Mamoudzou : le Collectif 2018 et Femmes Leaders bloquent la préfecture face aux revendications comoriennes
Le 10 juin, deux collectifs mahorais ont barré l'accès à la préfecture de Mamoudzou pour protester contre les déclarations du ministre comorien des Affaires étrangères sur le statut de Mayotte.
Le Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et l'association Femmes Leaders ont organisé mercredi 10 juin 2026 une action de blocage devant la préfecture de Mamoudzou. Motif les déclarations du ministre comorien des Affaires étrangères affirmant que « Mayotte est comorienne ».
L’essentiel
- 10 juin 2026 : blocage de la préfecture de Mamoudzou par le Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et l’association Femmes Leaders.
- Déclencheur : déclarations du ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Mbae lors du 40e Conseil des ministres de la COI, affirmant que « Mayotte est comorienne ».
- Réponse officielle française : la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a déclaré que « Mayotte est française » et demandé aux Comores de cesser de contester le choix des Mahorais.
Grilles de la préfecture bloquées
Ce mercredi matin, des membres du Collectif des citoyens de Mayotte 2018 et de l’association Femmes Leaders se sont installés devant les grilles de la préfecture de Mayotte, à Mamoudzou. L’accès au bâtiment a été bloqué. L’action, documentée par Mayotte la 1ère (France Télévisions), a réuni des manifestants tenant des pancartes devant l’entrée principale.
Aucun incident n’a été signalé par les sources disponibles à ce stade. La durée exacte du blocage n’a pas été précisée.
Ce qui a mis le feu aux poudres
Le déclencheur : le 40e Conseil des ministres de la Commission de l’Océan Indien (COI), tenu récemment. À cette occasion, le ministre comorien des Affaires étrangères Mohamed Mbae a affirmé que « Mayotte est comorienne » et déclaré qu’il ne saurait être question d’une intégration de l’île à la COI, selon le média comorien Alwatwan.
Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate côté mahorais. Pour le Collectif 2018 et Femmes Leaders, laisser de tels propos sans réponse visible sur le territoire était hors de question. Le blocage de la préfecture - représentation de l’État français - constitue un signal politique adressé autant à Paris qu’à Moroni.
La question du statut de Mayotte fait l’objet de tensions récurrentes sur l’île, dans un contexte social déjà sous pression.
La réponse de Paris
La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a répondu publiquement, selon Mayotte la 1ère. Sa formule est directe : « Mayotte est française. » Elle a demandé aux autorités comoriennes de « cesser de contester le choix démocratique des Mahorais ».
Cette prise de position intervient dans un contexte où les relations franco-comoriennes restent tendues sur la question migratoire et la souveraineté de l’île. Du côté comorien, la presse locale - dont La Gazette des Comores, récemment dans l’actualité pour d’autres motifs - n’a pas encore relayé de réaction officielle aux événements du 10 juin au moment de la publication de cet article.
Contexte dans le département de Mayotte
Mayotte est le 101e département français depuis 2011. La revendication comorienne sur l’île est ancienne : les Comores n’ont jamais reconnu le rattachement à la France, votée par référendum par les Mahorais en 1974 puis confirmé en 1976. Le sujet resurgit régulièrement dans les enceintes diplomatiques régionales, notamment à la COI.
Sur le terrain, Mayotte traverse une période de forte instabilité sociale. Des incidents graves ont eu lieu autour du baccalauréat à Kawéni début juin 2026, et les préoccupations liées à l’insécurité et à l’accès à l’eau mobilisent régulièrement la société civile. Dans ce contexte, les déclarations de Moroni sur le statut de l’île sont perçues comme particulièrement mal venues par une partie de la population.
Le Collectif des citoyens de Mayotte 2018 est une structure militante locale active depuis plusieurs années sur les questions d’identité, de sécurité et de souveraineté. L’association Femmes Leaders est impliquée dans la vie civique mahoraise, notamment sur les questions de représentation féminine. Les deux entités ont déjà mené des actions conjointes par le passé, sans que les sources disponibles ne permettent d’en préciser l’historique complet.
La suite à confirmer
Ni la préfecture de Mayotte ni les deux collectifs n’avaient communiqué de suites formelles à l’action au moment de la publication. Une réaction diplomatique française auprès des autorités comoriennes n’a pas été annoncée à ce stade.
Sources
- Mayotte la 1ère : Le Collectif 2018 et Femmes Leaders bloquent la préfecture
- Alwatwan : 40e Conseil des ministres de la COI : Mbae Mohamed appelle la France à respecter la souveraineté
- Mayotte la 1ère : « Mayotte est française » : Naïma Moutchou répond aux revendications comoriennes
- X / Mayotte la 1ère : Tweet Mayotte la 1ère – blocage préfecture 10 juin 2026

