Vendée : un hacker de 21 ans interpellé après une centaine de cyberattaques

Soupçonné de piratages massifs contre des fédérations sportives et des administrations, le jeune Vendéen a été arrêté par la BL2C le 20 avril.

Vendée : un hacker de 21 ans interpellé après une centaine de cyberattaques
Illustration Stéphanie Moreau / info.fr

Un homme de 21 ans, opérant sous le pseudonyme HexDex, a été interpellé en Vendée le 20 avril 2026. Il est soupçonné d'une centaine de piratages depuis fin 2025, exposant les données de millions de Français. L'arrestation a été conduite par la Brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Police judiciaire de Paris.

Il s’appelait HexDex sur les forums du dark web. Né en août 2004, il avait 21 ans quand les enquêteurs ont frappé à sa porte en Vendée. Le 20 avril 2026, la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de la Police judiciaire de Paris, agissant sous la direction du parquet de Paris (section J3), l’interpellait alors qu’il s’apprêtait à mettre en ligne de nouvelles données volées, selon La Croix.

Le suspect a reconnu l’utilisation du pseudonyme HexDex. Son matériel informatique a été saisi, ainsi que ses profils sur BreachForums et Darkforum, deux plateformes spécialisées dans la revente de données sur le dark web, rapporte 01net.

Une centaine de piratages depuis décembre 2025

Selon Franceinfo, le suspect est mis en cause dans une centaine de piratages commis depuis décembre 2025. Parmi les cibles identifiées : la Fédération Française de Gymnastique, celle de Tennis de Table, de Voile et d’Athlétisme. Mais aussi des syndicats - la CFDT et FO - , la base Compas du ministère de l’Éducation nationale, la plateforme e-campus de la Police nationale et le système d’information sur les armes (SIA). Pour ce dernier, les données concernent les détenteurs d’armes recensés en France.

Les motivations n’étaient pas idéologiques. Selon le site Zataz, qui avait publié une interview du suspect, HexDex analysait, indexait et revendait les données volées pour en tirer de l’argent. Aucune affiliation politique revendiquée. Une démarche décrite comme purement mercantile.

Des fédérations sportives en première ligne

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L’arrestation s’inscrit dans un contexte alarmant pour le sport français. Depuis fin 2025, plus de 30 fédérations sportives ont été victimes de cyberattaques similaires. Selon le site Zataz, près de 4,85 millions de licenciés ont vu leurs données exposées en seulement 45 jours début 2026. Le parquet de Paris a indiqué que HexDex est l’un des principaux responsables de la multiplication par deux des violations de données personnelles en France sur les douze derniers mois, selon TF1 Info.

Ces attaques répétées contre les fédérations sportives ont mis en lumière des failles structurelles. Selon ZDNet, les systèmes informatiques des fédérations sont souvent hétérogènes, obsolètes et peu supervisés. La CNIL a annoncé des contrôles prioritaires sur 30 fédérations en 2026 suite à ces incidents. Le ministère des Sports, de son côté, prévoit de renforcer ses dispositifs de cybersécurité en lien avec l’ANSSI - une session de sensibilisation avait déjà été programmée mi-mars 2026 pour les directeurs des systèmes d’information, selon La Croix.

Ces vulnérabilités rappellent un débat plus large sur la souveraineté numérique de la France face à des menaces croissantes, et rejoignent les interrogations soulevées par les risques cyber qui pèsent sur les administrations publiques européennes.

Enquête ouverte, complices recherchés

Une enquête est en cours pour « atteintes à un système de traitement automatisé de données ». Le matériel saisi est en cours d’analyse pour identifier d’éventuels complices et chiffrer l’ampleur exacte des fuites, selon FrenchBreaches. Le parquet de Paris précise que HexDex n’est pas lié à la fuite de données de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), survenue le 15 avril 2026, selon Franceinfo.

Prochaine étape : l’analyse du matériel informatique saisi doit permettre de déterminer l’ampleur exacte des fuites et d’identifier d’éventuels complices. Les résultats de l’enquête sont attendus dans les prochaines semaines.

Sources

Stéphanie Moreau

Stéphanie Moreau

Correspondante à La Roche-sur-Yon, elle suit le Puy du Fou, les tensions sur le tourisme, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les professionnels du spectacle, les agriculteurs, les élus, vérifier les données de fréquentation avant de conclure.

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