Toulouse : le Barreau organise une table ronde publique sur la réforme de la justice criminelle
Le 10 juin, la Maison de l'Avocat ouvre ses portes au grand public pour débattre du projet de loi SURE, contesté depuis des mois par les avocats toulousains.
Le Barreau de Toulouse organise une réunion publique d'information le mercredi 10 juin 2026, de 12h30 à 13h30, à la Maison de l'Avocat. Ouverte à tous, en accès libre, cette table ronde porte sur le projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », dit SURE, actuellement examiné par l'Assemblée nationale.
L’essentiel
- Date et lieu : Mercredi 10 juin 2026, 12h30-13h30, salle de Conférence de la Maison de l’Avocat à Toulouse - accès libre, ouvert au grand public.
- Organisateur : Le comité de grève du Barreau de Toulouse, qui regroupe plus de 1 800 avocats.
- Participants : Avocats et représentants d’associations d’aide aux victimes : Apiaf, Une autre femme, Nos ados oubliés, France Victimes.
- Le texte en cause : Le PJL SURE, déposé au Sénat le 18 mars 2026, adopté en première lecture le 14 avril, transmis à l’Assemblée nationale où il est en examen en commission des lois.
- Motion du Barreau : Adoptée le 1er avril 2026 contre ce projet de loi.
Une heure de débat ouvert à tous, demain midi
C’est une initiative peu courante pour un barreau : ouvrir une table ronde à n’importe quel citoyen, sans inscription ni barrière. Le comité de grève du Barreau de Toulouse a organisé cette réunion publique pour le mercredi 10 juin 2026, de 12h30 à 13h30, dans la salle de Conférence de la Maison de l’Avocat. L’objectif affiché, selon le site officiel du Barreau, est d’informer le grand public sur le contenu du projet de loi relatif à la Justice criminelle et le respect des victimes - et sur les raisons de l’opposition des professionnels du droit.
Le Barreau a annoncé la réunion sur le réseau X :
La table ronde ne se limitera pas aux seuls avocats. Des représentants de quatre associations d’aide aux victimes prendront part aux échanges : Apiaf, Une autre femme, Nos ados oubliés et France Victimes. Ce croisement de points de vue - défense et soutien aux victimes - est au cœur de l’argumentation du Barreau, qui conteste précisément que la réforme améliorerait la situation des victimes.
Ce que prévoit le PJL SURE
Le projet de loi, porté par le Garde des Sceaux Gérald Darmanin, a été déposé au Sénat le 18 mars 2026. Il a été adopté en première lecture par le Sénat le 14 avril, avant d’être transmis à l’Assemblée nationale. L’audition du ministre en commission des lois a eu lieu le 8 juin, selon les données du dossier législatif publié sur le site de l’Assemblée nationale.
La mesure la plus contestée est l’extension d’un mécanisme de plaider-coupable criminel : pour les crimes dont l’auteur reconnaît les faits, la procédure pourrait être accélérée sans passage devant une cour d’assises. Les partisans du texte y voient un moyen de désengorger les juridictions ; ses opposants estiment qu’il sacrifie les droits des victimes et la qualité du jugement sur l’autel de la rapidité.
La bâtonnière met en cause une « logique gestionnaire »
La bâtonnière du Barreau de Toulouse, Me Sophie Coq, ne mâche pas ses mots. Elle a dénoncé, dans des propos rapportés par la Gazette du Midi, « une justice soi-disant négociée mais surtout expéditive » et une « logique gestionnaire et comptable de la justice » qu’elle relie à un « sous-financement chronique » des juridictions. Sur la place des victimes, elle estime que le délai laissé à la partie civile pour s’opposer à la procédure est « très bref » et affaiblit concrètement leurs droits.
Le Barreau a adopté une motion formelle contre le texte le 1er avril 2026 et maintient depuis lors un comité de grève actif. Des rassemblements ont eu lieu sur les marches du Palais de Justice de Toulouse. Le Barreau agit en coordination avec la Conférence des bâtonniers et le Conseil national des barreaux (CNB), selon son site officiel.
Contexte dans la Haute-Garonne
Le Barreau de Toulouse est l’un des plus importants de France hors Paris, avec plus de 1 800 avocats inscrits au tableau. La juridiction toulousaine - tribunal judiciaire, cour d’appel - est une des plus chargées du sud de la France. Toute réforme de procédure pénale y a un impact concret sur le volume d’affaires traitées. La mobilisation locale s’inscrit dans un mouvement national : le 13 avril 2026, de nombreux barreaux avaient observé une journée « justice morte », avec des rassemblements devant le Sénat et plusieurs palais de justice, selon le site ici.fr. À Toulouse, la journée du 10 juin est déjà marquée par d’autres perturbations liées à un mouvement social dans les transports, ce qui n’a pas conduit le Barreau à modifier l’horaire de la réunion.
Le débat sur la réforme pénale ne se limite pas à la profession. Des associations de victimes, présentes à la table ronde de demain, portent elles aussi des réserves sur le texte - ce qui complique la lecture d’un gouvernement qui présente le PJL comme un progrès pour les victimes.
Prochaine étape : l’Assemblée nationale
L’examen du PJL SURE en commission des lois de l’Assemblée nationale se poursuit après l’audition du 8 juin. Aucune date de vote en séance publique n’a été communiquée à ce stade. Le Barreau de Toulouse indique sur son site qu’il maintient sa mobilisation jusqu’au retrait ou à la modification substantielle du texte.
Sources
- Barreau de Toulouse (site officiel) : Mobilisation contre le PJL sur la justice criminelle – Réunion publique d'information le 10 juin
- Gazette du Midi : Justice criminelle : tollé des avocats contre une réforme qui vise à juger plus vite mais moins bien
- Le Journal Toulousain : Victimes et réforme de la justice : pourquoi le Barreau de Toulouse reste mobilisé contre le projet de loi
- Assemblée nationale : Dossier législatif – PJL Justice criminelle et respect des victimes