Tunisair : une vingtaine d’avions bloqués, la crise s’aggrave
Un employé de la compagnie tunisienne décrit une flotte paralysée à Monastir, un an après le limogeage de son président
Le 7 juillet 2026, un employé de Tunisair à l'aéroport de Monastir a détaillé publiquement l'ampleur des difficultés de la compagnie nationale une vingtaine d'avions immobilisés, des retards en cascade et une dette qui approche 2,6 milliards.
L’essentiel
- Fait 1 : Selon un employé de Tunisair à l’aéroport de Monastir, une vingtaine d’avions de la compagnie sont actuellement bloqués en maintenance (témoignage du 7 juillet 2026)
- Fait 2 : Le président du conseil d’administration de Tunisair avait été limogé début juillet 2025, selon RFI
- Fait 3 : En mars 2026, 7 avions sur une flotte de 19 étaient en réparation en Tunisie et à l’étranger, selon Tunisie Numérique
- Fait 4 : La flotte opérationnelle était remontée à 12 appareils en avril 2026, avec zéro retard enregistré pendant 15 jours, selon La Presse de Tunisie
- Fait 5 : Tunisair vise 21 avions en état de vol d’ici fin 2026, pour une dette estimée à 2,6 milliards de dinars selon Web Manager Center
Le témoignage qui relance la polémique
C’est un employé de Tunisair, en poste à l’aéroport de Monastir, qui a remis le sujet sur la table ce 7 juillet 2026. Selon son témoignage, relayé sur les réseaux sociaux, un appareil de la compagnie est tombé en panne en France et ne pourra pas y être réparé. Un autre avion, engagé sur une autre rotation, n’était attendu qu’à 23 heures, alors que des passagers patientaient déjà à l’aéroport. Plus largement, il a évoqué une vingtaine d’avions immobilisés dans les hangars de maintenance de la compagnie.
L’employé a pointé la responsabilité du ministère des Transports, rappelant que Tunisair reste une entreprise publique et que les décisions structurantes ne relèvent pas uniquement de la direction de la compagnie.
Une crise ouverte depuis l’été 2025
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une crise qui dure depuis près d’un an. Début juillet 2025, le président du conseil d’administration de Tunisair avait été limogé, rapportait RFI à l’époque. Dans les semaines qui ont suivi, des mesures de réorganisation avaient été annoncées en urgence, selon Kapitalis, sans que la trajectoire de la compagnie ne s’inverse durablement.
Une amélioration qui semblait se confirmer
Les chiffres publiés ces derniers mois donnaient pourtant l’image d’une situation en voie de stabilisation. En mars 2026, Tunisie Numérique faisait état de 7 avions sur 19 immobilisés pour maintenance ou réparation, en Tunisie et à l’étranger. Un mois plus tard, La Presse de Tunisie annonçait une flotte opérationnelle remontée à 12 appareils, avec zéro retard enregistré pendant une quinzaine de jours début avril. Le plan de relance affiché par la compagnie table sur 21 avions en état de vol d’ici la fin de l’année 2026, toujours selon Tunisie Numérique.
Le témoignage de cet employé de Monastir, ce 7 juillet, contraste nettement avec ce discours d’amélioration. Ni Tunisair ni le ministère des Transports n’ont communiqué à ce stade pour expliquer cet écart entre les chiffres avancés au printemps et la situation décrite sur le terrain début juillet.
Une dette qui pèse sur l’État tunisien
Derrière les avions cloués au sol, c’est la santé financière de la compagnie qui inquiète. Selon des projections publiées en juin 2026 par Web Manager Center, Tunisair accumule une dette estimée à 2,6 milliards de dinars. Un fardeau que l’État tunisien, actionnaire majoritaire, ne peut ignorer : chaque avion immobilisé représente des coûts de maintenance sans recette commerciale en face.
Trois scénarios pour l’avenir
La Presse de Tunisie évoquait récemment trois issues possibles pour la compagnie : la faillite pure et simple, un partenariat stratégique avec un acteur extérieur, ou une relance portée en interne par une nouvelle gouvernance. Aucune de ces options n’a été officiellement tranchée à ce jour, et les autorités tunisiennes n’ont pas communiqué de calendrier de décision.
Ce que cette crise change pour les voyageurs venant de France
Tunisair reste l’une des principales compagnies reliant la France à la Tunisie, avec des vols depuis Paris, Lyon, Marseille ou Nice vers Tunis et Monastir. Pour les voyageurs français, qu’ils soient touristes ou membres de la diaspora tuniso-française, une flotte réduite se traduit concrètement par un risque accru de retards, d’annulations ou de réaffectations d’appareils à la dernière minute, comme celle décrite par l’employé de Monastir. La période estivale, qui concentre une grande partie du trafic entre les deux pays, rend ces tensions d’autant plus sensibles.
Aucune annonce officielle n’a pour l’instant permis de dire si la trajectoire d’amélioration observée au printemps va reprendre, ou si l’épisode de ce 7 juillet marque un nouveau coup d’arrêt.