Montpellier : les avocats en grève pour une journée « justice morte » contre la réforme pénale
Ce lundi 29 juin, le barreau de Montpellier bloque les audiences pénales pour protester contre le projet de loi SURE porté par le garde des Sceaux.
Les avocats montpelliérains observent une journée « justice morte » ce lundi 29 juin 2026. Un rassemblement est prévu à midi devant le tribunal judiciaire pour dénoncer la réforme de la procédure pénale criminelle, malgré le retrait du plaider-coupable.
L’essentiel
- Fait 1 : Journée « justice morte » ce lundi 29 juin 2026 à Montpellier, avec renvoi systématique des audiences pénales.
- Fait 2 : Rassemblement à 12h devant le tribunal judiciaire organisé par le barreau de Montpellier.
- Fait 3 : La contestation porte sur le projet de loi SURE, malgré le retrait de la mesure du plaider-coupable criminel le 10 juin.
- Fait 4 : Le texte doit être débattu à l’Assemblée nationale à partir du 30 juin 2026.
Ce qui se passe ce lundi
Les avocats du barreau de Montpellier sont en grève ce lundi 29 juin 2026. Ils ont appelé à une journée « justice morte » : toutes les audiences pénales programmées sont renvoyées systématiquement, et un rassemblement est organisé à 12h devant le tribunal judiciaire.
Le mouvement est porté par l’Ordre des avocats. Sur X, le barreau a annoncé : « Les avocats du barreau de Montpellier rassemblés ce jour pour manifester leur opposition à la réforme de la procédure pénale criminelle ».
L’activité pénale du tribunal est quasiment paralysée pour 24 heures, selon les informations recueillies auprès de l’Ordre.
Les raisons de la colère
La mobilisation vise le projet de loi « SURE » sur la justice criminelle, porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Bien que le gouvernement ait retiré le 10 juin 2026 la mesure controversée du « plaider-coupable » criminel, les avocats dénoncent d’autres dispositions maintenues.
Parmi elles, la réforme du régime des nullités de procédure. « Cela limiterait la contestation des vices de forme, ce qui affaiblit les droits de la défense », explique une source au sein du barreau. Les professionnels pointent également une réduction du champ d’action des cours d’assises.
Pierre Lafont, bâtonnier de Montpellier, a contesté le texte dans les colonnes de l’Écho des Tribunes : « Le projet réduit la place du débat contradictoire et de l’oralité, piliers de notre justice criminelle. »
Contexte dans l’Hérault
Le barreau de Montpellier est l’un des plus importants de la région Occitanie, avec près de 1 200 avocats inscrits. Il dessert un ressort judiciaire couvrant le tribunal judiciaire de Montpellier et plusieurs juridictions de proximité. La mobilisation de ce lundi s’inscrit dans un mouvement national qui touche également les barreaux de Paris, Nîmes ou encore Marseille.
Dans l’Hérault, la justice est confrontée à des délais d’audiencement longs et à un manque de moyens récurrent. Les avocats locaux estiment que la réforme SURE aggraverait la situation. Le retrait du plaider-coupable n’a pas suffi à apaiser les tensions.
Un mouvement national avant le débat parlementaire
Cette journée « justice morte » intervient à la veille de l’examen du texte en séance publique à l’Assemblée nationale, prévu le mardi 30 juin 2026. Les avocats espèrent faire pression sur les députés pour obtenir des modifications substantielles.
D’autres mobilisations ont eu lieu ces dernières semaines. À Paris, 4 000 manifestants se sont rassemblés contre la loi sur la fin de vie, illustrant une contestation sociale plus large dans le pays. Dans l’Ardèche, un appel à projets pour la prévention des violences chez les jeunes a été lancé, montrant l’attention portée aux questions judiciaires et sociétales.
Prochaine étape
Le projet de loi SURE sera discuté à partir de ce mardi 30 juin à l’Assemblée nationale. Le barreau de Montpellier indique qu’il suivra les débats et n’exclut pas de nouvelles actions si les amendements défendus par la profession ne sont pas retenus.