À Mont-de-Marsan, une boulangerie en prison forme huit détenus pour leur réinsertion
Inauguré le 30 avril 2026, l'atelier produit 900 baguettes par jour et prépare les détenus à un emploi après leur libération
Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a inauguré officiellement sa boulangerie le 30 avril 2026, quatre mois après sa mise en service. Huit détenus y travaillent chaque semaine, formés au métier et accompagnés vers l'emploi extérieur.
Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan a inauguré officiellement sa boulangerie le 30 avril 2026, quatre mois après sa mise en service en décembre 2025. Huit détenus y travaillent chaque semaine, formés au métier de boulanger et accompagnés vers l’emploi extérieur. Un projet ancré dans une structure d’insertion par l’activité économique (SIAE).
L’essentiel
- Inauguration : 30 avril 2026, mise en service effective en décembre 2025.
- 8 détenus participent quotidiennement, 25 heures par semaine, rémunérés 5,41 €/heure (45 % du SMIC brut).
- 900 à 950 baguettes produites chaque jour du lundi au vendredi pour les besoins internes de la prison.
- Deuxième atelier boulangerie dans les 20 établissements pénitentiaires de Nouvelle-Aquitaine, selon ICI Gascogne.
- CQP boulangerie accessible aux participants pour faciliter leur emploi à la sortie.
Quatre mois de fonctionnement avant l’inauguration officielle
L’atelier a démarré en décembre 2025, dans le cadre d’un marché de gestion déléguée lancé en 2021 pour les services pénitentiaires, selon ICI Gascogne. L’inauguration formelle s’est tenue le 30 avril 2026. Entre les deux dates, la production a tourné à plein régime : 900 à 950 baguettes par jour, du lundi au vendredi, pour alimenter la prison. Des viennoiseries sont également fabriquées.
ICI Gascogne a relayé l’événement sur X :
Vingt-cinq heures par semaine, un certificat à la clé
Les huit détenus sélectionnés travaillent 25 heures hebdomadaires. Leur rémunération s’établit à 5,41 euros de l’heure, soit 45 % du SMIC brut - taux fixé par la réforme du travail pénitentiaire du 1er mai 2022, selon ICI Gascogne.
La formation ne s’arrête pas au fournil. Le projet, monté en SIAE, inclut un accompagnement socio-professionnel : préparation de CV, lettres de motivation, et accès à un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) en boulangerie. Ce diplôme doit permettre aux détenus de se présenter à des employeurs dès leur sortie, selon Sud Ouest et ICI Gascogne.
Pour mémoire, le secteur de la boulangerie artisanale peine à trouver des repreneurs dans plusieurs villes françaises, ce qui renforce l’intérêt concret d’une telle formation.
« La symbolique du pain », selon la directrice
Aurélie Roudier-Pascale, directrice du centre pénitentiaire, a mis en avant l’impact humain du projet. Elle déclare, citée par ICI Gascogne : «Enfin l’incarcération s’efface au profit du lien que cela crée. Et puis il y a toute la symbolique du pain, de la notion de partage qu’il représente. Et je crois que c’est le plus beau symbole que l’on peut avoir.»
Elle souligne également que ce type de travail valorisant réduit la violence au sein de l’établissement en offrant des perspectives concrètes aux détenus.
Contexte dans les Landes
Mont-de-Marsan est la préfecture des Landes (40), département de 430 000 habitants dont le chef-lieu concentre les principales infrastructures administratives et judiciaires. Le centre pénitentiaire fait partie des établissements où la réinsertion est encadrée par des marchés de gestion déléguée, un dispositif national étendu en 2021.
À l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, cet atelier est seulement le deuxième du genre sur 20 établissements pénitentiaires, selon ICI Gascogne. Le premier n’a pas été localisé précisément dans les sources disponibles. La région, qui couvre 12 départements, reste donc largement en dehors de ce type d’initiative.
Le secteur de la boulangerie-pâtisserie affiche des besoins en main-d’œuvre importants dans les Landes, portés notamment par le tourisme estival sur le littoral. Un CQP obtenu en détention ouvre des portes concrètes dans ce tissu économique local.
Un modèle né en 2021
Le projet remonte au lancement du marché de gestion déléguée en 2021, qui intégrait un volet réinsertion professionnelle, selon ICI Gascogne. La mise en place de l’atelier a pris plusieurs années avant d’aboutir à la mise en service de décembre 2025. Les raisons de ce délai n’ont pas été précisées dans les sources disponibles.
Ce type de dispositif s’inscrit dans une logique nationale de lutte contre la récidive par l’emploi. La fragilité financière de certaines structures d’insertion rappelle les enjeux de pérennisation de ces projets sur le long terme.
L’administration pénitentiaire n’a pas communiqué d’objectifs chiffrés en matière de taux de retour à l’emploi à ce stade. La montée en charge de l’atelier - actuellement limité à huit postes - pourrait évoluer selon les résultats des premières promotions.