Paris : une centaine de familles campent devant l’Hôtel de Ville pour exiger un relogement

Depuis le 21 avril, des tentes sont installées avenue Victoria. Le DAL organise un relais 24h/24 pour une semaine renouvelable.

Paris : une centaine de familles campent devant l'Hôtel de Ville pour exiger un relogement
Illustration Julie Renault / info.fr

Une centaine de familles mal-logées occupent pacifiquement l'esplanade de l'Hôtel de Ville de Paris depuis le mardi 21 avril 2026. Soutenues par l'association Droit au Logement, elles réclament un relogement décent et la transparence sur les attributions de logements sociaux. Aucune réaction officielle de la Mairie ou de la Préfecture n'a été signalée à ce stade.

Une vingtaine de tentes ont été dressées avenue Victoria, face à l’Hôtel de Ville, à partir de 13h le mardi 21 avril 2026. Derrière : une centaine de familles en situation de mal-logement, organisées en relais 24h/24, pour une durée d’une semaine renouvelable. L’action est coordonnée par l’association Droit au Logement (DAL), selon Le Parisien et Le Monde.

Trois revendications précises

Les familles présentes formulent des demandes concrètes : un relogement en HLM décent, durable et à bas loyer ; la transparence sur les critères d’attribution des logements sociaux par la Ville de Paris ; et un hébergement stable dans l’attente d’une solution pérenne. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, a prévenu que d’autres tentes allaient rejoindre le campement pour prolonger l’action, selon Le Monde. Un rassemblement de soutien s’est tenu le mercredi 22 avril à 17h devant l’Hôtel de Ville.

Parmi les familles mobilisées, des situations documentées : infestations de rongeurs et d’insectes dans des logements insalubres, selon 20 Minutes. Des témoignages qui illustrent une crise que les chiffres confirment. En 2025, 30 500 expulsions locatives manu militari ont eu lieu en France, soit deux fois plus qu’en 2015, un record historique selon le ministère de l’Intérieur, rappelle le DAL. Parallèlement, l’État a supprimé 6 400 places d’hébergement en 2025 et prévoit d’en retirer 1 400 supplémentaires en 2026. Des familles sans-abri du 18e arrondissement avaient déjà choisi l’occupation d’un bâtiment vacant pour alerter sur cette même crise.

Des précédents contrastés

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Ce n’est pas la première fois que l’Hôtel de Ville devient le théâtre d’une mobilisation similaire. En août 2025, un campement organisé par Utopia 56, réunissant 350 migrants sans-abri, avait été évacué après six jours par la préfecture. En novembre 2025, un campement de près de 200 sans-abri devant la mairie du 20e arrondissement avait, lui, abouti à la mise à l’abri de 410 personnes après cinq jours de mobilisation, selon Le Parisien. Le DAL lui-même est né en 1990 d’un campement de 48 familles expulsées dans le 20e, relogées quatre mois plus tard. La question du sans-abrisme mobilise aussi des associations en banlieue parisienne, comme à Gagny fin avril.

À ce jour, ni la Mairie de Paris ni la Préfecture n’ont réagi publiquement, selon Le Monde. La question du logement social reste par ailleurs un sujet de tension à l’échelle régionale : en Essonne, les projets liés à la ligne 18 relancent le débat sur la production de logements abordables autour de Paris.

Prochaine étape

Le campement, prévu pour une semaine renouvelable, devrait se poursuivre au moins jusqu’au 28 avril 2026. Le DAL n’a pas encore précisé les conditions dans lesquelles il serait levé. La réponse - ou l’absence de réponse - de la Ville de Paris dans les prochains jours sera déterminante pour la suite du mouvement.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

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