La Chine exige la réouverture du détroit d’Hormuz bloqué par l’Iran
Pékin appelle à la restauration immédiate d'un passage sûr pour la navigation internationale dans ce corridor stratégique, fermé depuis le 12 juillet par Téhéran
Face à la fermeture du détroit d'Hormuz par l'Iran, la Chine a réclamé le 13 juillet la réouverture rapide de cette voie maritime cruciale. Cette prise de position marque un alignement rare entre Pékin et Washington, alors que 2 300 navires commerciaux restent bloqués dans le Golfe.
L’essentiel
- Déclaration chinoise : Le 13 juillet 2026, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Lin Jian a exigé la restauration rapide d’un passage sûr dans le détroit d’Hormuz.
- Fermeture iranienne : L’Iran a fermé le détroit le 12 juillet 2026 après de nouveaux affrontements militaires avec les États-Unis.
- 2 300 navires bloqués : À la mi-juillet 2026, environ 2 300 navires commerciaux et pétroliers attendent de transiter dans le golfe Persique et le golfe d’Oman.
- Escalade militaire : Des frappes américaines massives en Iran ont suivi l’attaque d’un porte-conteneurs le 11 juillet, provoquant des ripostes iraniennes contre des bases au Qatar et dans le Golfe.
- Médiation pakistanaise : Le ministre des Affaires étrangères pakistanais Ishaq Dar tente une désescalade entre Washington et Téhéran.
Une déclaration diplomatique chinoise rare
Le 13 juillet 2026, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a appelé à la restauration rapide d’un passage sûr et libre pour la navigation internationale dans le détroit d’Hormuz, selon China Daily. Cette prise de position intervient moins de 24 heures après l’annonce par Téhéran de la fermeture de ce corridor maritime stratégique.
La déclaration chinoise témoigne d’un alignement inhabituel avec la position américaine sur ce dossier. Washington a exigé de son côté que l’Iran déclare publiquement la réouverture complète du détroit à la navigation commerciale, selon AP News. Cette convergence sino-américaine, rarissime dans le contexte de tensions géopolitiques persistantes entre les deux puissances, souligne l’ampleur des enjeux économiques en jeu.
Pour Pékin, la sécurisation du détroit d’Hormuz représente un intérêt stratégique de premier plan. La Chine importe massivement du pétrole brut en provenance du Golfe, et toute interruption prolongée du transit menace directement son approvisionnement énergétique. Plusieurs observateurs notent que cette déclaration chinoise traduit une inquiétude économique concrète plus qu’une posture diplomatique classique.
L’escalade militaire qui a mené à la fermeture
Le conflit a brutalement escaladé après l’attaque d’un navire commercial dans le détroit le 11 juillet 2026, selon Associated Press. Cet incident a déclenché de lourdes frappes aériennes de représailles par les forces américaines en Iran, visant des installations militaires et stratégiques iraniennes.
En réponse aux bombardements américains, les Gardiens de la révolution iraniens ont ciblé une base américaine au Qatar et lancé des missiles contre d’autres États du Golfe, rapporte l’AFP. Cette riposte a élargi le théâtre des opérations au-delà du territoire iranien, faisant craindre une contagion régionale du conflit.
L’administration de Donald Trump a maintenu sa pression maximale sur Téhéran, exigeant une déclaration publique de réouverture totale du détroit. Les frappes US-Iran ont déjà effacé 1 500 milliards de dollars en 10 heures sur les marchés financiers, illustrant l’impact économique immédiat de cette escalade.
2 300 navires immobilisés dans le Golfe
À la mi-juillet 2026, le blocage a provoqué l’arrêt d’environ 2 300 navires commerciaux et pétroliers en attente de transit dans le golfe Persique et le golfe d’Oman, selon Discovery Alert. Cette congestion maritime sans précédent paralyse les flux d’hydrocarbures et de marchandises transitant par ce corridor, par lequel passe environ un cinquième du pétrole mondial.
Les armateurs et compagnies pétrolières doivent désormais envisager des routes alternatives coûteuses, contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, ce qui rallonge considérablement les délais de livraison et fait grimper les coûts de transport. Les cours du brut ont déjà bondi sur les marchés internationaux en réaction à cette crise d’approvisionnement.
Les économies asiatiques, fortement dépendantes des importations énergétiques du Golfe, sont particulièrement exposées. La Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde figurent parmi les principaux importateurs de pétrole brut transitant par le détroit d’Hormuz.
Contexte géopolitique de la crise
Le détroit d’Hormuz, large de seulement 39 kilomètres à son point le plus étroit, constitue un goulet d’étranglement stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Sa fermeture représente une arme économique majeure pour l’Iran face aux pressions occidentales.
Téhéran a régulièrement brandi cette menace au cours des dernières décennies lors de tensions avec Washington, mais sa mise en œuvre effective reste exceptionnelle. La décision iranienne du 12 juillet 2026 survient dans un contexte de durcissement de l’administration Trump, qui a multiplié les sanctions économiques et les opérations militaires ciblées contre la République islamique.
L’alignement sino-américain sur ce dossier contraste avec leurs divergences habituelles sur les questions moyen-orientales. Pékin a généralement maintenu des relations diplomatiques et commerciales avec Téhéran, notamment dans le cadre d’accords énergétiques de long terme. Mais l’interruption du trafic maritime touche directement les intérêts économiques chinois, poussant Pékin à adopter une ligne plus ferme.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont été proscrits par le Royaume-Uni, signe d’un durcissement occidental coordonné face à Téhéran.
La médiation pakistanaise pour éviter l’embrasement
Le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar, a appelé à la désescalade et à la retenue entre Washington et Téhéran en agissant comme médiateur, selon l’AFP. Islamabad, qui entretient des relations complexes avec les deux camps, tente de jouer un rôle de pont diplomatique pour éviter un conflit ouvert de plus grande ampleur.
Le Pakistan partage une longue frontière avec l’Iran et maintient des liens économiques et sécuritaires avec les États-Unis. Cette position géographique et diplomatique lui confère une légitimité relative pour proposer ses bons offices, même si les chances de succès d’une médiation restent incertaines dans un climat aussi tendu.
D’autres acteurs régionaux, dont les États du Golfe directement menacés par les ripostes iraniennes, plaident également pour une désescalade rapide. La perspective d’un conflit prolongé inquiète l’ensemble des capitales de la région, qui craignent les retombées économiques et sécuritaires d’une guerre ouverte.
Implications pour l’économie mondiale
La fermeture du détroit d’Hormuz menace de déclencher une crise énergétique mondiale. Les stocks stratégiques de pétrole des pays importateurs peuvent amortir le choc à court terme, mais une fermeture prolongée déstabiliserait profondément les marchés.
Les économistes anticipent une hausse durable des prix de l’énergie si la situation ne se débloque pas rapidement, avec des répercussions en chaîne sur l’inflation, la croissance et les coûts de production industrielle. Les secteurs du transport aérien et maritime, déjà fragilisés par les tensions géopolitiques récentes, figurent parmi les plus exposés.
La Chine, deuxième économie mondiale, a clairement indiqué qu’elle ne tolérerait pas une interruption durable de ses approvisionnements énergétiques. La déclaration de Lin Jian constitue un avertissement diplomatique à Téhéran, mais aussi un signal aux marchés que Pékin surveillera de près l’évolution de la crise.
Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la volonté iranienne de maintenir cette fermeture face à la pression internationale croissante. La convergence sino-américaine, aussi ponctuelle soit-elle, augmente le coût diplomatique pour Téhéran et pourrait accélérer une issue négociée.