Lyon : le bar Le Court-Circuit fermé 7 jours par la préfecture pour trafic de drogue
La préfecture du Rhône a ordonné la fermeture du bar lyonnais dès le 24 avril, invoquant nuisances sonores et deal en terrasse. Les gérants contestent en justice.
La préfecture du Rhône a ordonné la fermeture administrative du bar Le Court-Circuit, 13 rue Jangot à Lyon 7e, pour une durée de sept jours à compter du 24 avril 2026. L'arrêté du 9 avril vise des nuisances sonores répétées et un trafic de stupéfiants constaté en terrasse. Les gérants prévoient de contester la décision devant le tribunal.
La préfecture du Rhône a ordonné la fermeture administrative du bar Le Court-Circuit, 13 rue Jangot à Lyon 7e, pour une durée de sept jours à compter du 24 avril 2026. L’arrêté du 9 avril vise des nuisances sonores répétées et un trafic de stupéfiants constaté en terrasse. Les gérants prévoient de contester la décision devant le tribunal.
L’essentiel
- Fermeture : arrêté préfectoral du 9 avril 2026, effectif dès le 24 avril, pour 7 jours
- Motifs : tapage nocturne constaté le 13 septembre 2025 à 23h30, vente à la sauvette et deal en terrasse relevés le 22 décembre 2025
- Précédent : avertissement formel de la préfecture reçu dès le 13 juin 2025 pour nuisances sonores
- Contexte local : homicides liés au narcotrafic en hausse de 32 % dans le Rhône en 2025, trafics de stupéfiants triplés à Lyon entre 2021 et 2025
- Recours : les gérants contestent l’arrêté en justice, une audience est attendue
Un arrêté après plusieurs incidents documentés
La décision ne sort pas de nulle part. Selon Le Progrès, la préfecture avait adressé un premier avertissement formel à l’établissement le 13 juin 2025 pour des nuisances sonores récurrentes. Le 13 septembre 2025, à 23h30, la police nationale a constaté un tapage nocturne d’origine musicale en terrasse, audible depuis la voie publique, rapporte Actu.fr.
L’incident le plus grave date du 22 décembre 2025. Des fonctionnaires de police ont alors observé la vente à la sauvette de cigarettes devant la terrasse et le passage de vendeurs de stupéfiants entre les chaises des clients, selon Lyon Mag et Le Progrès. C’est l’accumulation de ces constats qui a conduit à l’arrêté du 9 avril 2026.
Place Mazagran, un lieu sous surveillance
Le Court-Circuit a ouvert en novembre 2010 dans le quartier populaire de la Guillotière, sous forme de projet coopératif à vocation festive et alternative. L’établissement est situé place Mazagran, un espace public que la préfecture et la police surveillent de près dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic local.
La fermeture s’inscrit dans une série de mesures administratives similaires dans le secteur. En octobre 2025, la préfecture du Rhône avait déjà fermé quatre établissements lyonnais en application de la nouvelle loi anti-narcotrafic, dont le restaurant El Morjane - également situé dans la Guillotière - pour trois mois, en raison de son utilisation comme refuge par des dealers, selon Le Progrès et Le Figaro. Ce recours croissant aux fermetures administratives s’inscrit dans une dynamique plus large, que décrit par exemple l’enquête sur le narcotrafic dans les ports français.
Les gérants jugent la mesure injuste et saisissent le tribunal
Du côté de l’établissement, la fermeture est vécue comme une sanction disproportionnée. Les gérants estiment que le bar paie pour un problème de fond qui dépasse largement ses murs - le deal endémique de la place Mazagran - et prévoient de contester l’arrêté en justice, selon Actu.fr et Lyon Capitale. Une audience est attendue, dont la date n’a pas été précisée dans les sources disponibles.
Des militants ont exprimé leur opposition à la mesure sur les réseaux sociaux.
Cette lecture - la fermeture comme aveu d’échec de la politique répressive - est contestée par les autorités. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a déclaré que la lutte contre le trafic dans des zones comme la Guillotière est « une lutte de longue haleine avec des victoires et des revers », selon Actu.fr.
Contexte dans le Rhône
La pression sur les établissements du quartier intervient dans un contexte local dégradé. Selon Le Progrès, les homicides liés au narcotrafic ont augmenté de 32 % dans le Rhône en 2025 par rapport à 2024, avec seulement 10 cas élucidés sur 33 au total. Par ailleurs, les trafics de stupéfiants à Lyon ont triplé entre 2021 et 2025, tandis que les usages simples ont progressé de 74 %, d’après Lyon Capitale.
La Guillotière concentre une part significative de cette activité. Les fermetures administratives d’établissements - un outil renforcé par la loi anti-narcotrafic entrée en vigueur en 2025 - sont désormais l’un des leviers régulièrement actionnés par la préfecture du Rhône pour tenter d’assécher les points de deal. Cette stratégie de fermetures administratives interroge au-delà du seul Rhône : la gestion du territoire lyonnais est aussi un enjeu politique local sensible.
La suite dépend du tribunal
La fermeture de sept jours s’achève au plus tard le 1er mai 2026. L’issue judiciaire du recours des gérants déterminera si l’établissement peut rouvrir sans condition supplémentaire ou s’il devra faire face à des mesures prolongées. La préfecture du Rhône n’a pas communiqué publiquement sur une éventuelle extension de la mesure à ce stade.
Sources
- Le Progrès : À la Guillotière, le resto-bar Le Court-Circuit sommé de fermer ses portes pendant sept jours
- Actu.fr : Lyon. L'activité de ce bar-restaurant énerve des habitants : la préfecture le ferme d'urgence
- Lyon Mag : Lyon 7e : fermé 7 jours par la préfecture pour nuisances et trafic, ce bar pourrait payer un problème bien plus large
- Lyon Capitale : Lyon : un bar-restaurant du 7e arrondissement fermé pour troubles à l'ordre public