Grève à l’usine Stellantis de Poissy : 900 emplois menacés par l’arrêt de la production automobile

Les salariés de l'usine historique des Yvelines manifestent contre la fin programmée de la fabrication de voitures d'ici 2028, annoncée par la direction le 16 avril.

Grève à l'usine Stellantis de Poissy : 900 emplois menacés par l'arrêt de la production automobile
Illustration Philippe Dubois / info.fr

Plusieurs centaines de salariés de l'usine Stellantis de Poissy ont observé une grève le 23 avril 2026. Ils dénoncent l'arrêt de la production automobile, décidé par la direction, qui entraînera la suppression de près de 900 emplois d'ici 2028. Une manifestation a eu lieu devant la mairie de Poissy.

Une décision annoncée en comité social et économique

L’annonce de l’arrêt de la production automobile à l’usine Stellantis de Poissy a été faite le 16 avril 2026 lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire. La direction a confirmé la fin de la fabrication des modèles DS3 et Opel Mokka d’ici 2028, marquant la clôture de 90 ans d’histoire industrielle pour ce site, fondé en 1938 par Ford. Selon Le Parisien, Stellantis investira 100 millions d’euros pour reconvertir le site en pôle de pièces détachées et reconditionnement de véhicules.

Sur les 1 900 emplois actuels, environ 700 postes disparaîtront d’ici 2028, principalement via des départs naturels à la retraite non remplacés. Cette réduction impactera également près de 1 500 emplois chez les sous-traitants, comme l’a souligné Franceinfo. La maire de Poissy, Sandrine Berno Dos Santos, a exprimé un sentiment mitigé : « triste qu’une page se tourne », mais « rassurée d’avoir eu l’assurance qu’il n’y aurait pas de plan social » (Actu.fr).

Mobilisation syndicale et manifestations

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Les syndicats CGT, UNSA et SUD ont appelé à la grève et organisé une manifestation le 23 avril devant la mairie de Poissy. Des centaines de salariés ont défilé dans les rues, brandissant des pancartes « Non à la fermeture ». Jonathan Dos Santos, porte-parole de la CGT, a déclaré : « On va instaurer un rapport de force » et annoncé d’autres actions en juin 2026, en coordination avec d’autres sites du groupe (Franceinfo). Jean-Pierre Mercier, délégué SUD, a qualifié cette décision de « véritable tremblement de terre » pour l’emploi.

Le président du département des Yvelines, Pierre Bédier, a salué la décision de Stellantis, estimant qu’elle « préserve la vocation industrielle du site en le transformant pour l’amener à peser davantage demain » (Le Parisien).

Un site historique en mutation

L’usine de Poissy, qui a employé jusqu’à 27 000 personnes dans les années 1970, a vu ses effectifs chuter à environ 2 000 aujourd’hui, illustrant une baisse de 93 % en un demi-siècle (Le Parisien). Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de désindustrialisation du secteur automobile français, dont la production est passée de 3,6 millions de véhicules en 2004 à environ 1,2 million en 2026, selon un tweet de l’économiste Charles Lechevalier.

En novembre 2025, le directeur du site, Éric Haan, avait pourtant assuré que l’usine ne fermerait pas, contrastant avec l’annonce de 2026 (Actu.fr). La reconversion du site en pôle multi-activités, sans licenciements directs, reste donc la seule perspective offerte aux salariés.

Et maintenant ?

Les syndicats prévoient de nouvelles actions en juin 2026 pour obtenir des garanties sur l’emploi et le devenir des sous-traitants. La direction de Stellantis n’a pas précisé à ce stade les modalités exactes de la reconversion du site.

Sources

Philippe Dubois

Philippe Dubois

Basé à Versailles, traite le château, les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express et les débats sur l'urbanisme. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans les Yvelines. Posture éditoriale : interroger les conservateurs, les élus, les promoteurs, vérifier les budgets du château avant de publier.

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