Pacte migration : la France improvise par circulaire à la dernière minute
Faute de loi d'adaptation votée par le Parlement, le gouvernement publie le 11 juin une circulaire et trente fiches techniques pour gérer l'entrée en vigueur du Pacte européen le lendemain.
Le Pacte européen sur la migration et l'asile s'applique en France le 12 juin 2026. Sans loi d'adaptation, le gouvernement comble par décrets et circulaire de dernière minute.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Loi non votée, décrets en urgence
Faute de loi d'adaptation adoptée à temps par le Parlement, le gouvernement publie six décrets le 7 juin, quatre textes le 10 juin et une circulaire le 11 juin pour adapter en catastrophe environ 40 % du CESEDA.
L'alerte du Conseil d'État
Dans son avis du 7 mai 2026, le Conseil d'État avertit que la circulaire ne peut pas combler les lacunes du législateur, notamment sur le délai de recours en rétention (article 68 du règlement 2024/1348) et la procédure d'asile à la frontière.
Insécurité juridique et contentieux
La coexistence des règlements européens d'effet direct (notamment 2024/1348 et 2024/1351) et des dispositions du CESEDA non révisées va générer un contentieux important devant la CNDA et les juridictions administratives, sur fond de question encore ouverte : un règlement peut-il à lui seul fonder un recours national ?
Parlement contourné, société civile écartée
Le choix des ordonnances évite le débat à l'Assemblée nationale, qui n'a pas voté le texte avant l'échéance. Les associations dénoncent une absence de consultation pendant la rédaction du plan national de mise en œuvre.
615 places requises, 300 disponibles
Le Pacte impose 615 places d'hébergement à la France pour les procédures frontière. La capacité disponible en décembre 2024 n'était que de 300 places, dont 157 à Roissy. Sept jours de filtrage et douze semaines de procédure vont s'appliquer dans des sites structurellement sous-dimensionnés.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Pacte européen sur la migration et l'asile entre en vigueur le 12 juin 2026 dans tous les États membres.
- La France n'a pas voté de loi d'adaptation le gouvernement publie une circulaire et trente fiches techniques le 11 juin.
- Le Conseil d'État avait averti dès le 7 mai que la circulaire ne pouvait pas combler les lacunes du législateur sur le recours en rétention et l'asile à la frontière.
- Environ 40 % du CESEDA est affecté par l'adaptation au Pacte selon le ministère de l'Intérieur.
- La France ne dispose que de 300 places d'hébergement pour les 615 requises par le Pacte à l'entrée en vigueur.
Le 12 juin 2026 [1], le Pacte européen sur la migration et l’asile commence à s’appliquer dans tous les États membres de l’Union européenne [2]. À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen [3] défend « une approche efficace, juste et ferme » et promet « des frontières extérieures plus sûres, une solidarité entre les États membres et des procédures d’asile et de retour » [4] mieux articulées. À Paris, l’entrée en vigueur se joue sur un autre registre: la veille, le 11 juin 2026 [5], le ministère de l’Intérieur [6] a publié la circulaire NOR: INTV2615721C [7], accompagnée d’une trentaine de fiches thématiques [8] destinées aux préfectures [9], aux juridictions [10], aux forces de sécurité intérieure [11], à l’OFPRA [12] et à l’OFII [13]. Ces fiches ont une fonction inhabituelle: indiquer « quels articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ne doivent plus être appliqués » [14].
La chronologie raconte une course contre la montre. Le 7 juin 2026, six décrets sont publiés au Journal officiel pour adapter le CESEDA [15]. Le 10 juin 2026, quatre nouveaux textes complètent l’édifice [16]. Le 11 juin, la circulaire. Le 12 juin, l’entrée en vigueur. Soit deux ans accordés par Bruxelles [17], et quatre jours utiles pour boucler.
Un Parlement contourné
Adopté par le Parlement européen le 10 avril 2024 [20] puis par le Conseil de l’Union européenne le 14 mai 2024 [21], le Pacte est composé de neuf règlements d’applicabilité directe et d’une directive [22]. Parmi eux, le règlement (UE) 2024/1348 instituant une procédure commune en matière de protection internationale [23] et le règlement (UE) 2024/1351 relatif à la gestion de l’asile et de la migration [24], qui abroge le règlement dit Dublin III, constituent l’ossature du nouveau dispositif. Les États membres ont disposé de deux années pour adapter leurs systèmes [17]. Le délai n’a pas été tenu. « Le droit des étrangers n’a pas été mis en conformité dans le délai imparti de deux ans » [25], constate La Croix.
Le 8 avril 2026 [26], le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez [27] présente en Conseil des ministres un projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances [28]. L’article 38 de la Constitution autorise cette procédure, qui permet au gouvernement d’agir par voie réglementaire dans le champ de la loi, sous contrôle ultérieur du Parlement par ratification. Le 20 mai 2026, le Sénat l’adopte en procédure accélérée [29]. Mais à la date du 12 juin, l’Assemblée nationale n’a pas voté le texte. Le gouvernement n’a pas adopté à temps une loi d’adaptation, « malgré la décision de procéder par ordonnances, évitant au passage un débat à l’Assemblée nationale » [30], écrit La Cimade [31].
Pourquoi l’Assemblée n’a-t-elle pas examiné le texte avant l’échéance? Aucune des sources consultées ne mentionne de prise de position publique de la commission des lois de l’Assemblée nationale ni du rapporteur désigné sur le calendrier d’inscription. Le silence est en soi un indice. L’alerte, pourtant, était ancienne. « Nous vous avions alertés lors de la préparation du budget 2026. Vous nous aviez alors annoncé le dépôt d’un projet de loi au début de l’année 2026 » [32], a rappelé devant le ministre la présidente de la commission des lois (LR) Muriel Jourda [33]. Six mois entre l’engagement et le dépôt effectif du projet, le 8 avril 2026 [26]: c’est dans ces six mois perdus, et non dans la dernière semaine, que se loge l’improvisation.
Le choix de la voie réglementaire est, lui, assumé. « En France, sa mise en œuvre se fait par décrets, sans débat parlementaire » [34], résume L’Humanité. Une supervision préfectorale a été déployée dès le 12 juin dans les Hauts-de-Seine pour accompagner l’application sur le terrain.
L’avertissement du Conseil d’État
Saisi le 23 avril 2026 d’une demande d’avis sur la préparation de l’entrée en vigueur [35], le Conseil d’État rend son avis le 7 mai 2026 [36]. Il identifie trois risques concrets: « difficultés pour les demandeurs de titres dans l’exercice de leurs droits, hétérogénéité des règles applicables susceptible de rendre difficile l’action des pouvoirs publics, et contentieux important lié à la coexistence des règlements d’application directe avec les dispositions nationales en vigueur » [37].
Il recommande au gouvernement « d’informer sans délai les acteurs de l’asile sur l’articulation des règles applicables durant cette période transitoire, au moyen d’une circulaire » [38]. C’est précisément l’outil retenu le 11 juin. Mais le Conseil d’État avait fixé les limites de l’instrument dans le même avis: la circulaire « pourra interpréter le droit applicable et indiquer quelles dispositions du CESEDA doivent être écartées comme contraires aux règlements d’effet direct, mais elle ne saurait créer de règles nouvelles ni combler les lacunes qui relèvent de la compétence du législateur » [39].
Deux incompatibilités, en particulier, échappent à la circulaire: le délai de recours pour les demandeurs d’asile en rétention et la mise en œuvre de la procédure d’asile à la frontière [40]. Sur le premier point, l’article 68 du règlement (UE) 2024/1348 prévoit qu’un demandeur dont la protection a été refusée ou retirée doit pouvoir exercer un recours juridictionnel pour obtenir l’autorisation de rester sur le territoire [41]. Or l’article L. 542-6 du CESEDA encadre cette procédure de suspension dans des conditions que les décrets ne suffisent pas à mettre en conformité [42]. Ces points relèvent du législateur. Le législateur n’a pas légiféré.
Quand le ministre disait « on ne sera pas prêts »
Entre l’aveu de Laurent Nuñez [43] et le communiqué du 11 juin [44], la contradiction n’est qu’apparente. Sur le plan formel, l’affirmation de la Direction générale des étrangers en France est exacte: les six décrets du 7 juin [15] et les quatre textes du 10 juin [16] ont bien été publiés, et la circulaire fait du droit applicable une grille lisible. Mais l’avis du Conseil d’État du 7 mai [40] avait précisément identifié les zones que ni un décret ni une circulaire ne peuvent atteindre. La déclaration de la DGEF est juridiquement défendable pour ce qui relève du pouvoir réglementaire; elle ne dit rien des trous laissés par le législateur. La déclaration du ministre décrivait l’image complète. Le communiqué officiel ne décrit qu’un cadre.
Sept jours, douze semaines, 615 places
Le filtrage obligatoire aux frontières extérieures est plafonné à sept jours [45]. La procédure d’asile à la frontière vise les ressortissants de pays dont le taux de reconnaissance est inférieur ou égal à 20 % [46] et doit être bouclée en douze semaines maximum, recours compris [47]. L’enregistrement biométrique dans Eurodac est abaissé de 14 ans [48] à 6 ans [49].
Le mécanisme de solidarité prévoit, pour la première année, 21 000 relocalisations ou autres formes de solidarité [50], ou 420 millions d’euros de contributions financières [51]. La Commission européenne dit avoir mobilisé 3 milliards d’euros pour accompagner la transition [52].
Reste l’arithmétique brute. À l’échelle de l’Union, le Pacte prévoit 30 000 places d’hébergement [53], dont 615 pour la France [19]. En décembre 2024, la capacité française était de 300 places, dont 157 à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle [18]. À l’entrée en vigueur, il manque donc plus de la moitié de la capacité requise. Et c’est dans ce contexte de sous-dimensionnement que vont s’appliquer les délais nouveaux: sept jours de filtrage, douze semaines de procédure, sans droit d’entrer juridiquement sur le territoire. Que se passe-t-il quand un site saturé reçoit une demande supplémentaire le huitième jour? La circulaire ne le dit pas. Les décrets non plus.
L’argument du gouvernement
Devant le Sénat, Laurent Nuñez a justifié l’urgence par le risque inverse. Sans transposition, « il y aurait une admission quasi-systématique sur le territoire des personnes se présentant à la frontière » [56]. « Nous ne pouvons pas prendre le risque que les dispositions du pacte ne soient pas pleinement applicables au moment de son entrée en vigueur. Il en résulterait une grande insécurité juridique » [57], a-t-il ajouté. L’habilitation à légiférer par ordonnances doit « garantir une adaptation complète et cohérente du droit national pour des mesures très techniques » [58], selon le ministre. Le ministère de l’Intérieur estime qu’environ 40 % du CESEDA est affecté [59].
Les voix critiques
Pour Gerard Sadik [60], responsable national asile à La Cimade, « au lieu de répondre à la crise de l’accueil au sein de l’UE, le Pacte UE Migration et Asile va perpétuer des logiques de fichage, de tri des personnes exilées et généraliser des procédures d’asile expéditives et biaisées » [61]. L’association dénonce un déficit de transparence: « les autorités françaises ont fait preuve de peu de transparence » [62], les organisations de la société civile « n’ont pas été consultées pendant la rédaction du plan de mise en œuvre » [63] et celui-ci ne leur a pas été partagé [64], alors que la Commission européenne avait encouragé les États-membres à coopérer avec la société civile [65].
À l’Assemblée nationale, le député Paul Christophle [66] a déposé le 3 juin 2026 [67] le rapport n° 2871 [68] sur une proposition de résolution européenne « visant à s’opposer à la révision de la directive retour » [69] et à « assurer une mise en œuvre du Pacte asile et migration respectueuse de la dignité humaine et conforme aux obligations françaises et européennes relatives aux droits humains » [70]. L’Humanité juge que le texte « systématise l’enfermement, consacre le tri aveugle aux frontières et organise le détricotage méthodique du droit d’asile » [71].
Le contentieux qui vient
Le Conseil d’État avait prévenu: la coexistence des règlements européens d’effet direct et des dispositions du CESEDA potentiellement contraires ou redondantes va générer du contentieux [37]. La Cour nationale du droit d’asile, directement concernée par la nouvelle procédure d’asile à la frontière [72], a adapté son organisation pour rendre les décisions dans les délais [73]. Les juridictions administratives ont reçu une documentation spécifique et des formations [74].
Reste la question juridique de fond, posée par le gouvernement lui-même au Conseil d’État: « un règlement européen peut-il être regardé comme ouvrant directement une voie de recours devant une juridiction nationale? Le pouvoir réglementaire peut-il organiser, dans son champ de compétence, les modalités d’exercice de ce recours (délais, formations de jugement, recevabilité, etc.)? » [75]. La question n’est pas théorique. Elle conditionne la recevabilité même des recours qui seront déposés dès les premiers jours, devant les tribunaux administratifs et la CNDA, par des demandeurs placés en procédure frontière ou en rétention sous le nouveau régime.
On se souvient que ce n’est pas la première fois que la France compose avec une transposition migratoire incomplète. Dans l’arrêt Achughbabian de 2011 (affaire C-329/11), la Cour de justice de l’Union européenne avait dû rappeler que la directive « retour » de 2008 produisait des effets en droit national même en l’absence de transposition intégrale, neutralisant certaines dispositions répressives françaises devenues incompatibles. La même logique de primauté joue ici à grande échelle: sur les points où la circulaire ne peut pas créer de règle nouvelle, ce sera au juge - administratif, judiciaire ou européen - d’arbitrer. La réponse viendra des prétoires.
Le calendrier interroge
Le gouvernement avait annoncé au Sénat, lors de la préparation du budget 2026, le dépôt d’un projet de loi de transposition au début de l’année 2026 [32]. Le projet a finalement été présenté le 8 avril 2026 [26], pour une adoption sénatoriale le 20 mai [29]. Six décrets le 7 juin [15], quatre textes le 10 juin [16], une circulaire le 11 juin [5]: la cadence des publications de la semaine précédant l’échéance dit l’ampleur du retard accumulé. La présidente de la commission des lois (LR), Muriel Jourda [33], l’a rappelé: « Le Sénat a peu de goût pour les ordonnances » [76]. Il a néanmoins voté le texte. L’Assemblée nationale, elle, n’a pas eu à se prononcer avant l’échéance - et c’est là, exactement, que le contournement parlementaire a eu lieu.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (76)
« Le 12 juin 2026 marque l'entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l'asile »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« Demain, 12 juin 2026, le pacte sur la migration et l'asile commencera à s'appliquer dans tous les États membres de l'UE. »
france.representation.ec.europa.eu ↗ ↩
« Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré: «La migration est un défi européen qui doit être relevé avec une solution européenne. »
france.representation.ec.europa.eu ↗ ↩
« Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré: «La migration est un défi européen qui doit être relevé avec une solution européenne. Une approche efficace, juste et ferme. C'est ce que le pacte sur la migration et l'asile apporte: des frontières extérieures plus sûres, une solidarité entre les États membres et des procédures d'asile et de retour plus efficaces. Et pour s'attaquer ensemble aux causes profondes de la migration, nous continuons de renforcer nos relations a »
france.representation.ec.europa.eu ↗ ↩
« 11 juin 2026 ⋅ Le ministère de l’intérieur publie la circulaire NOR:INTV2615721C relative à la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile. »
gisti.org ↗ ↩
« Le ministère de l’intérieur publie la circulaire NOR:INTV2615721C »
gisti.org ↗ ↩
« la circulaire ministérielle d'application, NOR: INTV2615721C »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« Ce document de référence, auquel sont annexées une trentaine de fiches thématiques »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« informer les services (préfectures, les juridictions, les forces de sécurité intérieure, l'OFPRA, l'OFII et l'ensemble des professionnels concernés) »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« informer les services (préfectures, les juridictions, les forces de sécurité intérieure, l'OFPRA, l'OFII et l'ensemble des professionnels concernés) »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« informer les services (préfectures, les juridictions, les forces de sécurité intérieure, l'OFPRA, l'OFII et l'ensemble des professionnels concernés) »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« informer les services (préfectures, les juridictions, les forces de sécurité intérieure, l'OFPRA, l'OFII et l'ensemble des professionnels concernés) »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« informer les services (préfectures, les juridictions, les forces de sécurité intérieure, l'OFPRA, l'OFII et l'ensemble des professionnels concernés) »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« elles indiquent notamment quels articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ne doivent plus être appliqués »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« 7 juin 2026 ⋅ Six décrets sont publiés au JO pour l’adaptation du Ceseda aux dispositions du Pacte »
gisti.org ↗ ↩
« 10 juin 2026 ⋅ Publication de quatre nouveaux textes pour l’adaptation du Ceseda aux dispositions du Pacte »
gisti.org ↗ ↩
« Malgré deux années de délai octroyées par la Commission européenne afin que les Etats-membres adaptent leurs systèmes opérationnels et législatifs »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« En décembre 2024, cette capacité était de 300 places dont 157 à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle »
publicsenat.fr ↗ ↩
« Le pacte prévoit 30 000 places d’hébergement sur l’ensemble de l’Union européenne dont 615 pour la France. »
publicsenat.fr ↗ ↩
« Le Pacte européen sur la migration et l'asile est un ensemble de mesures législatives adopté par le Parlement européen le 10 avril 2024. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« puis par le Conseil de l'Union européenne le 14 mai 2024. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Articulé autour de neuf règlements et d'une directive. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Règlement (UE) 2024/1348 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 instituant une procédure commune en matière de protection internationale dans l’Union et abrogeant la directive 2013/32/UE. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Règlement (UE) 2024/1351 du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2024 relatif à la gestion de l’asile et de la migration, modifiant les règlements (UE) 2021/1147 et (UE) 2021/1060 et abrogeant le règlement (UE) n° 604/2013. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« le droit des étrangers n’a pas été mis en conformité dans le délai imparti de deux ans »
la-croix.com ↗ ↩
« Lors du conseil des ministres du 8 avril 2026 »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« le ministre de l'intérieur Laurent Nũnez a présenté un projet de loi »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« Lors du conseil des ministres du 8 avril 2026, le ministre de l'intérieur Laurent Nũnez a présenté un projet de loi portant habilitation à prendre par ordonnances »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« 22 mai 2026 ⋅ Le Sénat a adopté, en procédure accélérée, le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre, par ordonnances, les adaptations rendues nécessaires par l’entrée en application des règlements du pacte UE. »
gisti.org ↗ ↩
« le gouvernement français n’a pas adopté à temps un tel projet de loi (et ce malgré la décision de procéder par ordonnances, évitant au passage un débat à l’assemblée nationale). »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« Association de solidarité active avec les personnes migrantes »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« « Nous vous avions alertés lors de la préparation du budget 2026. Vous nous aviez alors annoncé le dépôt d’un projet de loi au début de l’année 2026 » »
publicsenat.fr ↗ ↩
« la présidente de la commission des lois (LR) Muriel Jourda »
publicsenat.fr ↗ ↩
« En France, sa mise en œuvre se fait par décrets, sans débat parlementaire. »
humanite.fr ↗ ↩
« Le Conseil d’Etat a été saisi le 23 avril 2026 d’une demande d’avis relative à la préparation de l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Le Conseil d’État a rendu le 7 mai un avis sur la préparation de l’entrée vigueur du Pacte en France. »
gisti.org ↗ ↩
« le Conseil d’État a appelé l'attention du Gouvernement sur les risques qui en découlent: difficultés pour les demandeurs de titres dans l'exercice de leurs droits, hétérogénéité des règles applicables susceptible de rendre difficile l'action des pouvoirs publics, et contentieux important lié à la coexistence des règlements d'application directe avec les dispositions nationales en vigueur. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Le Conseil d’État a recommandé en conséquence au Gouvernement d'informer sans délai les acteurs de l'asile sur l'articulation des règles applicables durant cette période transitoire, au moyen d’une circulaire à l’attention des services de l’État afin de préciser le droit applicable à compter du 12 juin 2026. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Le Conseil d'État a fixé précisément les limites de cet instrument indispensable pour limiter les incertitudes. La circulaire pourra interpréter le droit applicable et indiquer quelles dispositions du CESEDA doivent être écartées comme contraires aux règlements d'effet direct, mais elle ne saurait créer de règles nouvelles ni combler les lacunes qui relèvent de la compétence du législateur. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« Le Conseil d’État a appelé l'attention du Gouvernement sur plusieurs incompatibilités que la circulaire ne peut pas corriger et notamment le délai de recours pour les demandeurs d'asile en rétention, ou la mise en œuvre de la procédure d'asile à la frontière. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« le demandeur qui n’a pas le droit de rester sur le territoire national après un retrait de protection internationale ou un refus d’asile doit pouvoir faire un recours juridictionnel en vue d’obtenir l’autorisation de rester. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« En l’état actuel du droit, l’article L. 542-6 du CESEDA permet au demandeur dont le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin de demander la suspension de l’exécution de la décision d’éloignement. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« « Je ne pense pas qu’on sera prêt le 12 juin. On va essayer » »
publicsenat.fr ↗ ↩
« L’adaptation du droit national pour l’application de ces nouvelles règles est effective »
immigration.interieur.gouv.fr ↗ ↩
« Cette phase, plafonnée à sept jours aux frontières extérieures. »
touteleurope.eu ↗ ↩
«.pays dont le taux moyen de reconnaissance dans l'Union est faible, en principe inférieur ou égal à 20 %. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« le règlement prévoyant pour la totalité de la procédure d’asile à la frontière, recours compris, un délai de 12 semaines. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
«.concernera les enfants dès 6 ans, contre 14 ans aujourd'hui. »
touteleurope.eu ↗ ↩
«.concernera les enfants dès 6 ans, contre 14 ans aujourd'hui. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« Pour la première année d'application, le niveau de référence a été fixé à 21 000 relocalisations ou autres formes de solidarité. »
touteleurope.eu ↗ ↩
«.ou 420 millions d'euros de contributions financières. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« Indiquant avoir mobilisé 3 milliards d'euros pour accompagner leur transition. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« Le pacte prévoit 30 000 places d’hébergement sur l’ensemble de l’Union européenne dont 615 pour la France. »
publicsenat.fr ↗ ↩
« Elle est désormais soumise à une « fiction de non-entrée ». »
humanite.fr ↗ ↩
«.bien que géographiquement présente sur le sol français, la personne exilée est considérée par la loi comme n’ayant pas franchi la frontière. »
humanite.fr ↗ ↩
« « Il en résulterait une admission quasi-systématique sur le territoire des personnes se présentant à la frontière » »
publicsenat.fr ↗ ↩
« « Nous ne pouvons pas prendre le risque que les dispositions du pacte ne soient pas pleinement applicables au moment de son entrée en vigueur. Il en résulterait une grande insécurité juridique. Surtout, la France ne pourrait plus mettre en œuvre les mesures pour contrôler les flux migratoires » »
publicsenat.fr ↗ ↩
« « Un projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances va nous permettre de garantir une adaptation complète et du droit national pour des mesures très techniques » »
publicsenat.fr ↗ ↩
« Le ministère de l'Intérieur estime qu'environ 40 % du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda) serait affecté. »
touteleurope.eu ↗ ↩
« « Au lieu de répondre à la crise de l’accueil au sein de l’UE, le Pacte UE Migration et Asile va perpétuer des logiques de fichage, de tri des personnes exilées et généraliser des procédures d'asile expéditives et biaisées [.] » affirme Gerard Sadik, responsable national asile, au sein de La Cimade. »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« « Au lieu de répondre à la crise de l’accueil au sein de l’UE, le Pacte UE Migration et Asile va perpétuer des logiques de fichage, de tri des personnes exilées et généraliser des procédures d'asile expéditives et biaisées. La soi-disant « réforme du système Dublin » est tout sauf équitable, mettant sur un pied d’égalité les expulsions et l’accueil de personnes en demande d’asile. Les nouvelles obligations qui vont peser sur les personnes en demande de protection, notamment les per »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« les autorités françaises ont fait preuve de peu de transparence. »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« Les organisations de la société civile n’ont pas été consultées pendant la rédaction du plan de mise en œuvre »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« celui-ci ne leur a pas été partagé. »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« alors que la Commission européenne avait encouragé les Etats-membre à coopérer avec la société civile »
blogs.mediapart.fr ↗ ↩
« proposition de résolution européenne de M. Paul Christophle et plusieurs de ses collègues »
assemblee-nationale.fr ↗ ↩
« n° 2871, déposé le mercredi 3 juin 2026 »
assemblee-nationale.fr ↗ ↩
« n° 2871, déposé le mercredi 3 juin 2026 »
assemblee-nationale.fr ↗ ↩
« visant à s’opposer à la révision de la directive retour et à assurer une mise en œuvre du Pacte asile et migration »
assemblee-nationale.fr ↗ ↩
« visant à [.] assurer une mise en œuvre du Pacte asile et migration respectueuse de la dignité humaine et conforme aux obligations françaises et européennes relatives aux droits humains »
assemblee-nationale.fr ↗ ↩
«.ce texte systématise, en réalité, l’enfermement, consacre le tri aveugle aux frontières et organise le détricotage méthodique du droit d’asile. »
humanite.fr ↗ ↩
« La Cour nationale du droit d’asile, directement concernée par la nouvelle procédure d’asile à la frontière. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« La Cour nationale du droit d’asile [.] a adapté son organisation afin de pouvoir rendre les décisions dans les délais. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« le Conseil d’État a accompagné les juridictions administratives pour leur permettre d'être en capacité de traiter les recours dont elles pourront être saisies à compter du 12 juin 2026. Une documentation spécifique et des formations ont été développées afin de garantir la qualité et la cohérence des décisions de justice sur l’ensemble du territoire. »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« un règlement européen peut-il être regardé comme ouvrant directement une voie de recours devant une juridiction nationale? Le pouvoir réglementaire peut-il organiser, dans son champ de compétence, les modalités d’exercice de ce recours (délais, formations de jugement, recevabilité, etc.)? »
conseil-etat.fr ↗ ↩
« « Le Sénat a peu de goût pour les ordonnances », a rappelé Muriel Jourda »
publicsenat.fr ↗ ↩
Sources
- Direction générale des étrangers en France
- Le Pacte Asile et migration entre en vigueur le 12 juin
- Mise en œuvre du Pacte UE : tri, enfermement et restriction du droit d’asile
- [Décryptage] Le Pacte européen sur la migration et l’asile et la justice administrative
- Tout savoir sur le « Nouveau Pacte sur la migration et l’asile » de l’Union européenne
- Avis relatif à la préparation de l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile
- Pacte asile et migration : la France face à un flou juridique
- Rapport, n° 2871
- Pacte européen sur la migration et l'asile : sans transposition dans le droit français, « il y aurait une admission quasi-systématique des personnes se présentant à la frontière », alerte Laurent Nune
- 5 choses à savoir sur le nouveau pacte asile et migration, un détricotage en règle des droits des étrangers
- Migration et asile : le grand tournant du Pacte européen
