Safran s’installe dans l’Ain : 450 millions d’euros et un label stratégique de l’État

L'usine de freins carbone de Saint-Vulbas figure parmi les 150 projets industriels labellisés par le gouvernement le 24 avril 2026.

Safran s'installe dans l'Ain : 450 millions d'euros et un label stratégique de l'État
Illustration Mathieu Perret / info.fr

Safran construira une usine de freins d'avions en carbone au Parc industriel de la plaine de l'Ain, à Saint-Vulbas. Investissement 450 millions d'euros, 200 emplois à terme, entrée en production prévue en 2030. Le projet vient d'obtenir le label « projet industriel stratégique » de l'État.

Le 24 avril 2026, le gouvernement a publié sa liste de 150 projets industriels stratégiques. L’usine Safran de Saint-Vulbas (01) en fait partie, selon Le Progrès. Ces 150 initiatives représentent 71 milliards d’euros d’investissements cumulés et plus de 32 000 emplois répartis dans 63 départements, d’après Les Échos.

Un site choisi face aux États-Unis et au Canada

L’annonce de l’implantation remonte au 31 juillet 2025, après cinq ans d’études. Safran a tranché en faveur de la France plutôt que de sites nord-américains. Selon Les Échos et Le Monde, le choix s’explique principalement par l’accès à une électricité décarbonée à prix stable et compétitif, avantage propre à la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’État français et la Région ont également apporté des subventions, selon le ministère de l’Économie.

L’usine couvrira 30 000 m² et constituera, selon Les Échos, le plus important investissement industriel de Safran en France depuis des décennies. Elle s’ajoutera aux sites existants du groupe dédiés aux freins carbone : Villeurbanne (France), Walton (États-Unis) et Sendayan (Malaisie). À l’horizon 2037, la production mondiale de freins carbone de Safran devrait augmenter de 25 %, puis de 25 % supplémentaires d’ici 2040. Ce dynamisme industriel rappelle d’autres paris régionaux sur l’aéronautique durable, comme les investissements en cours à Mérignac.

200 emplois qualifiés attendus d’ici 2040

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À son ouverture en 2030, l’usine emploiera une centaine de personnes hautement qualifiées. Les effectifs doubleront pour dépasser les 200 salariés d’ici 2040, toujours selon Les Échos. L’objectif affiché est zéro émission carbone dès la mise en service. Ce type de projet de réindustrialisation en région fait écho aux forums emploi-défense organisés ailleurs en France, où la demande de profils qualifiés dépasse souvent l’offre disponible.

Le gouvernement a indiqué vouloir traiter ces 150 dossiers en « mode Notre-Dame », en accélérant les procédures administratives pour raccourcir les délais de mise en œuvre. Le label ouvre la voie à un suivi renforcé par les services de l’État.

Prochaine étape : 2030

L’entrée en production est fixée à 2030. Les travaux de construction du site de 30 000 m² au Parc industriel de la plaine de l’Ain n’ont pas encore fait l’objet d’un calendrier détaillé rendu public à ce stade.

Sources

Mathieu Perret

Mathieu Perret

Correspondant à Bourg-en-Bresse depuis sept ans, suit l'actualité politique locale et les dossiers économiques de l'Ain. Couvre la zone industrielle du Plastics Vallée, les tensions autour du contournement routier, l'agriculture bressane et les restructurations dans la métallurgie. Refuse les analyses toutes faites : vérifie chaque chiffre sur le terrain, interroge élus et salariés avant de publier.

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