Surpopulation carcérale : les prisons de Charente-Maritime bloquées ce lundi
L'UFAP UNSA Justice a paralysé quatre établissements dès 6h45, dénonçant surpopulation record et manque criant d'effectifs.
Le 27 avril 2026, les surveillants pénitentiaires ont bloqué les prisons de Saintes, Rochefort, Bedenac et Saint-Martin-de-Ré. L'UFAP UNSA Justice, principal syndicat du secteur, a appelé à une mobilisation nationale pour alerter sur des conditions de travail jugées intenables. Ateliers, formations et extractions ont été annulés dans les quatre établissements.
Dès 6h45 ce lundi matin, des surveillants pénitentiaires se sont rassemblés aux entrées des quatre prisons de Charente-Maritime. Saintes, Rochefort, Bedenac et Saint-Martin-de-Ré ont été bloquées à l’appel de l’UFAP UNSA Justice, selon Sud Ouest. Ateliers, formations et extractions de détenus ont été annulés pour la journée.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
La situation dans les établissements locaux illustre une crise nationale. À Rochefort, plus de 100 détenus occupent 52 places, soit un taux de surpopulation de 230%. À Saintes, ce taux atteint 163%, toujours selon Sud Ouest. Le manque d’effectifs aggrave la pression : Rochefort ne compte que 17 agents pour 27 postes prévus.
Wilfried Fonck, secrétaire national de l’UFAP UNSA, résume la situation dans L’Humanité : « Nous sommes à bout, la surpopulation carcérale détruit chaque jour un peu plus les conditions de travail et la sécurité de tous. »
Ce mouvement en Charente-Maritime s’inscrit dans une action nationale coordonnée. Le syndicat dénonce également 5 000 postes vacants de surveillants sur l’ensemble du territoire, réclamant un plan immédiat de recrutement, selon Le Parisien. Pour des informations sur un autre blocage similaire dans la région, voir notre article sur les prisons bloquées en Charente-Maritime.
Un mouvement national, une réponse partielle
À l’échelle du pays, environ 80 établissements sur 190 ont été touchés le 27 avril. Le ministère de la Justice a confirmé que 22% des prisons étaient bloquées en fin de matinée, selon Le Monde.
Le contexte national est tendu. La France comptait 88 419 détenus au 1er avril 2026 pour environ 63 500 places, soit un taux de 137,5% au 1er mars, en hausse de près de 5 000 détenus sur un an, d’après TF1 Info. Sur la même période, seulement 1 000 places supplémentaires ont été créées.
Des mobilisations déjà sans suite en 2025
Ce n’est pas la première fois que le syndicat descend dans la rue. Des actions similaires avaient eu lieu en 2025, sans résoudre la crise, selon le Club des juristes. Le nombre de détenus a continué d’augmenter depuis. La question des conditions de détention rejoint d’autres enjeux de sécurité publique suivis localement, comme les priorités sécurité fixées par les préfets en 2026.
Le gouvernement évoque un plan de recrutement et la création de places supplémentaires, mais aucune date précise n’a été annoncée, selon France Inter. Les suites du mouvement du 27 avril restent à confirmer.
Sources
- Sud Ouest : Surpopulation carcérale : toutes les prisons de Charente-Maritime ont été bloquées ce lundi
- Le Monde : Surpopulation carcérale : plusieurs prisons bloquées lundi à l'appel de l'UFAP-UNSA
- TF1 Info : Record de prisonniers, deux à trois détenus pour 9 m²... La surpopulation carcérale en quelques chiffres
- Le Parisien : Pourquoi les surveillants pénitentiaires sont appelés à faire grève ce lundi