Macron en Allier : 1000 emplois perdus en trois ans, la crise industrielle sous les projecteurs

La visite présidentielle du 22 avril met en lumière les fermetures d'usines et l'espoir d'une relance par le lithium.

Macron en Allier : 1000 emplois perdus en trois ans, la crise industrielle sous les projecteurs
Illustration Julien Dumont / info.fr

Emmanuel Macron s'est rendu en Allier le 22 avril 2026 pour un conseil des ministres délocalisé à Montluçon et l'inauguration du projet de mine de lithium à Échassières. Une visite qui intervient alors que le département a perdu près de 1000 emplois dans l'automobile et la métallurgie depuis 2023.

C’est la première visite d’un président de la République en Allier depuis 42 ans. Emmanuel Macron a choisi ce territoire pour illustrer sa stratégie de réindustrialisation, mais aussi pour constater une crise profonde. Selon L’Usine Nouvelle, environ 1000 emplois ont été supprimés dans les secteurs automobile et métallurgie entre 2023 et 2026.

Une hémorragie de 3000 emplois en 15 ans

Les chiffres sont éloquents. En janvier 2026, Bosch a annoncé la fermeture de son usine de Moulins-Yzeure, entraînant la suppression de 270 postes d’ici fin 2026, comme l’a rapporté La Montagne. En novembre 2025, Erasteel à Commentry avait déjà acté la suppression de 190 emplois sur 240, selon France Info. France Travail fait face à une hausse des demandes dans le département, où le taux de chômage dépasse désormais la moyenne nationale.

Laurent Indrusiak, secrétaire général de la CGT Allier, a déclaré à France 3 Régions : « Ce sont des familles, des enfants qui subissent le stress permanent… une situation de l’emploi industriel et une casse qu’on n’avait pas connues depuis les années 70 dans le département. » En 15 ans, près de 3000 emplois industriels ont disparu, avec une accélération en 2025-2026, d’après La Tribune.

Le lithium, symbole d’un renouveau incertain

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Face à cette crise, le projet de mine de lithium à Échassières, porté par Imerys, est présenté comme une solution. Emmanuel Macron a qualifié le site de « quatrième gisement au monde de lithium » lors de son discours. Dès 2030, la mine devrait produire 34 000 tonnes d’hydroxyde de lithium par an, soit l’équivalent de 700 000 voitures électriques, créant plus de 1 500 emplois directs et indirects, selon France 24.

Le président a annoncé un soutien à 150 grands projets industriels stratégiques, représentant 70 milliards d’euros d’investissements et 30 000 emplois dans 63 départements. Il a promis d’appliquer la « méthode Notre-Dame » pour accélérer les procédures administratives, comme l’a rapporté Le Parisien. Une approche inspirée de la reconstruction de la cathédrale parisienne, déjà évoquée dans le plan Objectif Reprises pour la transmission d’entreprises.

Des oppositions locales sur les impacts environnementaux

Pourtant, le projet ne fait pas l’unanimité. Des opposants se sont mobilisés lors de la visite présidentielle, dénonçant un projet « anti-démocratique » en raison de ses impacts environnementaux. ICI Auvergne-Rhône-Alpes a relayé leurs craintes, notamment sur la gestion de l’eau et les risques de pollution. La question écologique reste sensible, alors que la France a atteint son jour du dépassement écologique dès le 24 avril 2026.

Emmanuel Macron a défendu une « cathédrale industrielle » pour l’indépendance française, mais les tensions locales montrent que la relance économique ne se fera pas sans débat. La prochaine étape sera l’enquête publique sur le projet de mine, prévue à l’automne 2026.

Contexte

L’Allier a connu plusieurs vagues de désindustrialisation depuis les années 1980, mais la crise actuelle marque un tournant. En 2022, le département comptait encore 18 000 emplois industriels, contre près de 25 000 en 2000. La fermeture de l’usine Dunlop à Montluçon en 2009, avec 850 suppressions, avait déjà marqué les esprits. Aujourd’hui, la métallurgie et l’automobile, piliers historiques, sont en première ligne.

Sources

Julien Dumont

Julien Dumont

Basé à Moulins, traite la reconversion industrielle de Montluçon, les tensions sur les coupes budgétaires hospitalières et l'avenir de l'élevage bovin. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a fait ses classes dans la PQR auvergnate. Principe de base : aller voir sur place, croiser les sources, mesurer l'écart entre annonces et réalité.

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