Nevers : une usine agroalimentaire ouvre et crée 50 emplois

La nouvelle unité de transformation, inaugurée le 2 avril, s'appuie sur des partenariats agricoles locaux dans un département fragilisé.

Nevers : une usine agroalimentaire ouvre et crée 50 emplois
Illustration Arnaud Chevalier / info.fr

Une usine de transformation agroalimentaire a ouvert ses portes à Nevers le 2 avril 2026. Elle promet 50 créations d'emplois directs. Un signal positif pour la Nièvre, qui a perdu près de 1 000 postes industriels en neuf ans.

Le département compte ses pertes depuis des années. Selon Le Journal du Centre, la Nièvre n’affichait plus que 7 720 emplois industriels en 2024, contre un millier de plus une décennie auparavant. L’ouverture de cette nouvelle unité de transformation à Nevers ne referme pas la plaie, mais elle change le ton.

Un ancrage dans la filière locale

Le projet repose sur des partenariats avec des producteurs agricoles nivernais. Cette logique de circuit court s’inscrit dans un mouvement plus large porté par le Conseil départemental de la Nièvre, qui soutient depuis plusieurs années le Projet Alimentaire Territorial. L’objectif : favoriser la transformation et la valorisation des produits locaux, comme l’indique le site du département.

En 2022, la SCIC des Viandes du Nivernais avait déjà tracé cette voie, en visant le développement de la transformation de viandes locales pour soutenir l’emploi rural. La nouvelle usine s’inscrit dans cette continuité, même si son nom et ses actionnaires n’ont pas été précisés à ce stade.

Un contexte régional favorable

Publicité

La Région Bourgogne-Franche-Comté consacre 21 millions d’euros à l’agriculture, la viticulture et l’agroalimentaire dans son budget 2026, selon le document budgétaire régional. Le secteur agroalimentaire emploie déjà 25 688 actifs en région, soit 2 % des actifs, une proportion supérieure à la moyenne nationale.

Localement, les acteurs en place restent solides. D’après Le Journal du Centre, Limagrain dépasse les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et figure en tête des dix premières entreprises agroalimentaires nivernaises. La nouvelle venue devra s’insérer dans un tissu déjà structuré.

Par ailleurs, le projet Rungis rural - une plateforme d’approvisionnement local destinée à la restauration collective - passe à la vitesse supérieure en 2026, selon Zepros Resto. Un débouché potentiel pour les produits transformés sur place.

50 emplois, mais des recrutements sous tension

Cinquante postes, c’est concret. Mais le secteur agroalimentaire régional peine déjà à recruter : 60,7 % des recrutements prévus y sont jugés difficiles, selon les données du CPRDFOP 2023-2028. Trouver les profils adaptés à Nevers pourrait prendre du temps.

La désindustrialisation reste, elle, bien présente à l’échelle nationale.

Dans ce contexte, 50 emplois créés ne compensent pas les destructions passées. Mais pour Nevers, le signal compte.

Sources

Arnaud Chevalier

Arnaud Chevalier

Correspondant à Nevers, suit la désindustrialisation, l'agriculture, les tensions sur les services publics et le tourisme fluvial. Formé en PQR bourguignonne, il connaît la Nièvre par cœur. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie