Gaza et Liban : frappes israéliennes meurtrières malgré le cessez-le-feu
Quatre morts dans un bombardement à Gaza City, tunnels du Hezbollah découverts au château de Beaufort la trêve d'octobre 2025 reste fragile
Des frappes aériennes israéliennes sur une fonderie à Gaza City ont tué quatre personnes ce dimanche, selon des responsables palestiniens. Parallèlement, l'armée israélienne a publié des vidéos de tunnels du Hezbollah découverts sous le château de Beaufort au Sud-Liban. Ces opérations interviennent alors que le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 s'avère de plus en plus fragile.
L’essentiel
- Bilan humain : 4 personnes tuées dans une frappe sur une fonderie à Gaza City (quartier Sabra), selon des responsables palestiniens
- Réseau souterrain : 1,3 kilomètre de tunnels du Hezbollah découverts sous le château de Beaufort au Liban par Tsahal
- Bilan depuis la trêve : plus de 1 000 Palestiniens tués à Gaza depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025
- Négociations : des pourparlers se tiennent au Caire sur la deuxième phase du plan de paix américain proposé par Donald Trump
La bande de Gaza a été frappée ce dimanche par de nouvelles frappes aériennes israéliennes. Selon des responsables palestiniens cités par Reuters, un bombardement sur une fonderie située dans le quartier de Sabra à Gaza City a fait quatre morts. Cette opération intervient dans un contexte de trêve précaire instaurée en octobre 2025, qui n’empêche pas la poursuite des violences sur le terrain.
Quelques jours plus tôt, une fillette de neuf ans, Tala Abu Matar, avait été tuée par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés d’Al-Bureij, toujours selon Reuters. Ces incidents s’inscrivent dans une série d’opérations militaires menées par Tsahal malgré le cessez-le-feu théorique.
Plus de 1 000 morts depuis le cessez-le-feu d’octobre
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025, plus de 1 000 Palestiniens ont péri dans la bande de Gaza, rapporte Reuters. Ce bilan témoigne de la fragilité de l’accord conclu il y a plusieurs mois. Les frappes ciblées, les incursions terrestres et les affrontements sporadiques n’ont jamais vraiment cessé, transformant la trêve en un simple ralentissement des hostilités plutôt qu’en une véritable interruption.
Les négociations censées consolider la paix se poursuivent au Caire, où des dirigeants du Hamas discutent actuellement de la deuxième phase du plan de paix américain proposé par le président Donald Trump, selon Dawn. Mais sur le terrain, la réalité reste celle d’une population palestinienne exposée aux bombardements et aux opérations de l’armée israélienne.
Tunnels du Hezbollah découverts au château de Beaufort
Au Liban, l’armée israélienne a publié ce dimanche des vidéos montrant un vaste réseau de tunnels cachés sous le château médiéval de Beaufort, situé dans le Sud-Liban. Selon Al Jazeera, ces infrastructures souterraines auraient servi de centres de commandement au Hezbollah. Le principal tunnel s’étend sur 1,3 kilomètre à travers la roche montagneuse, rapporte le Times of Israel.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir, a confirmé à i24NEWS que ses forces contrôlaient désormais ce réseau stratégique. Les vidéos diffusées montrent des galeries équipées de systèmes de ventilation, d’éclairage et de salles de commandement, témoignant d’un investissement logistique considérable attribué au financement iranien.
Tsahal avait capturé le château de Beaufort en mai dernier, dans le cadre de ses opérations contre le Hezbollah au Sud-Liban. Cette forteresse médiévale, perchée sur une crête dominant la vallée du Litani, offre un poste d’observation stratégique sur la région frontalière. Sa prise a marqué une escalade dans les tensions entre Israël et le mouvement chiite libanais.
Beyrouth dénonce une violation du cessez-le-feu
Le gouvernement libanais a immédiatement réagi à la publication des vidéos israéliennes. Selon i24NEWS, Beyrouth dénonce l’occupation du château de Beaufort par l’armée israélienne comme une violation directe de l’accord bilatéral de cessez-le-feu conclu entre les deux pays. Cet accord, distinct de celui en vigueur à Gaza, était censé stabiliser la frontière libano-israélienne après des mois d’accrochages.
Des tirs d’artillerie israéliens ont également été signalés dans le sud du Liban ce dimanche, rapporte Al Jazeera, alimentant les craintes d’une reprise des hostilités dans cette zone déjà marquée par une escalade régionale impliquant plusieurs acteurs. Les explosions massives filmées par Tsahal lors de ses opérations témoignent de l’ampleur des destructions dans certaines zones frontalières.
Contexte régional et implications internationales
Ces développements à Gaza et au Liban s’inscrivent dans un contexte de tensions régionales persistantes. Le conflit israélo-palestinien, qui a connu une intensification majeure lors de la guerre déclenchée en octobre 2023, continue de structurer l’actualité proche-orientale malgré les tentatives de médiation internationale.
La découverte des tunnels du Hezbollah au château de Beaufort illustre la dimension transfrontalière du conflit et le rôle de l’Iran dans le soutien aux mouvements armés régionaux. Cette infrastructure souterraine, financée par Téhéran selon Tsahal, rappelle les réseaux similaires découverts à Gaza au fil des années.
Pour la France, ces événements résonnent particulièrement dans un contexte où Paris maintient des relations historiques avec le Liban et participe activement aux efforts de stabilisation régionale. La communauté internationale observe avec inquiétude la fragilité des accords de cessez-le-feu, tandis que les tensions entre Washington et Téhéran continuent d’influer sur l’équilibre des forces au Moyen-Orient.
Négociations au point mort malgré le plan américain
Les pourparlers du Caire, qui portent sur la deuxième phase du plan de paix proposé par l’administration Trump, peinent à produire des résultats concrets. La première phase, censée garantir un cessez-le-feu durable à Gaza, n’a manifestement pas atteint ses objectifs si l’on en juge par le bilan de plus de 1 000 morts palestiniens depuis octobre.
Les dirigeants du Hamas présents au Caire réclament des garanties sur le retrait complet des forces israéliennes et la levée du blocus, tandis que Tel-Aviv conditionne toute avancée à la restitution des otages encore détenus à Gaza. Cette impasse diplomatique se traduit par la poursuite des opérations militaires de part et d’autre.
Au Liban, la situation demeure tout aussi tendue. L’armée israélienne ne semble pas disposée à évacuer le château de Beaufort dans l’immédiat, invoquant des impératifs sécuritaires liés à la présence du Hezbollah. Cette posture complique les efforts de médiation et risque de transformer le Sud-Liban en un nouveau front actif.
Prochaines étapes
Les regards sont désormais tournés vers les prochains cycles de négociations au Caire et les éventuelles réactions du Hezbollah à la publication des vidéos de Tsahal. La découverte des tunnels pourrait servir de justification à Israël pour maintenir sa présence militaire au Sud-Liban, prolongeant ainsi la violation dénoncée par Beyrouth. À Gaza, la reprise des frappes laisse craindre une détérioration rapide du cessez-le-feu déjà fragile.