Gers : la Confédération paysanne dénonce un « mépris des citoyens »
Le syndicat agricole s'oppose fermement au projet de loi d'urgence adopté la nuit dernière par l'Assemblée nationale
La Confédération paysanne du Gers qualifie le texte voté dans la nuit du 20 au 21 juillet de « triomphe des lobbies ». Le syndicat dénonce notamment la réautorisation de pesticides controversés et l'absence de réponses sur le revenu paysan.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi d'urgence agricole dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026 par 296 voix contre 224
- La Confédération paysanne du Gers dénonce un « triomphe des lobbies » et un « mépris des citoyens »
- Le syndicat s'oppose à la réautorisation de l'acétamipride et du flupyradifurone, deux néonicotinoïdes
- Jean-René Cazeneuve, député du Gers et rapporteur du texte, défend un « compromis solide » pour la souveraineté alimentaire
- Le Sénat doit examiner le texte dans les prochains jours avant le vote final
L’Assemblée nationale a adopté dans la nuit du 20 au 21 juillet 2026 le projet de loi d’urgence agricole par 296 voix contre 224, selon Boursorama. Le texte doit encore être examiné par le Sénat. Dans le Gers, la Confédération paysanne manifeste une vive opposition.
Un texte qualifié de « mortifère »
La Confédération paysanne du Gers dénonce un accord trouvé le 16 juillet en commission mixte paritaire. Selon Le Journal du Gers, le syndicat qualifie ce texte de « triomphe des lobbies » au mépris de la santé des citoyens et de l’avenir des paysans.
Le syndicat s’oppose fermement aux dérogations prévues pour les pesticides. Plein Champ rapporte que le texte inclut la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux néonicotinoïdes jugés dangereux pour la santé publique et la biodiversité.
La Confédération paysanne dénonce également une accélération du modèle productiviste. Le texte favoriserait l’agrandissement des bâtiments d’élevage et le stockage de l’eau via des méga-bassines, selon le syndicat.
Une inadéquation face au climat
Le département subit actuellement des canicules sévères. Comme dans le Puy-en-Velay où l’hôpital a dû installer 60 rafraîchisseurs, les températures grimpent dans le Sud-Ouest. La Dépêche du Midi souligne que la Confédération paysanne du Gers juge le projet de loi inadapté face au changement climatique.
Le syndicat déplore que le texte n’apporte pas de réponses structurelles sur la question du revenu paysan et le renouvellement des générations. Ces enjeux restent pourtant cruciaux pour la pérennité du secteur agricole.
Jean-René Cazeneuve défend un « compromis solide »
Jean-René Cazeneuve, député de la 1re circonscription du Gers et rapporteur du texte, défend une position opposée. Selon La Dépêche, il qualifie l’accord de « compromis solide » nécessaire à la souveraineté alimentaire et aux besoins des agriculteurs.
Le texte a bénéficié du soutien marqué de la droite, du Rassemblement national et du centre lors de son examen à l’Assemblée nationale, rapporte Le Journal du Gers. L’opposition syndicale et citoyenne n’a pas pesé sur le vote final.
Contexte dans le Gers
Le Gers compte environ 192 500 habitants. Le département reste très agricole, avec une économie marquée par la viticulture, l’élevage et les grandes cultures céréalières. La Confédération paysanne y défend historiquement un modèle paysan face à l’agriculture industrielle.
Les tensions autour de la gestion de l’eau se sont cristallisées ces dernières années dans le département. Les sécheresses répétées et les conflits d’usage entre irrigation et préservation des milieux naturels alimentent les débats locaux.
La question des pesticides divise également le monde agricole gersois. Alors que certains syndicats majoritaires réclament des dérogations pour maintenir la compétitivité, la Confédération paysanne privilégie la transition vers des pratiques agroécologiques.
Prochaine étape au Sénat
Le Sénat doit examiner le texte dans les prochains jours, selon le site du Sénat. Le vote final interviendra après cette lecture. La mobilisation syndicale pourrait se poursuivre dans les territoires ruraux comme le Gers.
La fracture entre deux visions de l’agriculture française apparaît béante. D’un côté, une approche productiviste défendue par la majorité parlementaire. De l’autre, un modèle paysan porté par des syndicats minoritaires mais militants.
Sources
- Le Journal du Gers : Loi d'urgence agricole en commission mixte paritaire : le triomphe des lobbies, l'échec de la politique
- Plein Champ : L'Assemblée nationale adopte la loi d'urgence agricole incluant l'acétamipride et le flupyradifurone
- Boursorama : L'Assemblée adopte la loi d'urgence agricole malgré les tensions
- Sénat : Projet de loi d'urgence pour la protection et le renouveau agricoles