Rhône : recrutement en baisse en 2026, les difficultés restent réelles
Les intentions d'embauche reculent dans le département, mais plus de 60% des entreprises peinent encore à trouver des candidats.
Les difficultés de recrutement s'atténuent dans le Rhône en 2026, portées par un léger recul des tensions et une hausse du chômage. Mais la situation reste fragile, notamment dans l'industrie et le tertiaire. Les stratégies RH s'adaptent.
En 2026, les entreprises françaises prévoient 2,27 millions de recrutements, soit une baisse de 6,5% par rapport à 2025, selon l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) de France Travail. Le mouvement touche tous les secteurs, tertiaire et industrie compris. Dans le Rhône, le contexte est identique : moins d’intentions d’embauche, mais des difficultés qui restent bien présentes.
Des tensions qui s’atténuent, sans disparaître
Dans le Rhône, le taux de chômage a progressé de 0,5 point sur un an au troisième trimestre 2025, selon l’INSEE. Cette hausse contribue mécaniquement à détendre le marché du travail local. Résultat : les effectifs salariés ont progressé de 0,8% dans l’industrie et de 1,1% dans les services marchands en Auvergne-Rhône-Alpes en 2025, selon la Banque de France, grâce à cette atténuation des tensions.
Mais l’équation reste difficile. Toujours selon l’enquête BMO 2026, plus de 60% des entreprises, y compris dans le tertiaire et l’industrie, déclarent rencontrer des difficultés à recruter. Certains métiers industriels comme soudeurs ou régleurs CN affichent des taux de difficulté supérieurs à 70%, selon le site spécialisé travail-industrie.com.
Les cadres, une exception à la tendance
Pour les profils cadres, le tableau est différent. L’APEC prévoit 35 260 recrutements de cadres en Auvergne-Rhône-Alpes en 2026, en hausse de 3% par rapport aux 34 100 de 2025. Les secteurs porteurs : la mécanique-métallurgie et l’informatique. Le Progrès relevait début avril que ces filières tirent l’emploi qualifié vers le haut dans la région.
À l’échelle nationale, le gouvernement a lancé une feuille de route visant 600 000 recrutements durables dans l’industrie dès 2026, selon La Tribune. L’impact concret sur le département reste à mesurer.
Un contexte de ralentissement qui s’inscrit dans la durée
Le recul n’est pas nouveau. En 2025, les intentions de recrutement en Auvergne-Rhône-Alpes avaient déjà chuté de 14,5% par rapport à 2024, avec 275 200 projets prévus, dont 54,7% jugés difficiles, selon le réseau Via Compétences. La tendance s’accélère depuis 2024, dans un contexte de ralentissement économique régional confirmé par Lyon Capitale.
Au 4e trimestre 2025, le nombre de demandeurs d’emploi catégorie A a augmenté de 6,8% sur un an en France, atteignant 3,35 millions de personnes sans emploi, selon la DARES. Dans ce contexte, entreprises et acteurs de l’emploi du Rhône cherchent à adapter leurs pratiques RH pour attirer et fidéliser des candidats de plus en plus sélectifs.