Pérail IGP : la préfète de l’Aveyron visite la filière à Prades-de-Salars
Le 20 mai, la préfète s'est rendue au GAEC BOUTET-PUECH pour découvrir une filière de 958 élevages reconnue en IGP depuis mai 2025.
La préfète de l'Aveyron a effectué le 20 mai 2026 une visite de terrain consacrée à la filière Pérail IGP, avec une étape au GAEC BOUTET-PUECH à Prades-de-Salars. Ce fromage au lait de brebis a décroché son Indication géographique protégée en mai 2025, après plus de 25 ans de démarches collectives.
La préfète de l’Aveyron a effectué le 20 mai 2026 une visite de terrain consacrée à la filière Pérail IGP, avec une étape au GAEC BOUTET-PUECH à Prades-de-Salars. Ce fromage au lait de brebis a décroché son Indication géographique protégée en mai 2025, après plus de 25 ans de démarches collectives.
L’essentiel
- Visite : La préfète de l’Aveyron s’est rendue le 20 mai 2026 au GAEC BOUTET-PUECH à Prades-de-Salars, exploitation de près de 650 brebis.
- IGP obtenue : Le règlement d’exécution a été publié au Journal officiel de l’Union européenne le 26 mai 2025, après plus de 25 ans de démarches - premier fromage au lait de brebis reconnu en IGP.
- Filière : 958 élevages sur 5 départements, environ 600 personnes engagées, près de 5 millions de litres de lait produits par an, 964 tonnes de fromage commercialisées annuellement.
- Exploitation visitée : Le GAEC produit le pérail fermier « Le Vézou » certifié AB, ainsi que des tommes et des yaourts ; le lait est transformé intégralement à la ferme.
- Programme complet : La journée a également inclus l’Hôtel du Viaur à Ségur et la coopérative OVI-TEST, premier centre d’insémination ovine en France.
Une journée de terrain pour la préfète
Selon le compte officiel de la préfecture sur X, la préfète a débuté sa tournée au GAEC BOUTET-PUECH, exploitation de Mathilde et Lilian Boutet à Prades-de-Salars, dans le secteur de Lescure. La ferme compte près de 650 brebis. Tout le lait est transformé sur place : pérail fermier « Le Vézou », tommes et yaourts, l’ensemble certifié Agriculture Biologique. Le GAEC a par ailleurs remporté des médailles au concours départemental d’Espalion, dont une médaille d’argent pour le pérail « Le Vézou », selon La Volonté Paysanne.
La visite s’est ensuite poursuivie à l’Hôtel du Viaur à Ségur, restaurant qui met en valeur le Pérail dans sa carte, puis à la coopérative OVI-TEST. Basée en Aveyron, OVI-TEST est présentée comme le premier centre d’insémination ovine en France, avec environ 1 800 adhérents, et travaille sur la race Lacaune, colonne vertébrale de l’élevage ovin laitier aveyronnais.
Un IGP au bout de 25 ans de démarches
La reconnaissance en Indication géographique protégée est au cœur de cette visite. Le règlement d’exécution a été publié au Journal officiel de l’Union européenne le 26 mai 2025, selon l’INAO. Le Pérail devient ainsi le premier fromage au lait de brebis à obtenir ce label européen. Les démarches collectives avaient été engagées depuis plus de 25 ans - certaines sources évoquent même 30 ans.
C’est l’ODG/Association Pérail, dont le siège est à Millau, qui a porté le dossier. L’organisation fonctionne en coprésidence alternée entre éleveurs et fabricants. Jean-François Dombre en est le président d’honneur et fondateur ; Sébastien Leclercq assure la présidence, avec Pierre Gaillac comme vice-président côté producteurs, selon le site perail.fr.
Le cahier des charges impose un pâturage d’au moins 180 jours par an en moyenne, une alimentation majoritairement locale et sans OGM, ainsi qu’un affinage minimal de 7 à 20 jours. Le fromage se présente en format rond et plat, 90 g ou 150 g, à pâte molle et peau fleurie ivoire, fabriqué exclusivement avec du lait entier de brebis Lacaune.
Contexte dans l’Aveyron
L’Aveyron constitue le cœur historique de la race Lacaune et de la filière ovine laitière. Le Pérail est un fromage des Causses dont les traces remontent à la fin du XIXe siècle, selon l’INAO. Il était à l’origine fabriqué à la ferme par les femmes, en fin de lactation des brebis, après livraison du lait à Roquefort, sur des éviers en pierre appelés « peralhièira ». La production avait chuté à environ 10 tonnes à la fin des années 1960 avant une renaissance progressive.
Aujourd’hui, la filière s’étend sur 5 départements : Aveyron, Lozère, Tarn, Gard et Hérault. Les 958 élevages mobilisent environ 600 personnes et produisent près de 5 millions de litres de lait par an, pour 964 tonnes de fromage commercialisées, toujours selon les chiffres relayés par la préfecture. Une part bio est estimée à environ 9 à 11 % selon les sources consultées. La filière s’inscrit dans une logique de valorisation du pastoralisme et de l’économie rurale des Causses, en lien avec des enjeux de biodiversité et de maintien des sols.
Ce type de visite préfectorale de terrain s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien institutionnel aux filières agricoles locales labelisées. D’autres préfets ont également multiplié les déplacements territoriaux ces dernières semaines, illustrant un regain d’intérêt des représentants de l’État pour les dynamiques économiques locales.
Le Pérail, un produit à promouvoir collectivement
Depuis l’obtention de l’IGP, l’Association Pérail a engagé une phase de promotion collective. La filière était notamment présente au Salon de l’Agriculture 2026 pour une remise de certificat officiel, selon La Volonté Paysanne. Des actions de communication sont en cours sous le label « ambassadeurs » du Pérail IGP.
Le fromage est commercialisé toute l’année, en fabrication fermière ou en laiterie, ce qui distingue le Pérail des fromages strictement saisonniers. La demande nationale est en progression depuis la reconnaissance européenne, mais aucun chiffre précis post-IGP n’a été communiqué à ce stade par l’ODG.
La préfecture n’a pas précisé si cette visite déboucherait sur un soutien institutionnel spécifique, un plan de filière ou un financement particulier. Les visites préfectorales de terrain restent courantes dans les territoires ruraux, notamment autour des filières agricoles sous signe de qualité.
La prochaine étape identifiée par la filière est la poursuite de la communication collective post-IGP. Aucune date de réunion ou d’inauguration liée à cette visite spécifique n’a été annoncée par la préfecture.