Guyane : opération coup de poing héliportée contre l’orpaillage clandestin sur le Maroni
Le CRAJ du 9e RIMa et l'antenne du GIGN de Cayenne ont mené une action héliportée d'ampleur, détruisant du matériel d'exploitation aurifère illégale près de Grand-Santi.
Une vingtaine de commandos du 9e RIMa ont été déployés par aérocordage depuis un hélicoptère Caracal pour neutraliser des chantiers clandestins. Moteurs, motopompes et un terminal Starlink ont été détruits. Les forces ont essuyé des jets de pierres sans faire de blessés.
L’essentiel
- Fait 1 : Une vingtaine de commandos du CRAJ du 9e RIMa et du GIGN ont été déployés par aérocordage en corde lisse depuis un hélicoptère Caracal.
- Fait 2 : L’opération a ciblé les secteurs des criques Sparouine et Awa, aux abords de Grand-Santi.
- Fait 3 : Des moteurs, motopompes, tables de levée et un terminal Starlink ont été détruits sur place.
- Fait 4 : Les forces ont fait face à l’hostilité d’une centaine de travailleurs clandestins (jets de pierres, menaces) sans faire de blessés.
L’opération héliportée
Dans le cadre de l’opération interministérielle Harpie, le Commando de recherche et d’action en jungle (CRAJ) du 9e RIMa et l’antenne du GIGN de Cayenne ont mené une action coup de poing contre l’orpaillage illégal le long du fleuve Maroni. L’opération s’est déroulée aux abords de Grand-Santi, une commune de l’ouest guyanais.
Les militaires ont été insérés par aérocordage en corde lisse à environ dix mètres de hauteur depuis un hélicoptère de manœuvre Caracal, décollant de la base aérienne 367. Le détachement a d’abord ciblé les sites clandestins du secteur de la crique Sparouine, avant une réorganisation tactique à Grand-Santi et une poursuite des actions sur les chantiers de la crique Awa.
L’opération a bénéficié du soutien aérien d’un hélicoptère B2 et d’un appareil de la section aérienne de la gendarmerie.
Un matériel d’exploitation détruit
Les forces engagées ont neutralisé plusieurs chantiers clandestins et détruit du matériel logistique d’exploitation aurifère. Selon le ministère des Armées, les destructions ont porté sur des moteurs, des motopompes, des tables de levée et un terminal internet par satellite Starlink.
Ces équipements sont essentiels au fonctionnement des sites illégaux. Le terminal Starlink, en particulier, permettait aux orpailleurs de communiquer et d’organiser leur approvisionnement depuis des zones reculées.
Hostilité des travailleurs clandestins
Sur place, les militaires et gendarmes ont fait face à l’hostilité d’environ une centaine de travailleurs clandestins, qui ont jeté des pierres et proféré des menaces. Les forces de l’ordre ont réussi à sécuriser la zone sans faire de blessés, ni dans leurs rangs ni parmi les orpailleurs, selon le communiqué officiel.
Contexte dans la Guyane
L’opération Harpie est menée de manière permanente en Guyane depuis mars 2008 sous l’autorité du préfet. Elle mobilise des moyens de l’armée de Terre, de la gendarmerie nationale et de la police. Le département de la Guyane (973) est confronté à une orpaillage clandestin endémique, notamment le long du fleuve Maroni, frontière avec le Suriname.
En mai dernier, un barrage flottant a été installé à Camopi pour bloquer le transport de matériel sur les cours d’eau. Par ailleurs, une bande liée à onze cambriolages a été démantelée par la gendarmerie en début d’année, illustrant l’activité soutenue des forces de l’ordre dans le territoire.
Les opérations de lutte contre l’orpaillage illégal se poursuivent. Le préfet de Guyane n’a pas encore communiqué sur les suites de cette action spécifique.