Bompard à Poissy : LFI exige le maintien des emplois chez Stellantis
Le coordinateur national de LFI s'est rendu à Poissy ce 16 juin pour soutenir les salariés face à la suppression annoncée de 700 à 1000 postes directs.
Manuel Bompard et Aurélie Trouvé étaient à Poissy ce mardi à l'occasion d'une mobilisation syndicale devant l'usine Stellantis. Ils réclament le maintien des emplois, la fin des aides publiques sans condition et un plan de filière pour le véhicule électrique abordable.
L’essentiel
- Annonce : Stellantis a confirmé le 16 avril 2026 la fin de la production automobile à Poissy après 2028.
- Emplois : 700 à 1000 suppressions de postes directs prévues, sur un effectif de 1500 à 2000 salariés ; des milliers d’emplois indirects menacés via la sous-traitance.
- Reconversion : Stellantis investit 100 millions d’euros pour transformer le site en centre de pièces, reconditionnement et impression 3D d’ici 2030.
- Mobilisation : La CGT FTM a organisé un rassemblement le 16 juin 2026 à midi devant le site ; Manuel Bompard et Aurélie Trouvé (LFI) étaient présents.
- Dernier site : Poissy est la dernière usine d’assemblage automobile en Île-de-France.
Une mobilisation syndicale le 16 juin à midi
La CGT FTM avait appelé à un rassemblement devant le site Stellantis de Poissy ce mardi 16 juin 2026 à 12 heures. L’objectif : maintenir la pression deux mois après l’annonce de la direction, faite lors d’un CSE extraordinaire le 16 avril, de mettre fin à l’assemblage automobile sur le site après 2028.
Les deux derniers modèles produits à Poissy, l’Opel Mokka et la DS 3, auront donc une date de fin. Après leur arrêt, le site sera reconverti en centre dédié aux pièces détachées, à l’économie circulaire, au reconditionnement et à l’impression 3D. Stellantis annonce le maintien d’environ 1000 postes - sur les 1500 à 2000 actuels - via des départs naturels et volontaires.
Pour les syndicats, la réalité est plus brutale : entre 700 et 1000 suppressions d’emplois directs, et des milliers d’emplois indirects fragilisés dans le tissu de sous-traitants des Yvelines.
Bompard et Trouvé sur le terrain
Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise, s’est rendu à Poissy ce mardi avec la députée Aurélie Trouvé. Il a publié photos et déclaration depuis le site, appelant à trois mesures : le maintien des emplois, la suppression des aides publiques à Stellantis sans conditions sociales, et un plan de filière automobile centré sur le véhicule électrique abordable.
LFI dénonce ce que le mouvement qualifie de « licenciements boursiers » et réclame que les donneurs d’ordres assument une responsabilité sociale vis-à-vis de leurs sous-traitants. Stellantis a dégagé des bénéfices importants ces dernières années grâce notamment aux aides à l’électrification et aux subventions publiques, rappelle le parti dans sa communication.
Ni Stellantis ni le gouvernement n’avaient répondu publiquement à ces demandes au moment de la rédaction de cet article.
Contexte dans les Yvelines
L’usine de Poissy est un site industriel centenaire. Inaugurée en 1938 par Ford, elle a successivement appartenu à Simca-Fiat (1954), Chrysler (1970), PSA/Peugeot (1978) avant d’intégrer le groupe Stellantis en 2021. Selon les données historiques croisées par Wikipedia et le site spécialisé Autoactu, le site représente près de 90 ans de production automobile ininterrompue.
Son arrêt de production signifie la disparition de la dernière usine d’assemblage automobile en Île-de-France - une réalité qui dépasse le seul territoire yvelinois et qui illustre le recul industriel de la région-capitale dans le secteur auto.
Dans les Yvelines, le tissu de sous-traitants liés à ce site est dense. Les syndicats évoquent des milliers d’emplois indirects potentiellement exposés, sans qu’aucun chiffrage précis n’ait été communiqué par les parties à ce stade.
La commune voisine de Carrières-sous-Poissy et le secteur de Poissy sont régulièrement au cœur de l’actualité yvelinoise, dans des registres très différents. Sur le plan des transports, le RER A, dont Poissy est terminus, constitue l’axe structurant des déplacements domicile-travail pour les salariés du site.
100 millions investis, mais à quel prix social ?
Stellantis a annoncé un investissement de 100 millions d’euros pour la reconversion du site, avec des activités opérationnelles attendues d’ici 2030. Le groupe présente ce plan comme une « transformation » plutôt qu’une fermeture.
La CGT et LFI contestent cette lecture. Pour eux, maintenir 1000 postes sur un site qui en comptait le double, c’est une réduction de moitié de l’activité industrielle locale, quelle que soit l’étiquette donnée à l’opération.
La question des aides publiques est centrale dans le discours insoumis : Stellantis a bénéficié de subventions dans le cadre des plans de soutien à l’électrification et de France Relance. LFI exige que ces aides soient désormais conditionnées au maintien des emplois. Le montant exact des aides perçues par Stellantis à Poissy n’a pas été précisé par les sources disponibles.
Un signal pour toute la filière auto française
L’affaire Poissy s’inscrit dans un contexte de restructuration profonde de l’industrie automobile européenne. Stellantis a annoncé des réductions de capacités sur plusieurs sites en Europe depuis 2024, sous la pression de la transition vers l’électrique et de la concurrence asiatique.
En France, d’autres sites PSA/Stellantis - Mulhouse, Sochaux, Rennes - ont connu des plans sociaux ces dernières années. Poissy serait le premier à basculer entièrement hors de l’assemblage de véhicules neufs. Des mobilisations comparables, associant syndicats et élus de gauche, ont eu lieu sur d’autres sites. À Kourou, une mobilisation de 24 heures au CSG s’est conclue par des accords sur les salaires, illustrant que la pression collective peut produire des résultats - même si le contexte industriel diffère.
À Poissy, les négociations sur le plan social n’ont pas encore abouti. La direction de Stellantis n’a pas communiqué de calendrier précis pour les discussions avec les représentants du personnel.
La prochaine étape se jouera lors des réunions du CSE prévues dans les prochaines semaines, où syndicats et direction devront s’accorder sur les modalités concrètes des départs et les garanties pour les emplois maintenus.
Sources
- Reuters : Stellantis to halt car assembly at France's Poissy plant by 2029
- NVO : Des centaines de postes supprimés, jour sombre pour les salariés de l'usine Stellantis de Poissy
- CGT FTM : Tous mobilisés le mardi 16 juin à 12h devant le siège de Stellantis
- X / @mbompard : Tweet de Manuel Bompard — soutien aux salariés Stellantis à Poissy
