Petite-Terre : tours d’eau imposés jusqu’au 19 mai après panne à l’usine de Pamandzi

Un incident technique survenu le 12 mai à l'usine de dessalement aggrave une pénurie d'eau chronique à Mayotte

Petite-Terre : tours d'eau imposés jusqu'au 19 mai après panne à l'usine de Pamandzi
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

Un incident technique à l'usine de dessalement de Pamandzi, le 12 mai 2026, a forcé la SMAE à décréter des tours d'eau exceptionnels à Petite-Terre du 13 au 19 mai. Sept secteurs sont touchés, avec un cycle de 48 heures de coupure pour 24 heures d'alimentation. L'épisode aggrave une pénurie structurelle qui s'étire depuis des années.

Un incident technique à l’usine de dessalement de Pamandzi, survenu le 12 mai 2026, a contraint la SMAE (Société Mahoraise des Eaux) à instaurer des tours d’eau exceptionnels à Petite-Terre du 13 au 19 mai. Sept secteurs sont concernés, avec un cycle de 48 heures de coupure pour 24 heures d’alimentation. La panne s’ajoute à une crise de l’eau chronique que Mayotte subit depuis plusieurs années.

L’essentiel

  • Incident du 12 mai 2026 : panne technique à l’usine de dessalement de Pamandzi, réduisant la capacité de production d’eau à Petite-Terre.
  • Tours d’eau du 13 au 19 mai : cycle de 48 heures de coupure pour 24 heures de distribution, ouvertures et fermetures autour de 14h, selon la SMAE.
  • Sept secteurs touchés : Labattoir Centre, Pamandzi Est, Pamandzi-La Vigie, Labattoir Badamiers, Dzaoudzi boulevard des Crabes, Labattoir La Vigie et Pamandzi Ouest.
  • Déficit structurel : Mayotte consomme 47 000 m³ d’eau par jour pour une production ne dépassant pas 38 000 m³ (Ouest-France).
  • Retour à la normale : plusieurs jours nécessaires selon la SMAE, qui a mobilisé ses équipes.

Ce qui s’est passé le 12 mai

L’incident est survenu le mercredi 12 mai 2026 à l’usine de dessalement de Pamandzi, seule infrastructure de ce type implantée à Petite-Terre. La panne a réduit la capacité de production sans que la nature exacte du défaut technique n’ait été précisée publiquement par la SMAE. Dès le lendemain matin, le 13 mai, les tours d’eau étaient effectifs, selon Mayotte Hebdo et La 1ère.

La SMAE a annoncé que les ouvertures et fermetures des vannes s’effectuent autour de 14h. Les usagers passent ainsi 48 heures sans eau avant d’être réalimentés pendant 24 heures, un rythme qualifié d’« exceptionnel » par l’opérateur.

Les secteurs concernés

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Sept zones de Petite-Terre sont directement impactées : Labattoir Centre, Pamandzi Est, Pamandzi-La Vigie, Labattoir Badamiers, Dzaoudzi boulevard des Crabes, Labattoir La Vigie et Pamandzi Ouest, selon Mayotte Hebdo. Ces quartiers regroupent une part importante de la population résidente de l’île, dont Dzaoudzi, chef-lieu du département.

La SMAE recommande aux usagers plusieurs précautions à la reprise de l’eau : fermer les robinets pendant les coupures, laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit claire au retour de l’alimentation, et la bouillir pour tout usage alimentaire dans un premier temps, rapporte La 1ère.

Un précédent en août 2025

Ce n’est pas la première fois que l’usine de Pamandzi est mise hors service. En août 2025, des pannes successives avaient déjà privé Petite-Terre d’eau pendant plusieurs jours consécutifs, selon Le Journal de Mayotte. L’infrastructure cumule donc les épisodes de défaillance, alimentant l’inquiétude des habitants et des élus locaux sur sa fiabilité.

L’usine de dessalement de Petite-Terre représente 11 % de la production d’eau potable de Mayotte, selon La 1ère. Le reste de l’approvisionnement provient à 58 % de ressources de surface et à 31 % de forages.

Contexte dans le 976 - Mayotte

La pénurie d’eau n’est pas un phénomène nouveau dans le département. Depuis 2017, Mayotte vit en situation de crise permanente, selon La 1ère. En 2023, une crise aiguë avait conduit à des distributions organisées un jour sur trois sur l’ensemble du territoire. Les habitants de Petite-Terre sont familiers des coupures régulières depuis plus de trois ans.

Le déséquilibre est structurel. Avec environ 320 000 habitants selon l’INSEE, l’île consomme quelque 47 000 m³ d’eau par jour, alors que la production ne dépasse pas 38 000 m³, selon Ouest-France. La consommation croît de 4 % par an, malgré une moyenne de 80 à 90 litres par habitant et par jour - deux fois moins qu’en métropole, rappelle La 1ère. La pression sociale sur les services publics mahorais s’en trouve régulièrement amplifiée.

À cette fragilité de production s’ajoutent des infrastructures de distribution vieillissantes et un réseau sous-dimensionné face à la croissance démographique, l’une des plus soutenues de France.

Les consignes sanitaires à appliquer

La SMAE insiste sur trois gestes simples. D’abord, couper les robinets pendant les phases de coupure pour éviter les contaminations par retour d’air. Ensuite, lors du retour de l’eau, laisser couler jusqu’à obtenir une eau claire. Enfin, bouillir l’eau avant toute consommation alimentaire dans les premières heures suivant la remise en service, selon les informations relayées par La 1ère et Mayotte Hebdo. Ces précautions visent à prévenir tout risque sanitaire lié à la turbidité de l’eau après une coupure prolongée.

La vie quotidienne à Petite-Terre se trouve une nouvelle fois perturbée par cette séquence, dans une île où la gestion de l’eau conditionne de nombreux aspects du quotidien, des usages domestiques aux activités économiques.

Les solutions à l’horizon

Pour répondre au déficit structurel, une nouvelle usine de dessalement est prévue à Ironi Bé, avec une mise en service annoncée pour 2027. Sa capacité initiale est fixée à 10 000 m³ par jour, potentiellement extensible jusqu’à 16 000 m³, selon La 1ère. Ce projet ne résoudra pas à lui seul l’écart entre production et consommation.

Par ailleurs, un plan ORSEC « eau » est en cours de préparation pour anticiper les situations d’urgence liées à la pénurie, selon la même source. Sa mise en œuvre effective reste à préciser.

La question des grands chantiers d’infrastructure à Mayotte - souvent marqués par des délais - pèse sur les délais annoncés pour ces équipements hydrauliques. Le retour à la normale pour l’usine de Pamandzi est attendu dans les prochains jours, selon la SMAE, sans date précise communiquée à ce stade.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Ahamada est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Mayotte (976), avec Mamoudzou pour chef-lieu. Spécialité du département : département français le plus jeune et lagon (1er lagon mondial). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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