Mamoudzou : un habitant interdit bancaire après une usurpation d’identité
Victime d'un vol de passeport en 2019, un Mahorais découvre qu'il est fiché à l'IEDOM après des crédits souscrits par un inconnu. Ses projets immobiliers sont bloqués.
Un habitant de Mamoudzou s'est vu refuser un prêt immobilier, inscrit au fichier des interdits bancaires de l'IEDOM. Son passeport, volé en 2019, a servi à un tiers pour contracter plusieurs crédits à la consommation jamais remboursés.
L’essentiel
- Fait 1 : Un habitant de Mamoudzou est fiché interdit bancaire à l’IEDOM après une usurpation d’identité.
- Fait 2 : Son passeport a été volé en 2019, puis utilisé pour souscrire plusieurs crédits à la consommation.
- Fait 3 : Sans régularisation administrative, l’interdiction pourrait durer jusqu’en 2027.
- Fait 4 : La victime doit fournir un dépôt de plainte pour prouver la fraude.
Un prêt immobilier refusé à cause d’un fichage inconnu
Un habitant de Mamoudzou, à Mayotte, a découvert qu’il était inscrit au fichier des interdits bancaires de l’IEDOM (Institut d’émission des départements d’outre-mer) lorsqu’il a sollicité un prêt immobilier auprès de sa banque. Celle-ci lui a opposé un refus, lui révélant son inscription à ce fichier. Selon les informations recueillies par info.fr, la cause de ce fichage remonte à sept ans.
Vol de passeport en 2019 et crédits fictifs
En 2019, le passeport du trentenaire lui avait été dérobé. Ce document a été utilisé par un inconnu pour contracter plusieurs crédits à la consommation auprès de différents organismes financiers. Les mensualités de ces emprunts n’ont jamais été réglées, ce qui a déclenché l’inscription automatique de la victime au fichier des incidents de paiement de l’IEDOM.
Cette affaire illustre les difficultés administratives auxquelles sont confrontés les habitants de Mayotte face aux fraudes documentaires. Dans un autre registre, l’association Anticor a récemment saisi la justice pour des soupçons de favoritisme à Chirongui, révélant des fragilités dans les procédures locales.
Conséquences concrètes pour la victime
L’interdiction bancaire paralyse tous les projets financiers de l’habitant de Mamoudzou. Il ne peut ni obtenir un nouveau crédit, ni ouvrir un compte supplémentaire. Selon la 1ère, sa situation pourrait théoriquement perdurer jusqu’en 2027 si la régularisation n’est pas effectuée. Pour prouver l’usurpation d’identité, la victime doit entamer de longues démarches auprès de l’IEDOM et fournir des justificatifs, notamment le récépissé de son dépôt de plainte.
Contexte dans le département de Mayotte
Mayotte, département français de l’océan Indien, est confronté à des cas récurrents d’usurpation d’identité et de fraudes documentaires. L’IEDOM, correspondant local de la Banque de France, tient le fichier central des interdits bancaires. Les procédures de régularisation sont souvent longues, ce qui pénalise des victimes déjà en situation de fragilité. Le préfet a récemment instauré des opérations de contrôle de zone hebdomadaires pour renforcer la sécurité et lutter contre ces dérives.
Prochaine étape : la victime espère que son dossier sera traité rapidement. Si les démarches aboutissent, elle pourrait voir son inscription levée d’ici 2027. En attendant, elle reste privée de tout accès au crédit.