MiCA : le grand tri des plateformes crypto est officiellement lancé en Europe

Le 1er juillet 2026, la période de transition du règlement européen MiCA a pris fin. Désormais, 80 % des prestataires non agréés sont exclus du marché unique, tandis que la France compte 83 plateformes conformes sur 117.

MiCA : le grand tri des plateformes crypto est officiellement lancé en Europe
Illustration Malik Sow / info.fr

Depuis le 1er juillet 2026, les plateformes crypto opérant dans l’Union européenne doivent posséder un agrément MiCA complet. Faute de quoi, elles exercent illégalement. Ce couperet a déjà provoqué un tri massif en France, seules 83 des 117 PSAN enregistrés ont survécu. Binance a dû suspendre ses services.

L’essentiel

  • Fin de transition : le 1er juillet 2026, la période transitoire du règlement européen MiCA s’est achevée.
  • 80 % exclus : plus de 80 % des 1 200 entités crypto enregistrées dans l’UE n’ont pas obtenu l’agrément à temps (source : Bitcoinsistemi).
  • 83 PSAN en France : seuls 83 prestataires de services sur actifs numériques sur 117 ont décroché la licence européenne (source : Journal du Coin).
  • Binance suspendue : le géant Binance n’a pas obtenu la licence MiCA en France et a dû interrompre ses activités le 1er juillet 2026 (source : Money Radar).

Ce que change la fin de la période transitoire

Le 1er juillet 2026 marque une date butoir pour l’écosystème crypto européen. Le règlement Markets in Crypto-Assets (MiCA), adopté en 2023, avait prévu une phase transitoire durant laquelle les prestataires nationaux pouvaient continuer à opérer sous leurs enregistrements locaux. Désormais, cette période de grâce est révolue. Toute plateforme qui propose des services sur crypto-actifs dans l’Union européenne sans disposer d’un agrément MiCA complet exerce de manière illégale, selon l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA).

L’objectif affiché est d’harmoniser les règles, protéger les investisseurs et limiter les risques de blanchiment. Concrètement, les plateformes doivent justifier de fonds propres suffisants, d’une gouvernance solide, de dispositifs de conservation des actifs et de procédures de lutte contre les abus de marché. Le non-respect expose à des sanctions pénales et administratives.

Un grand tri parmi les plateformes

Les chiffres publiés par le site spécialisé Bitcoinsistemi donnent la mesure du phénomène : sur environ 1 200 entités enregistrées au niveau national dans l’UE avant MiCA, seules 194 avaient obtenu la licence complète au premier semestre 2026. Cela signifie que plus de 80 % des acteurs historiques sont aujourd’hui exclus du marché unique.

En France, le constat est similaire. Selon le Journal du Coin, 83 prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) sur les 117 enregistrés auprès de l’AMF ont réussi à franchir le cap de l’agrément européen. Les 34 restants, soit environ 29 %, ont dû cesser leurs activités ou se retirer du marché français. Parmi les grands noms, Binance - qui opérait sous enregistrement PSAN depuis 2022 - n’a pas obtenu la licence MiCA à temps. La plateforme a annoncé la suspension de ses services en France le 1er juillet 2026, confirmée par Money Radar. À l’inverse, des acteurs comme Coinbase et Kraken font partie des élus, comme l’a rapporté Clubic.

Des sanctions lourdes pour les contrevenants

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a rappelé le cadre répressif applicable aux prestataires non agréés qui continueraient à proposer leurs services en France. Les contrevenants s’exposent à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. L’AMF dispose également du pouvoir de publier des listes noires de sites non autorisés et de demander au juge le blocage de l’accès à ces plateformes. Ces mesures visent à dissuader les offres illicites et à protéger les épargnants français.

Contexte européen et position de la France

La France fait figure de précurseur en matière de régulation crypto. Dès 2019, la loi Pacte avait introduit le régime optionnel des PSAN, qui a servi de socle pour la transposition de MiCA. Avec 83 plateformes agréées, le pays se classe parmi les premiers États membres en nombre de prestataires conformes, derrière des places comme le Luxembourg ou l’Allemagne. La Banque Delubac & Cie est devenue, dès octobre 2025, le premier établissement bancaire français à recevoir la notification réglementaire MiCA, marquant une étape dans l’entrée des banques traditionnelles dans le secteur. Ce maillage réglementaire renforce l’attractivité de la place de Paris, même si la concurrence avec d’autres hubs européens reste vive.

Les plateformes s’adaptent

Face à ce nouveau paysage, plusieurs acteurs rivalisent d’initiatives pour attirer les utilisateurs des plateformes non conformes. Crypto.com a ainsi lancé un bonus de dépôt pour inciter les clients français à migrer vers son entité agréée. D’autres, comme Coinbase et Kraken, misent sur leur antériorité réglementaire pour rassurer les investisseurs. Le marché français voit ainsi émerger une offre recentrée sur des acteurs solides, tandis que les petits prestataires peinent à supporter le coût de la mise en conformité.

Prochaine étape : la mise en œuvre effective des contrôles par les autorités nationales, qui devront surveiller les éventuels contournements. À plus long terme, la Commission européenne planche sur des extensions de MiCA aux activités de finance décentralisée (DeFi) et aux jetons non fongibles (NFT), qui pourraient connaître des évolutions similaires.

Malik
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Sources

  • ESMA : Rapport MiCA - ESMA
  • Bitcoinsistemi : Données sur les agréments - Bitcoinsistemi
  • Journal du Coin : PSAN français - Journal du Coin
  • Money Radar : Suspension Binance - Money Radar
Malik Sow

Malik Sow

Malik est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisé dans la blockchain, la DeFi et le Web3.

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