Grève reconductible au collège Honoré d’Urfé : Saint-Étienne réclame le REP+

Depuis le 21 avril, près de 100 % du personnel est en grève pour obtenir un classement en éducation prioritaire renforcée.

Grève reconductible au collège Honoré d'Urfé : Saint-Étienne réclame le REP+
Illustration David Garnier / info.fr

Au collège Honoré d'Urfé, dans le quartier prioritaire de Bellevue/Centre-Deux à Saint-Étienne, la grève est reconductible depuis le 21 avril 2026. Enseignants, parents et centres sociaux exigent le classement en REP+ d'un établissement qu'ils jugent en grande difficulté. Une manifestation est prévue vendredi 24 avril.

Près de 100 % des personnels du collège Honoré d’Urfé se sont mis en grève le 21 avril 2026, selon Le Progrès. Ce n’est pas la première fois : une journée de mobilisation avait déjà réuni 95 à 100 % de grévistes le 2 avril, avec le soutien des écoles primaires du secteur, dont l’école La Rivière. Le mouvement est désormais reconductible.

Un établissement qui « coche toutes les cases »

L’établissement accueille 997 élèves dans le quartier prioritaire de Bellevue/Centre-Deux. Les enseignants dénoncent des classes surchargées, un manque de ressources et un climat scolaire dégradé par les difficultés sociales du secteur, selon Le Progrès et Lutte Ouvrière. « La situation se dégrade et on s’épuise », résumait un enseignant fin mars dans les colonnes du Progrès. Le personnel estime remplir tous les critères d’un classement en REP+, label qui ouvrirait droit à des moyens supplémentaires, des primes et des effectifs réduits par classe. Ce débat sur les inégalités scolaires dépasse largement Saint-Étienne : au niveau national, 67 établissements sont recensés en « situation aberrante » en 2026, sans classement correspondant à leurs difficultés réelles, selon le SNUipp-FSU 42.

Le collège, rénové pour 60 millions d’euros avec des travaux achevés en 2025, n’est pourtant pas classé REP, malgré la révision de la carte d’éducation prioritaire intervenue dès 2015 dans la Loire. À titre de comparaison, le collège Jules-Vallès à Saint-Étienne figure en REP+ depuis cette révision. Cette situation rappelle d’autres conflits similaires, comme la grève dans les écoles d’Auxonne ou encore celle de l’école Marcel Pagnol à Roullet-Saint-Estèphe, sur fond de suppressions de postes.

Deux audiences sans résultat, une manifestation vendredi

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Deux rencontres avec l’inspection académique (DSDEN de la Loire) n’ont débouché sur aucune avancée concrète, selon TL7. Les grévistes demandent désormais une audience avec la rectrice de l’académie de Lyon, pour un classement effectif à la rentrée 2026. La FSU et des élus locaux appuient la démarche.

Une manifestation est prévue le vendredi 24 avril à 14h, au départ du collège en direction de la DSDEN, selon TL7. Une soirée de soutien est également organisée le 30 avril à la Brasserie Stéphanoise. La mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large : plus de 100 personnels éducatifs avaient déjà manifesté le 31 mars à Saint-Étienne contre la carte scolaire 2026, dénonçant des économies budgétaires jugées incompatibles avec les besoins du terrain, d’après France Bleu Loire.

Prochaine étape

Le mouvement reste reconductible au-delà du 24 avril. L’issue dépend en grande partie d’une réponse de la rectrice de Lyon, que le collectif n’a pas encore obtenu à ce stade. Le classement en REP+ serait, selon les grévistes, la condition minimale pour stabiliser les équipes et répondre aux besoins des élèves du quartier.

Sources

David Garnier

David Garnier

Basé à Saint-Étienne, traite la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, les projets de reconversion urbaine et l'université. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de rejoindre la rédaction web. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les élus, les entrepreneurs, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

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