Saintes : la Bourse du Travail menacée, la CGT lance une pétition
Le maire Bruno Drapron refuse 230 000 € de travaux de toiture syndicats et usagers mobilisés pour sauver les locaux
La Bourse du Travail de Saintes souffre d'infiltrations d'eau majeures depuis plusieurs mois. Le maire Bruno Drapron (Horizons) refuse d'engager les réparations estimées à 230 000 €. L'Union Locale CGT a lancé une pétition le 17 mai 2026.
La Bourse du Travail de Saintes, au 1 rue Louis-Sercan, est en mauvais état. La toiture laisse entrer l’eau dans la cage d’escalier, les locaux de la CGT et la salle de danse. Des végétaux poussent sur la couverture, provenant du collège René-Caillé adjacent. Les occupants décrivent une « toiture morte ». L’avenir du bâtiment est désormais ouvert, selon Sud Ouest.
L’essentiel
- Bâtiment : acquis par la ville de Saintes en 1938, construit en 1850, situé au 1 rue Louis-Sercan
- Travaux refusés : 230 000 € pour la réfection de la toiture, rejetés par le maire Bruno Drapron (Horizons)
- Dépenses engagées : 50 000 € de réparations ponctuelles pendant le mandat actuel
- Pétition : lancée le 17 mai 2026 par l’Union Locale CGT Saintes, 229 signatures au 19 mai 2026
- Fréquentation : selon Sud Ouest, environ 10 travailleurs saintais orientés chaque semaine vers ces locaux par la DREETS
Un bâtiment historique qui prend l’eau
Le bâtiment date de 1850. Il a accueilli successivement une société coopérative et une école pratique de distillerie avant que la ville ne l’acquière en 1938 pour en faire un espace syndical. Depuis, il héberge les locaux de la CGT et une salle de danse.
L’état actuel est préoccupant. Les infiltrations sont visibles dans la cage d’escalier. La végétation issue du collège voisin a colonisé la toiture, aggravant les dégâts. Selon les occupants cités par Sud Ouest, « on dirait qu’on a un robinet ouvert dans la cage d’escalier ».
Le maire refuse les 230 000 € de travaux
Bruno Drapron, maire Horizons de Saintes, a écarté l’option d’une réfection complète de la toiture. Le devis estimé atteint 230 000 €. Il juge ce montant trop élevé au regard des priorités budgétaires de la commune, mettant en avant 9 millions d’euros investis sur d’autres projets municipaux, selon Sud Ouest.
Il propose à la place une mutualisation des locaux syndicaux. Deux options sont avancées : la Maison CGT des cheminots, au 71 rue Saint-Pallais, ou des locaux de l’agglomération. Il qualifie les demandes syndicales de « ridicules ». La réaction ne s’est pas fait attendre.
La CGT des cheminots rejette la proposition
La CGT des cheminots de Saintes a répondu publiquement. Le bâtiment de la rue Saint-Pallais est leur propriété privée. La section a qualifié la proposition du maire de jugement infondé, révélant selon elle une méconnaissance du travail syndical, toujours selon Sud Ouest.
La section a également rappelé les suppressions d’emplois de 2017 au technicentre de Saintes - près de 250 postes sur 430 - et le silence de la mairie sur ce dossier à l’époque.
La CGT locale lance une pétition, 229 signatures en deux jours
L’Union Locale CGT Saintes a lancé le 17 mai 2026 la pétition « Sauvons la bourse du travail de SAINTES » sur Change.org. Elle réclame trois mesures : nettoyage immédiat de la toiture, réparations contre les infiltrations, engagement d’entretien durable. Le texte comptait 229 signatures au 19 mai.
Julien Batoux et Agathe Morin, responsables de la section locale CGT, ne ferment pas la porte à un déménagement. Mais ils conditionnent tout changement au maintien d’un espace syndical commun, accessible à l’ensemble des organisations. Les locaux accueillent chaque semaine environ 10 travailleurs orientés par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), selon Sud Ouest.
Ce type de conflit autour de l’entretien de bâtiments publics n’est pas propre à Saintes. Dans d’autres communes, les tensions entre exécutifs locaux et usagers sur les priorités budgétaires ont débouché sur des recours judiciaires. À Charente-Maritime, les arbitrages municipaux sont scrutés de près cette année, à l’approche des municipales.
Contexte en Charente-Maritime
Saintes est la deuxième ville du département après La Rochelle. La commune comptait 25 312 habitants en 2022, selon l’INSEE. Elle recensait 18 790 électeurs inscrits pour les municipales 2026.
Le mouvement syndical y est historiquement présent, notamment autour de l’ancienne activité ferroviaire. La suppression de près de 250 emplois au technicentre SNCF en 2017 a marqué le tissu social local. La Bourse du Travail, acquise en 1938, représente dans ce contexte un symbole au-delà de son usage pratique.
La question du financement des équipements publics se pose dans plusieurs communes de taille moyenne de Charente-Maritime. La Rochelle engage des dépenses sécuritaires importantes en 2026 ; d’autres villes arbitrent différemment leurs enveloppes. À Saintes, aucune décision de conseil municipal n’a été annoncée à ce stade sur le dossier de la Bourse du Travail.
La mairie n’a pas communiqué de calendrier pour une décision définitive. La pétition reste ouverte sur Change.org et la CGT indique poursuivre ses démarches auprès des élus locaux.
Sources
- Sud Ouest : On dirait qu'on a un robinet ouvert dans la cage d'escalier : à Saintes, l'état de la Bourse du travail inquiète ses occupants
- Sud Ouest : Saintes : Bourse du travail en mauvais état, la CGT des cheminots réagit aux propos du maire
- Change.org / Union Locale CGT Saintes : Pétition – Sauvons la bourse du travail de SAINTES
- INSEE : Saintes – Population municipale 2022