Gourme en Gironde : un cas confirmé chez un cheval, le RESPE alerte
Un cheval a été diagnostiqué positif à la gourme le 7 mai 2026 en Gironde, maladie bactérienne hautement contagieuse chez les équidés.
Un cas de gourme a été confirmé le 7 mai 2026 chez un cheval en Gironde. Le Réseau d'épidémio-surveillance en pathologie équine (RESPE) a émis une alerte immédiate. Éleveurs et vétérinaires du département sont appelés à la vigilance.
Un cheval a été diagnostiqué positif à la gourme le 7 mai 2026 en Gironde. Le diagnostic a été confirmé par PCR sur écouvillon naso-pharyngé, selon le RESPE. L’organisme a aussitôt diffusé une alerte à destination des professionnels de la filière équine du département.
L’essentiel
- Date : Cas confirmé le 7 mai 2026 en Gironde (33), par analyse PCR sur écouvillon naso-pharyngé.
- Agent pathogène : Streptococcus equi subsp. equi, bactérie hautement contagieuse spécifique aux équidés.
- Morbidité : Dans un effectif de chevaux naïfs, la maladie peut toucher jusqu’à 100 % des animaux.
- Mortalité : Faible, de 1 à 5 %, liée à des complications.
- Contexte national : Trois autres cas déjà signalés en France en 2026 - Loire (2 mai), Drôme (23 avril), Haute-Loire (16 février).
Une maladie bactérienne qui peut ravager un effectif entier
La gourme est causée par Streptococcus equi subsp. equi. Elle atteint les voies respiratoires supérieures des équidés. Selon le RESPE et l’IFCE, elle est spécifique à cette espèce et ne présente aucun risque pour l’humain.
La maladie touche principalement les chevaux de moins de 5 ans, mais peut survenir à tout âge. Dans un troupeau dit « naïf » - c’est-à-dire sans immunité préalable - , la morbidité peut avoisiner les 100 %, selon le RESPE. La mortalité reste faible (1 à 5 %), mais survient en cas de complications comme des abcès rétropharyngés ou une pneumonie.
Après infection, environ 75 % des chevaux développent une immunité naturelle pendant quatre à cinq ans, selon Le Point Vétérinaire.
Une transmission rapide par contact direct ou indirect
Le virus se propage facilement. La transmission s’effectue par contact direct via les sécrétions nasales, ou indirectement par le matériel d’écurie, les mains, les vêtements ou l’environnement des boxes, selon l’IFCE et le RESPE. Un animal porteur asymptomatique peut contaminer un élevage entier sans que les signes cliniques soient immédiatement visibles.
Les premières recommandations des autorités sanitaires vétérinaires : isoler tout animal suspect présentant de la fièvre ou un écoulement nasal, contacter immédiatement un vétérinaire et interdire les déplacements de chevaux depuis le site concerné.
Contexte dans la Gironde
La Gironde est l’un des départements français les plus actifs dans le secteur équin. La filière y est structurée autour de l’élevage de sport et de loisir, avec de nombreux centres équestres, haras et élevages de plein air, particulièrement dans les zones rurales de l’Entre-deux-Mers, du Médoc et du Libournais. Un foyer de gourme dans ce contexte peut se propager rapidement lors de rassemblements, compétitions ou transferts d’animaux entre écuries.
Le RESPE ne précise pas, dans son alerte du 7 mai, la localisation exacte du cas au sein du département ni le nombre d’animaux exposés sur le site concerné. Ces informations n’avaient pas été communiquées à la date de publication.
L’alerte s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue. Une hausse des cas de gourme avait déjà été observée en France en 2025 par rapport à 2024, selon Le Nouveau Praticien Vétérinaire Équine. Ce sujet rejoint d’autres alertes sanitaires animales récentes : dans le Velay, un éleveur avait perdu 25 brebis après une attaque de loup, illustrant la pression que subissent les filières d’élevage en ce printemps 2026.
Trois autres foyers recensés en France depuis février
Le cas girondin n’est pas isolé. Selon les données du RESPE, au moins trois autres foyers ont été signalés sur le territoire national depuis le début de l’année 2026 : un en Haute-Loire le 16 février, un dans la Drôme le 23 avril, et un en Loire le 2 mai - soit cinq jours avant le cas de Gironde.
Cette série de signalements sur plusieurs semaines et plusieurs régions invite les acteurs de la filière à renforcer les protocoles de biosécurité, notamment à l’approche de la saison des concours équestres.
Le suivi épidémiologique de la gourme est assuré en continu par le RESPE, qui centralise les alertes vétérinaires et publie les signalements sur son site. La plateforme de surveillance rappelle l’importance des réseaux d’alerte précoce, comme le soulignait récemment l’OMS à propos d’un autre épisode infectieux.
Ce que doivent faire les éleveurs
Le RESPE formule des consignes claires. Tout cheval présentant de la fièvre, un écoulement nasal purulent ou un gonflement des ganglions sous-maxillaires doit être isolé immédiatement. Un vétérinaire doit être contacté sans délai pour pratiquer un prélèvement et confirmer ou infirmer le diagnostic.
Les déplacements d’animaux depuis un site suspect doivent être suspendus. La désinfection du matériel partagé (licols, seaux, brosses) est indispensable pour limiter la contamination indirecte.
Aucun vaccin n’est actuellement disponible en France avec une autorisation de mise sur le marché dans l’indication gourme, selon les données disponibles. La prévention repose donc exclusivement sur la biosécurité et la surveillance clinique quotidienne des animaux.
Le RESPE devrait publier des mises à jour sur l’évolution de ce foyer girondin dans les prochains jours, notamment si d’autres cas sont détectés sur le même site ou dans des élevages voisins.
Sources
- RESPE : Alerte RESPE – Un cas de gourme, Gironde (33), France, 07/05/2026
- RESPE sur X : Tweet RESPE – Alerte gourme Gironde 07/05/2026
- Le Point Vétérinaire : La gourme : épidémiologie, pathogenèse, clinique, traitement et prévention
- Le Nouveau Praticien Vétérinaire Équine : Vaccination contre la gourme : dernières avancées scientifiques