Guyane : le barrage anti-orpaillage de Camopi installé et opérationnel, confirme le gouvernement
Le ministre de l’Intérieur a confirmé le 23 juin la mise en service du barrage flottant sur l’Oyapock. Le dispositif a déjà permis l’interpellation d’orpailleurs clandestins.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a officialisé le 23 juin l’installation du barrage flottant à Camopi. Déployé par les Forces armées en Guyane et la gendarmerie, il a déjà conduit à des arrestations. Le dispositif répond aux tensions nées en avril après le sectionnement d’un câble artisanal tendu par les habitants.
L’essentiel
- Fait 1 : Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé le 23 juin 2026 à l’Assemblée nationale que le barrage flottant de Camopi est installé et opérationnel.
- Fait 2 : Le dispositif, déployé par les Forces armées en Guyane (FAG) et la gendarmerie, a déjà permis l’interpellation de plusieurs orpailleurs clandestins.
- Fait 3 : Le préfet Antoine Poussier s’était déplacé à Camopi le 11 mai 2026 pour annoncer la mise en place du barrage, prévu jusqu’à août 2026.
- Fait 4 : La commune de 2 176 habitants subit une forte pression de l’orpaillage illégal, avec 16 sites clandestins recensés par le Parc amazonien en 2024-2025.
Ce que le gouvernement a confirmé
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a officialisé le 23 juin 2026 devant l’Assemblée nationale la mise en service du barrage flottant déployé sur la rivière Camopi, un affluent de l’Oyapock. Selon le compte rendu officiel de la séance, ce dispositif anti-orpaillage « est installé et déjà opérationnel ». Il a permis « l’interpellation de plusieurs chercheurs d’or clandestins ».
Le barrage a été mis en place par les Forces armées en Guyane (FAG) en étroite collaboration avec la gendarmerie. Sur le réseau social X, la préfecture a salué l’opération :
Un dispositif attendu après les tensions d’avril
L’installation du barrage officiel fait suite à un épisode de vive tension. Le 25 avril 2026, des habitants de Camopi avaient tendu un câble improvisé sur l’Oyapock pour bloquer les pirogues des garimpeiros brésiliens. Les gendarmes avaient sectionné ce barrage citoyen le jour même, provoquant une colère relayée en vidéo sur les réseaux sociaux. Info.fr avait relaté cet épisode.
Le préfet de Guyane, Antoine Poussier, s’était rendu à Camopi le 14 mai 2026 pour rencontrer les élus et annoncer la mise en place d’un barrage d’État temporaire. Le Point avait alors rapporté que le dispositif resterait en place jusqu’à août 2026. Le barrage flottant, déployé par les FAG, est conçu pour bloquer la navigation des pirogues transportant du matériel et du carburant vers les sites d’orpaillage clandestins.
Contexte dans le département
La Guyane est confrontée à une intensification de l’orpaillage illégal, stimulée par le cours élevé de l’or (131 euros le gramme). La commune de Camopi, située en zone frontalière avec le Brésil, compte 2 176 habitants et subit directement les incursions de garimpeiros. Le Parc amazonien de Guyane recensait 16 sites d’orpaillage clandestins actifs sur le secteur pour la période 2024-2025.
La lutte contre ce phénomène est coordonnée par l’opération Harpie, qui mobilise chaque jour sur le terrain 70 gendarmes et environ 270 militaires des FAG. Le barrage de Camopi vient renforcer ce dispositif en coupant une voie d’approvisionnement clé. Dans le même temps, d’autres dossiers de tension sociale animent le territoire, comme la menace de grève sur les épreuves du brevet. Plus largement, les outre-mer font face à des enjeux sécuritaires, comme en Martinique avec le plan Vigipirate renforcé contre le narcotrafic.
Un barrage qui a déjà fait ses preuves
Selon les déclarations du ministre, le barrage flottant a déjà permis des interpellations, sans que le nombre précis de personnes arrêtées n’ait été communiqué. Le préfet Antoine Poussier avait indiqué lors de sa visite en mai que l’objectif était de « dissuader et d’intercepter les flux logistiques » des orpailleurs. La présence des FAG et de la gendarmerie est maintenue en permanence sur le site.
Ce déploiement s’inscrit dans la continuité de l’opération Harpie. La prochaine étape consistera à évaluer l’efficacité du barrage d’ici à son retrait prévu en août. Le gouvernement n’a pas encore annoncé s’il sera prolongé ou remplacé par un dispositif pérenne.
Sources
- Assemblée nationale : Compte rendu de la séance du 23 juin 2026
- Le Point : « L'État n'existe pas en Guyane » : la colère d'un bourg reculé contre l'orpaillage illégal
- Info.fr : Camopi : les habitants barricadent le fleuve, les gendarmes coupent le câble
- X (Twitter) : Tweet de la préfecture de Guyane