de 30 % d'ici 2030, avec un focus sur l'agriculture et l'énergie.
La France a accueilli ce lundi 4 mai 2026 à Paris une conférence internationale de haut niveau sur la réduction des émissions de méthane, dans le cadre de sa présidence du G7. Paris pousse pour une baisse mondiale de 30 % d’ici 2030, avec un focus sur l’agriculture et l’énergie. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a ouvert les travaux.
L’essentiel
- 4 mai 2026 : conférence internationale sur le méthane organisée à Paris par la France, présidente du G7.
- Objectif affiché : réduction globale de 30 % des émissions de méthane d’ici 2030, alignée sur le Global Methane Pledge signé en 2021 à la COP26.
- Agriculture française : le secteur représente 20 % des émissions de GES en France (2023), dont 71 % du méthane national, principalement issu de l’élevage de ruminants, selon le ministère de la Statistique du développement durable.
- Tendance 2025 : les émissions agricoles de méthane devraient passer de 74,7 MtCO2e en 2024 à 73,2 MtCO2e en 2025, soit -2 %, selon l’INSEE.
- Prochaine étape : Sommet G7 des chefs d’État à Évian, du 15 au 17 juin 2026.
Une conférence au cœur de la présidence française du G7
L’événement du 4 mai s’inscrit dans la dynamique du G7 Environnement, dont la réunion ministérielle s’est tenue fin avril à Paris. Selon le ministère de l’Écologie, la conférence rassemble des représentants de gouvernements, d’organisations internationales, du secteur privé et de la société civile autour d’un objectif commun : accélérer les réductions de méthane dans les secteurs de l’énergie, des déchets et de l’agriculture.
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a ouvert les travaux en appelant à « unir les forces pour accélérer les solutions », selon France 24. La France entend donner une impulsion concrète à cet agenda avant le sommet des chefs d’État G7 prévu à Évian en juin.
Cet effort diplomatique intervient dans un contexte tendu : selon Reuters, la France a volontairement écarté la question du réchauffement climatique au sens large des conclusions du G7 Environnement d’avril pour éviter un blocage avec Washington. Le méthane, présenté comme un levier technique à court terme, fait figure de terrain d’entente plus accessible.
Le méthane : un levier rapide contre le réchauffement
Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre après le CO2. Son pouvoir de réchauffement est 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de 20 ans, selon Connaissance des Énergies. Il contribue à environ un tiers du réchauffement climatique actuel.
Sa durée de vie dans l’atmosphère est nettement plus courte que celle du CO2 - une douzaine d’années contre plusieurs siècles. Réduire ses émissions produit donc des effets mesurables à horizon décennal, ce qui en fait un levier privilégié pour les politiques climatiques à court terme. Comme le soulignait la conférence du 4 mai, cette réduction peut également contribuer à atténuer la crise énergétique : récupérer du méthane fugitif dans les infrastructures énergétiques revient à produire du gaz naturel supplémentaire, selon France 24 et Connaissance des Énergies.
Les engagements globaux couvrent désormais plus de la moitié des émissions anthropiques de méthane, après des annonces effectuées lors de la COP30 en 2025, selon Martinique La 1ère et le Global Methane Pledge.
Agriculture : le principal poste français
En France, l’agriculture représente 20 % des émissions totales de gaz à effet de serre en 2023. Elle est à l’origine de 71 % des émissions nationales de méthane, principalement via la fermentation entérique des bovins et la gestion des effluents d’élevage, selon le ministère chargé des statistiques environnementales.
Une légère décrue est attendue : l’INSEE estime que les émissions agricoles de méthane devraient passer de 74,7 MtCO2e en 2024 à 73,2 MtCO2e en 2025, soit une baisse de 2 %, en lien avec une réduction progressive du cheptel bovin national.
Ce recul reste néanmoins insuffisant au regard de l’objectif de -30 % à l’horizon 2030. La filière agricole, déjà sous pression économique - dans un contexte de croissance qui cale en 2026 - , devra accélérer ses transformations : alimentation animale modifiée, réduction des cheptels, valorisation du biogaz issu des déjections.
Énergie et déchets : les autres secteurs visés
L’énergie constitue le secteur où les réductions sont jugées les plus rapides et les plus rentables, selon l’agenda officiel du ministère de l’Écologie. Les fuites de méthane sur les infrastructures gazières - puits, gazoducs, terminaux GNL - représentent un volume considérable à l’échelle mondiale.
Des initiatives annuelles de surveillance et de réduction de ces fuites sont prévues tout au long de l’année 2026, dans le prolongement de la conférence parisienne, toujours selon le ministère. Le secteur des déchets (décharges, traitement des eaux usées) est également ciblé, bien que les leviers y soient plus complexes à mettre en œuvre à court terme.
La question énergétique se double d’une dimension géopolitique : dans un contexte de tension sur les approvisionnements - que Emmanuel Macron a lui-même évoquée lors de sa visite à Erevan - réduire les fuites de méthane revient aussi à sécuriser des volumes de gaz naturel récupérables.
Contexte dans le département de Paris (75)
Paris est le siège des principales institutions françaises chargées du dossier climatique : ministère de la Transition écologique, délégations françaises aux enceintes onusiennes, think tanks spécialisés. La capitale accueille régulièrement les grandes conférences environnementales internationales - la COP21 en décembre 2015 reste la référence, avec l’adoption de l’Accord de Paris visant à contenir le réchauffement sous +2 °C.
C’est à Paris qu’a été co-animé cet accord fondateur, selon le site France Diplomatie. La loi POPE de 2004 avait déjà fixé l’objectif français de -75 % de GES d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. La conférence du 4 mai s’inscrit dans cette continuité institutionnelle.
Sur le plan local, la Ville de Paris a adopté son propre Plan Climat, avec des engagements sectoriels sur les transports, le bâtiment et les espaces verts. Le méthane y est moins central qu’en zone rurale, mais la capitale contribue via ses réseaux d’assainissement et ses centres de traitement des déchets en petite couronne.
La présidence française du G7 en 2026 - dont le volet environnemental est piloté depuis Paris - donne à la capitale un rôle de hub diplomatique climatique pour plusieurs mois encore.
Un engagement français ancré depuis 2021
La France a adhéré au Global Methane Pledge en novembre 2021, lors de la COP26 à Glasgow. Cet engagement collectif, lancé conjointement par les États-Unis et l’Union européenne, rassemble plus de 150 pays autour de l’objectif de -30 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2020.
La présidence française du G7 donne en 2026 une nouvelle visibilité à cet agenda. Selon le ministère de l’Écologie, les conclusions du G7 Environnement d’avril ont permis des avancées dans six domaines d’action collective, dont la réduction du méthane. Le Monde note toutefois qu’aucune déclaration commune sur le réchauffement climatique au sens large n’a été adoptée lors de cette réunion ministérielle, illustrant les limites du consensus entre les sept pays membres.
Sur le front budgétaire, les investissements nécessaires pour atteindre les objectifs méthane restent à préciser au niveau national. Dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes, le financement des transitions agricole et énergétique sera un point de friction lors des prochaines discussions parlementaires.
Vers le sommet d’Évian en juin
La conférence du 4 mai constitue une étape de préparation avant le Sommet des chefs d’État G7, prévu à Évian du 15 au 17 juin 2026, selon le ministère de l’Écologie et l’Élysée. C’est à ce niveau que les engagements politiques devront être consolidés - ou non - en décisions concrètes sur le méthane. Les collectivités territoriales, déjà engagées sur leurs propres feuilles de route environnementales, attendent de connaître les implications locales des objectifs fixés à l’échelle du G7.
Sources
- Ministère de la Transition écologique : Agenda officiel – Conférence G7 Méthane, 4 mai 2026
- France 24 : Climat : une réunion internationale à Paris pour accélérer l'action mondiale sur la réduction du méthane
- Connaissance des Énergies / AFP : La bataille climatique contre le méthane pourrait contribuer à atténuer la crise énergétique
- Le Monde : Au G7 Environnement, sept déclarations communes adoptées, mais aucune sur le réchauffement climatique