Prison de Béziers : 70 agents bloquent le Gasquinoy, 184 détenus dorment au sol
Les syndicats UFAP-UNSA et FO Justice ont paralysé l'établissement héraultais ce 27 avril, dans un mouvement national touchant 22% des prisons françaises.
Plus de 70 surveillants pénitentiaires ont bloqué dès l'aube le centre pénitentiaire de Béziers (Gasquinoy). L'établissement affiche un taux de surpopulation dépassant 190% au quartier maison d'arrêt. Le mouvement s'inscrit dans une semaine d'actions nationales lancées par l'UFAP-UNSA Justice.
Lundi 27 avril 2026, dès les premières heures du matin, une centaine de mètres de silence et de gilets syndicaux devant le portail du Gasquinoy. Selon Midi Libre, plus de 70 agents pénitentiaires ont bloqué l’accès à la prison de Béziers, empêchant visiteurs et 270 employés d’entrer dans l’établissement.
Un taux d’occupation à plus de 190%
Les chiffres avancés par les syndicats sont saisissants. Le quartier maison d’arrêt de Béziers accueille plus de 750 détenus pour 389 places théoriques, dont 184 contraints de dormir sur matelas au sol, selon France 3 Régions. L’établissement comptait au total plus de 1 100 détenus pour 821 places au moment du blocage.
Xavier Parmentier, secrétaire UFAP-UNSA à Béziers, résume la situation en une phrase : « On joue notre sécurité. » Les syndicats UFAP-UNSA Justice et FO Justice dénoncent un ratio d’un agent pour 120 détenus et 30 postes vacants sur le site. En Occitanie, 400 postes manquent tous corps confondus, dont 250 surveillants, d’après France 3 Régions. Seules 12 attributions sont prévues à la rentrée de septembre 2026.
Un mouvement qui dépasse Béziers
Ce blocage n’est pas isolé. Selon Le Monde, 22% des 190 établissements pénitentiaires français étaient paralysés en fin de matinée ce 27 avril, dans le cadre d’une semaine d’actions nationales pour la santé au travail coordonnée par l’UFAP-UNSA. Au niveau national, la surpopulation carcérale atteint 137,5% : 87 126 détenus pour 63 353 places au 31 mars 2026, contre environ 130% en 2025. Le syndicat alerte sur une hausse prévisionnelle de 200 détenus par semaine à l’échelle du pays.
Ce n’est pas le premier signal d’alarme lancé depuis Béziers. Le 16 avril 2026, soit onze jours avant ce blocage, les surveillants avaient déjà bloqué le Gasquinoy après dix agressions simultanées de détenus, selon Midi Libre. Le mouvement d’avril s’inscrit donc dans une escalade.
Un précédent daté d’octobre 2022
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait déjà pointé la situation lors d’une visite en octobre 2022 : taux de surpopulation de 161% au quartier maison d’arrêt, 82 matelas au sol à l’époque. En avril 2026, ces chiffres ont nettement empiré, avec un taux désormais supérieur à 190% et 184 matelas au sol.
Le ministère de la Justice n’a pas annoncé de mesures d’urgence. Un poste supplémentaire a été promis localement pour septembre 2026, une réponse qualifiée d’insuffisante par les syndicats, selon les informations rapportées par France 3 Régions. Les questions de sous-effectif chronique dans les services publics ne sont pas propres au pénitentiaire, mais la tension au Gasquinoy illustre un point de rupture concret.
Prochaine étape
La semaine d’actions syndicales se poursuivait après le 27 avril. Aucune date de négociation formelle avec le ministère n’avait été communiquée au moment du bouclage de cet article. À Béziers, les syndicats maintiennent leur pression en l’absence de réponse structurelle.
Sources
- Midi Libre : C'est un cocktail explosif : l'entrée de la prison de Béziers bloquée par le personnel
- France 3 Régions : On joue notre sécurité : surpopulation record, matelas au sol, violences...
- Le Monde : Surpopulation carcérale : l'UFAP-UNSA appelle au blocage des prisons lundi
- CGLPL : Rapport de troisième visite du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault)