1er mai en Haute-Loire : Lecornu chez le boulanger, la CFDT dénonce du ‘spectacle’
Le Premier ministre a visité la boulangerie 'Un brin gourmand' à Saint-Julien-Chapteuil, invité par Laurent Wauquiez pour soutenir les commerces ouverts en jour férié.
Le 1er mai 2026, Sébastien Lecornu s'est rendu à la boulangerie 'Un brin gourmand' à Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, à l'invitation du député Laurent Wauquiez. Un achat symbolique de pain à 4,40 euros, salué par les artisans, vivement critiqué par la CFDT.
Le 1er mai 2026, Sébastien Lecornu s’est rendu à la boulangerie ‘Un brin gourmand’ à Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, à l’invitation du député Laurent Wauquiez. Un achat symbolique de pain à 4,40 euros, salué par les artisans, vivement critiqué par la CFDT.
L’essentiel
- 4,40 euros : montant payé par Lecornu pour son pain chez le boulanger Thibault Cayroche, installé depuis sept mois à Saint-Julien-Chapteuil (selon Le Progrès).
- 242 boulangeries : recensées en Haute-Loire en 2024, selon l’INSEE.
- 70 % : part des boulangeries françaises qui prévoyaient d’ouvrir ce 1er mai grâce à la dérogation gouvernementale, selon la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie.
- 10 juin 2026 : date à partir de laquelle le projet de loi sur l’ouverture des commerces le 1er mai sera examiné à l’Assemblée nationale.
- 750 euros : montant de l’amende par salarié qu’encouraient jusqu’ici les boulangers ouverts avec du personnel le 1er mai.
Une visite organisée à l’initiative de Wauquiez
C’est Laurent Wauquiez, député de la 1re circonscription de Haute-Loire et président du groupe LR à l’Assemblée nationale, qui a invité le Premier ministre dans sa circonscription. Objectif affiché : être aux côtés des artisans indépendants - boulangers et fleuristes - autorisés à ouvrir ce 1er mai avec des salariés volontaires rémunérés double, grâce à une instruction gouvernementale récente.
Avant la boulangerie, Lecornu s’est arrêté chez une fleuriste de Saint-Julien-Chapteuil, achetant un brin de muguet agrémenté d’une rose, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et TV5 Monde. Le déplacement n’avait pas été annoncé à l’avance.
‘Un brin gourmand’ : le boulanger raconte
À la boulangerie ‘Un brin gourmand’, le Premier ministre a échangé avec Thibault Cayroche, installé depuis sept mois à Saint-Julien-Chapteuil. Selon Le Progrès, les deux hommes ont discuté des conditions d’ouverture en jour férié et des contraintes pesant sur les artisans boulangers. Lecornu a réglé 4,40 euros en pain.
Ce geste s’inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large. Lecornu multiplie les signaux en direction des indépendants et du pouvoir d’achat depuis plusieurs semaines. L’ouverture des boulangeries et fleuristes artisanaux le 1er mai constituait, jusqu’ici, un angle mort juridique.
Un cadre légal à construire : 40 ans de flou juridique
Depuis une position ministérielle de 1986, les boulangeries bénéficiaient d’une dérogation implicite pour ouvrir le 1er mai - mais uniquement sans salariés, sous peine d’une amende de 750 euros par employé. Cette pratique remonterait à 1980, selon la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie.
Le 17 avril 2026, Lecornu a annoncé lors d’une conférence de presse un projet de loi pour encadrer cette situation. Le texte a été présenté en Conseil des ministres le 29 avril, puis déposé au Parlement. Il sera examiné en séance à l’Assemblée nationale à partir du 10 juin, pour une application envisagée en 2027, selon le site Vie-publique.fr. Des recours au Conseil d’État ont été signalés, sans précision supplémentaire disponible à ce stade.
Pour ce 1er mai 2026, une instruction gouvernementale permettait déjà aux artisans d’ouvrir avec des salariés volontaires payés double, sans risque de sanction. Selon la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie, environ 70 % des boulangeries françaises prévoyaient d’en profiter.
La CFDT parle de ‘politique spectacle’
La visite n’a pas manqué de susciter des réactions syndicales. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a réagi sans détour sur BFMTV : « Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, je pense que ça fait partie d’une politique spectacle dont on n’a pas besoin aujourd’hui. »
La journée du 1er mai était marquée par des cortèges dans toute la France. Dans le Maine-et-Loire, jusqu’à 2 000 manifestants défilaient à Angers, pendant que le ministre de l’Intérieur Retailleau était en déplacement à Cholet. Le choix de Lecornu de se rendre en Haute-Loire plutôt que dans un cortège a donc concentré les critiques.
Contexte en Haute-Loire
La Haute-Loire compte 242 boulangeries-pâtisseries selon l’INSEE (données 2024), dans un département qui recense 1 474 commerces au total. Saint-Julien-Chapteuil est une commune rurale du Velay, à une vingtaine de kilomètres au sud-est du Puy-en-Velay, préfecture du département. Le tissu artisanal y est structurant économiquement.
Laurent Wauquiez, figure politique centrale du département depuis plus d’une décennie, a fait de la défense du commerce de proximité l’un de ses axes de communication. Inviter le Premier ministre dans une boulangerie de sa circonscription le 1er mai s’inscrit dans cette ligne - et dans une relation entre les deux hommes qui dépasse le cadre local, selon Libération.
Le projet de loi sera examiné à l’Assemblée nationale à partir du 10 juin 2026. D’autres mesures en faveur du pouvoir d’achat des ménages ont été publiées au Journal officiel ces derniers jours, dans un agenda gouvernemental chargé sur le front social.
Sources
- Le Progrès : Le Premier ministre Sébastien Lecornu en visite surprise en Haute-Loire ce 1er mai
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : Ouverture des commerces le 1er mai : Lecornu achète son pain en Haute-Loire, la CFDT dénonce une politique spectacle
- Libération : 1er mai : Lecornu achète son pain dans une boulangerie de Haute-Loire, Marylise Léon dénonce une politique spectacle
- BFMTV : Direct manifestations du 1er mai — ouverture de certains commerces, cortèges