Néris-les-Bains : le tribunal annule l’élection municipale de mars 2026
La victoire d'Annie Petitpez au premier tour invalidée par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand pour motifs de droit électoral
Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé le 4 juin 2026 l'élection municipale de Néris-les-Bains. La liste d'Annie Petitpez avait remporté le premier tour du 15 mars avec 51,28 % des suffrages. Les parties disposent d'un mois pour faire appel devant le Conseil d'État.
L’essentiel
- Annulation : le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a invalidé l’élection municipale de Néris-les-Bains le 4 juin 2026
- Résultat annulé : la liste d’Annie Petitpez (NERIS : DYNAMISME ET AVENIR) avait obtenu 51,28 % au premier tour du 15 mars 2026, remportant 15 sièges
- Recours : formé le 20 mars 2026 par Patrice Daffy, tête de liste de « Néris-les-Bains, une alternative pour demain »
- Motifs : méconnaissance de l’article LO 247-1 du code électoral et de l’article L. 262 sur la représentation des listes
- Appel : les parties ont un mois pour saisir le Conseil d’État
La décision du 4 juin
Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rendu sa décision jeudi 4 juin 2026 : l’élection municipale de Néris-les-Bains (Allier) est annulée. La liste menée par Annie Petitpez, qui avait remporté le scrutin dès le premier tour le 15 mars dernier avec 51,28 % des suffrages et 15 sièges, perd son mandat. La commune, station thermale d’environ 2 400 habitants dans l’Allier, va devoir organiser un nouveau scrutin.
Les motifs juridiques retenus
Selon La Montagne, le tribunal a retenu deux séries de griefs distincts.
Le premier porte sur la méconnaissance de l’article LO 247-1 du code électoral, qui impose que la nationalité des candidats soit mentionnée sur certaines listes. Cette obligation s’applique aux ressortissants de l’Union européenne non français, autorisés à voter et à se présenter aux élections municipales. Une omission sur ce point constitue une irrégularité susceptible d’entraîner l’annulation.
Le second motif concerne l’article L. 262 du code électoral, relatif à la représentation des listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. Ces dispositions encadrent la répartition des sièges au conseil municipal ; leur méconnaissance remet en cause la régularité de l’attribution des mandats.
Les deux motifs cumulés ont conduit le tribunal à prononcer l’annulation totale du scrutin, et non une simple correction du résultat.
Un recours déposé cinq jours après le vote
C’est Patrice Daffy, tête de liste de « Néris-les-Bains, une alternative pour demain », qui avait formé la protestation électorale le 20 mars 2026, soit cinq jours après le premier tour, selon La Montagne. Ce délai est conforme aux règles du contentieux électoral, qui autorisent tout candidat ou électeur à contester un scrutin dans les dix jours suivant la proclamation des résultats.
La commune de Néris-les-Bains avait ainsi connu une campagne à plusieurs listes, dont celle de Daffy en position de principale opposition à Petitpez. Le résultat du premier tour - une majorité absolue d’emblée - n’avait pas éteint les tensions.
Contexte dans l’Allier
Néris-les-Bains est une commune de l’arrondissement de Montluçon, connue pour son établissement thermal et classée parmi les plus petites villes dotées d’un conseil municipal de quinze membres. L’annulation d’une élection municipale reste un événement rare à cette échelle, mais les contentieux électoraux liés aux obligations de mention de nationalité se sont multipliés lors des municipales de 2026, après des rappels à l’ordre du Conseil constitutionnel sur l’application de l’article LO 247-1. Dans l’Allier, la vie politique locale de l’arrondissement de Montluçon fait régulièrement l’objet d’une attention judiciaire ; d’autres affaires ont également mobilisé les juridictions du département ces derniers mois.
Le résultat annulé plaçait Annie Petitpez à la tête d’une majorité absolue au premier tour, situation relativement rare dans une commune de cette taille et qui avait été commentée lors de la soirée électorale de mars.
La suite : appel ou nouveau scrutin
Les parties - la liste Petitpez comme la liste Daffy, ou toute autre partie à l’instance - disposent d’un mois à compter du 4 juin pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, seule juridiction compétente en matière de contentieux électoral municipal en appel. Si aucun appel n’est formé, ou si le Conseil d’État confirme l’annulation, la préfecture de l’Allier devra organiser de nouvelles élections municipales à Néris-les-Bains. Le calendrier et les modalités de ce nouveau scrutin n’ont pas encore été précisés par les autorités préfectorales à ce stade.